La Joie De Lire

  • Voici un récit autobiographique qui se déroule autour d'objets évocateurs des plus beaux moments de l'enfance du narrateur, des moins heureux également. De cette forme originale, apparaissent les images de l'enfance d'Eugène. Né en Roumanie, tôt arrivé en Suisse, Eugène revoit les portraits omni-présents de Ceausescu, les magasins vides, les queues interminables qui ont fait tant parler de ce régime. Il évoque aussi ses parents francophiles, les chansons d'Eddy Mitchell, le « rendez-vous incontournable » qu'était « Apostrophe », l'émission de Bernard Pivot, ou sa première montre suisse gagnée à un concours d'écriture. Il confie une part plus intime de son histoire, racontant cet enfant bègue qu'il était et qui a grandi à l'ombre d'un frère brillant.
    Un texte sensible, plein d'humour, dont l'écriture évolue avec la maturité de l'enfant.

  • Une petite fille grandit à flanc de colline au Liban. Son père meurt avant ses dix ans ; sa mère, veuve trop jeune, le suivra de près. Les non-dits sont nombreux. La fillette change de village, recueillie par un oncle. De cette enfance morcelée par les épreuves, émane un étrange puzzle. Le temps s'est brisé pour elle, dans ce pays si beau dont elle veut taire la guerre. Le récit ne peut prendre place que par fragments : les leçons en classe où la lecture s'inculque à coups de réglette en bois sur les doigts, le pain pétri patiemment, l'huile d'olive et le thym, le visage des parents. Des drames en filigrane prennent racine dans cette jeune vie, sublimés par le besoin de beauté de la petite fille. La langue s'invente, poétique, pour mieux suivre la sensibilité solaire de l'auteur.

  • Dans Quand ma mère, long poème scindé en 22 strophes et un épilogue, la narratrice fait résonner les diverses voix qui l'habitent pour évoquer son enfance. Dans des vers brefs, les regards et mots de la petite fille se mêlent à ceux de l'adulte qu'elle est devenue entre temps. Avec les yeux de l'enfant, elle raconte les petits " riens ", gestes, odeurs et couleurs, qui déterminent son univers, restituant au présent ses sensations et perceptions dans une langue fraîche et immédiate. Mais le présent peut se faire passé, il faut aussi appeler les souvenirs pour se remémorer des évènements qui ont pris du relief et de l'épaisseur avec le temps.
    Si l'enfant dépeint sa mère comme l'élément central de son " chez-soi ", les autres membres ne sont pas absents du tableau de famille. Au fur et à mesure du récit, l'univers de la narratrice se peuple de nouveaux arrivants extérieurs à la famille. Jusqu'à la rencontre d'un jeune berger, qui à son grand regret la prend pour une gamine, et d'un voyage en Italie où elle se pare avec une cousine des atours de la féminité. La séparation, l'abandon du monde de l'enfance est brièvement évoqué dans l'épilogue, lorsque la narratrice, juchée sur des hauts talons, choisit de quitter le familier pour découvrir l'inconnu.

  • Dans ce roman largement autobiographique, Christophe Léon peint le tableau haut en couleurs de sa jeunesse, des deux côtés de la Méditerranée : souven irs lointains d'une Algérie mythique d'avant l'Indépendance, que ses parents se chargeront de transformer en paradis perdu, une fois rapatriés en métropole ; souvenirs plus précis de la vie à Saint-Tropez, où la famille s'installe, sûre de son bon droit et tournée sur elle-même. Il rapporte des anecdotes drôles, grinçantes, liées à la surenchère quotidienne avec laquelle s'imposent ses parents, composant un récit tout aussi débordant et sincère.

  • Pendant les vacances, je pouvais retourner chez Nonna, retrouver cette vie qui resta longtemps la seule qui me paraissait juste.

  • Paris, 1979. Émilien, 11 ans, fils d'immigrés espagnols, grandit dans le quartier Mouffetard. Son imagination débordante transforme le chemin de l'école en un parcours fantastique où chaque détail porte un sens magique. Il rencontre Alexandra, une fille de son âge. Des sentiments nouveaux, contradictoires et puissants, l'envahissent sans qu'ils puissent les nommer. Mais Alexandra doit bientôt partir pour le Mexique, où son père va être opéré. Ce premier amour, évoluant en trois temps, restera le plus grand de sa vie. Observateur précis et sensible, le narrateur roule les souvenirs pour mieux les patiner comme des galets. Placé sous l'égide de Paul Eluard, c'est le roman de la mémoire et des coeurs purs, d'une délicieuse fraîcheur.

  • " Des souvenirs, nous en avons tous, plus ou moins présents à la mémoire, plus ou moins bons. Décider de les écrire, c'est aller au-delà d'un simple travail de remémoration: c'est chercher à leur donner forme, les regrouper, les articuler les uns par rapport aux autres. Ce faisant, on reconstitue un être, à la fois semblable et différent; un être qu'on peut considérer avec une certaine distance, parfois attendrie, parfois amusée; et ce qui restait en soi, plus ou moins vague, plus ou moins agréable ou douloureux, devient l'objet d'un partage avec le lecteur, dont on espère qu'il éprouvera le même plaisir en lisant que celui qu'on a pu ressentir en écrivant. " Guy Poitry

  • " Il y a un commencement. Il y a une fin. Entre les deux: le grandir.
    J'ai toujours grandi avec beaucoup de questions et très peu de réponses. Et si au départ, j'avais soif de réponses, je vouai par la suite un véritable culte aux questions. Quelques années de moins que la Lune tente de reconstituer les chemins, devrais-je dire les labyrinthes, qu'il faut parcourir pour aller d'une question à l'autre. Pourquoi je suis néoe Qui est mon pèreoe Qui est ma mèreoe Pourquoi j'écrisoe Dans quelle mesure le vécu façonne l'imaginaireoe Dans quelle mesure l'imaginaire façonne le vécuoe
    A sept ans, je décidai d'être écrivain. Trente ans plus tard, le petit roman que j'entamais alors n'est toujours pas achevé. À l'ombre d'oeuvres essentielles qui ont jalonné mon enfance et mon adolescence, je raconte ici l'histoire de ce texte primitif, en retrouvant un peu des matériaux qui forgent un esprit, mais surtout, en explorant l'architecture complexe du mystère qui nourrit la création ".
    Germano Zullo

  • Ceux de ma rue

    Ondjaki/

    Dans Ceux de ma rue, Ondjaki poursuit le travail autobiographique entrepris dans son roman Bonjour camarades. Le livre raconte la vie d'un jeune garçon nommé Ndalu dans la capitale angolaise des années 80. Dans une langue débridée, rafraîchissante et sucrée, il nous raconte ici quelques épisodes, tour à tour cocasses et attendrissants, de son enfance qui s'éloigne. L'enfance, ce sont ces mangues trop vertes mangées en cachette, avec du sel chapardé. Ce sont ces ouvriers russes et ces professeurs cubains, venus aider un pays frère. L'enfance, c'est la piscine remplie de coca de l'oncle Victor. L'enfance qui s'éloigne, c'est les filles qu'on sert plus fort qu'avant pendant les slows, des mots d'amour qu'on écrit comme on peut. C'est ce mélange mal défini d'excitation, de malaise et de mélancolie, parce que les corps changent et que les regards ne sont plus les mêmes. C'est aussi la chambre qu'on va quitter, comme sa famille et les copains du quartier, parce qu'une autre vie ne demande qu'à démarrer, loin de Luanda, sous d'autres latitudes.

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