Table Ronde

  • C'est aux alentours de 2015 qu'un phénomène inexpliqué et encore tenu caché s'empare de la société et affole le pouvoir. On l'appelle, faute de mieux, l'Eclipse. Des milliers de personnes, du ministre à l'infirmière, de la mère de famille au grand patron, décident du jour au lendemain de tout abandonner, de lâcher prise, de laisser tomber, de disparaître. Guillaume Trimbert, la cinquantaine fatiguée, écrivain en bout de course, est-il lui aussi sans le savoir candidat à l'Eclipse alors que la France et l'Europe, entre terrorisme et révolte sociale, sombrent dans le chaos ? C'est ce que pense Agnès Delvaux, jeune capitaine des services secrets.
    Mais est-ce seulement pour cette raison qu'elle espionne ainsi Trimbert, jusqu'au coeur de son intimité, en désobéissant à ses propres chefs ? Dix-sept ans plus tard, dans un recoin du Gers où règne une nouvelle civilisation, la Douceur, Agnès observe sa fille Ada et revient sur son histoire avec Trimbert qui a changé sa vie au moment où changeait le monde.

  • Vivonne

    Jérôme Leroy

    Alors qu'un typhon dévaste l'Île-de-France, l'éditeur Alexandre Garnier contemple le cataclysme meurtrier depuis son bureau, rue de l'Odéon : une rivière de boue coule sous ses fenêtres, des rats surgissent des égouts. Le passé aussi remonte à la surface. Devant ce spectacle de fin du monde, Garnier se souvient de sa jeunesse et surtout de son ami, le poète Adrien Vivonne, auteur entre autres de Danser dans les ruines en évitant les balles. Garnier a publié ses livres avant que celui-ci ne disparaisse mysté rieusement en 2008, il y a presque vingt ans.
    Qu'est devenu Vivonne ? Partout en Europe, la « balkanisation climatique » sévit et les milices s'affrontent tandis que la multi plication des cyberattaques fait craindre une Grande Panne. Lancé à la poursuite de Vivonne, Garnier essaie de le retrouver avant que tout ne s'effondre. Est-il possible, comme semblent le croire de plus en plus de lecteurs dans le chaos ambiant, que Vivonne ait trouvé un passage vers un monde plus apaisé et que la solution soit au coeur de ses poèmes ?

  • Jugan

    Jérôme Leroy

    En vacances à Paros, dans les Cyclades, le narrateur rêve à Noirbourg. C'est là que douze ans plus tôt, il a entamé sa carrière d'enseignant, au collège Barbey d'Aurevilly, "en plein Cotentin, au carrefour de trois routes à quatre voies". Là que débarque un beau matin Joël Jugan, ancien leader du groupe d'extrême gauche Action Rouge. Qui s'attable à la terrasse de la Brasserie de Paris et commande une bière Jupiter, comme autrefois. Après une série de braquages et de crimes, dont l'assassinat du PDG des Forges de Noirbourg, le sulfureux Jugan, qui plaisait tant aux filles, avait été arrêté. Il vient de purger une peine de dix-huit ans. En prison, dans les Quartiers de Haute Sécurité, il est "devenu un monstre, au physique comme au moral". L'une de ses anciennes complices, Clotilde Mauduit, militante de gauche et féministe acharnée, a monté une équipe d'aide aux devoirs pour les élèves de la Zone, enfants des HLM et petits Gitans mêlés. Elle a recruté le narrateur, ainsi qu'Assia Rafa, étudiante en comptabilité, dont le père, Samir, gère une supérette dans la Zone. Assia est envoûtée par l'homme au visage ravagé entrevu à la terrasse de la brasserie. Ensorcelée, aussi, peut-être, par la gitane en robe rouge, surprise à voler dans les rayons de la supérette, qui lui a craché au visage d'étranges imprécations.

    Lorsque Clotilde enrôle Jugan dans l'équipe d'aide aux devoirs, Assia se livre à lui corps et âme. Très vite, il l'entraîne en enfer. Rigueur du récit, tension de l'intrigue, ampleur de l'écriture, Jérôme Leroy amène ici le roman noir à l'incandescence.

  • Le Cimetière des plaisirs est le roman d'une surprise.
    Alors que la crise, la violence sociale et le fantôme d'un amour perdu conjuguent leurs effets pour détruire le narrateur, celui-ci, « petit prof » nommé dans un collège d'une grande ville du Nord, com- mence au contraire à vivre en enchante- ment durable et un bonheur paradoxal.
    Les raisons de cette rédemption impré- vue sont à chercher du côté d'un vieux tramway, des caresses d'une danseuse, du corps des sportives et de la lecture de quelques écrivains particulièrement lucides.
    Comment, dans l'épouvante, garder le sourire aux lèvre? La réponse est dans ce livren chronique intime qui pourra également servir de manifeste pour une nouvelle clandestinité.
    Le bal continue au Cimetière des plaisirs.

  • « Cette nuit de novembre, il fait 35 degrés à Lille; le président du Kazakhstan, furieux de voir son pays abandonné par la communauté internationale, a fait exploser ses installations nucléaires et un nuage atomique progresse lentement vers l'Europe de l'Ouest; Inde et Pakistan s'emploient activement à se rayer mutuellement de la carte à coups de missiles nucléaires; des bombes sales éclatent de par le monde; un virus nommé Marburg 2 ravage la France et, en trois semaines, a déjà tué un Parisien sur cinq; des réfugiés venus de villes submergées par la montée des eaux, telle Copenhague, pillent, violent, tuent, et se font eux-mêmes massacrer par les Forces spéciales mises en place par l'Elysée. (...) Un quadragénaire un petit peu replet, professeur dans un lycée de Roubaix, romancier à ses heures (...). Le livre raconte, entre autres choses, ses belles amour avec...
    Une lieutenante de gendarmerie.

  • «Quitter Vierzon.
    Dans un demi-sommeil, lors d'un arrêt anormalement long en gare de Vierzon, le voyageur à bord du train désert se demanda soudain combien de filles, en cet instant précis, un 10 février à 16h31, faisaient l'amour dans la petite ville un peu triste. Une, cinq, dix, aucune? Le train repartit, il n'y eut pas de réponse et le voyageur éprouva une très brève mais intense tristesse comme s'il avait laissé échapper la chance unique de résoudre le mystère de toute chose.
    Puis il se rendormit et ce fut tout.»

  • « - Mais, vois-tu, il y a trente ans, quand j'étais petit garçon, si l'on m'avait dit que j'allais vivre dans un monde où l'on risque sa peau en mangeant, en se baignant, en faisant l'amour, un monde où il faut accepter de porter des masques certains jours, où la fête est devenue une obligation, un monde où l'on bombarde ses propres banlieues, où l'eau manque, où l'on ne peut plus jamais être seul sans avoir l'air suspect de maladie mentale, où vouloir faire un enfant à une femme en entrant en elle est devenu obscène, alors, tu vois, j'aurais dit à ce type que j'aimais bien la science-fiction, mais que, là, il y allait tout de même un peu fort. Qu'il n'était pas crédible...
    On supporte tout ça parce que ce n'est pas arrivé d'un seul coup, mais à doses homéopathiques, mois après mois, année après année. En fait, la catastrophe est lente, Agnès, terriblement lente. C'est une fin du monde au ralenti. Tu comprends ?
    - Je crois, oui. Hélas, je crois que je comprends. » Recueil de nouvelles d'anticipation paru en 2008 aux éditions Les Mille et Une Nuits.

  • Il tient encore debout, mais les racines des baobabs dévorent ses fondations. A l'intérieur, autour des tables de réunion, les hommes et les femmes, rongés depuis longtemps par les vautours, tombent en poussière. Oui, le beffroi de la Bourse du Commerce, à Lille, tient encore debout, mais plus pour longtemps... Laboratoire de l'oeuvre de Jérôme Leroy - on croisera par exemple, dans "Rendez-vous rue de la Monnaie", des personnages de L'Ange gardien, son dernier roman - ce recueil de nouvelles, sous-titré "Contes noirs" évoque alternativement la fin d'un monde et l'apparition d'un autre, né sur ses décombres.
    Dans la lignée de René Barjavel et Marcel Aymé, Jérôme Leroy nous propose des contre-utopies aussi drôles que noires.

  • Monnaie bleue est l'histoire secrète, violente et sombre de la france de la toute fin du vingtième siècle.
    On assistera, dans ce roman noir, à la vie habituelle des proies et des cibles d'un ordre social d'autant plus impitoyable qu'il est menacé. on assistera également aux manipulations, chantages et assassinats divers orchestrés par ceux qui veulent continuer à défendre l'indéfendable : polices parallèles, conseillers occultes et chiens de garde médiatiques. mais il sera aussi et surtout question, ici, de vengeance, d'honneur et d'amour fou.

  • Des éclipses.
    Quand Monica Vitti.
    Au coeur de l'insomnie.
    Nous rappelle.
    À nos éclipses.
    On aura beau dire.
    On aura beau faire.
    On en pourra pas nous retirer.
    Cette élégance des temps endormis.
    Là-bas.
    En Atlantide.

  • Les morts ne sont pas morts Ils louent des chambres d'hôtel à la semaine Dans des préfectures hivernales Ce pourrait être l'un des refrains de ce recueil. Tournant résolument le dos au monde d'aujourd'hui, Sauf dans les chansons s'attache à garder vivace le monde d'avant, "le temps où l'on disait réclame, transistor, amour", le temps de la "liberté errante", des Thunderbird et des Dodge, le temps de Monica Vitti et des feuilles de figuier glissées dans les livres en guise de marque-pages.
    Et parce que notre époque, décidément, ne mérite pas d'être vécue, Jérôme Leroy invoque aussi le "monde d'après", une fois que la "société spectaculaire marchande" aura eu sa propre peau : Le principal problème de l'humanité Composée pour l'essentiel de filles en débardeur et mini-shorts Sera le choix d'une plage Pour passer la journée.

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