Isabelle Pralong

  • En 2008, Isabelle Pralong obtenait à Angoulême le Prix Essentiel Révélation pour L'Eléphant aux éditions Vertige Graphic. L'originalité et la sensibilité de cette jeune dessinatrice suisse passe un cap supplémentaire avec ce deuxième livre, encore plus atypique et audacieux : Oui, mais il ne bat que pour vous est la strophe finale du poème Pièce de coeur de Heiner Müller, dont chaque strophe forme l'intertitre de chaque chapitre.

    L'ouvrage alterne des scènes autobiographiques de la "vraie vie", réalistes et croustillantes, et des scènes fantasmatiques de la "vie imaginaire" qui elles, se basent sur la fable bouddhiste selon laquelle pour se réaliser, il faut attraper son "singe intérieur" et pouvoir s'asseoir et boire le thé avec lui.

  • Le téléphone qui sonne.
    Et l'improbable qui arrive : un père inconnu jusqu'alors émerge du néant au moment de mourir. Ne pas y penser. ne pas faire l'autruche. Continuer de considérer cet homme pour ce qu'il est : un inconnu. aller au chevet du mourant. l'accompagner dans ses derniers instants. Tout se bouscule et pourtant il faut continuer à vivre, le boulot, les enfants, les copains, la vie quoi. La vie donnée par ce géniteur qui surgit comme un diable de sa boîte, trop tôt pour se faire oublier, trop tard pour lui poser les questions essentielles.

  • Ficus

    Isabelle Pralong

    Un récit intimiste composé de petits rien, de non-dits, des doutes et des interrogations qui forment la vie de tous les jours, le tout éclairé par le style cubisto-naïf si caractéristique d'Isabelle Pralong. Grâce à un texte et des réparties qui font souvent mouche, l'auteure décortique les moments les plus banals de notre existence pour en faire ressortir l'angoisse d'un quotidien inéluctable.

  • Fourmi ?

    Isabelle Pralong

    Une petite fille, un chien, un chat et un robot partent à l'assaut de leur propre peur, dehors, la nuit. Le coupable est un monstre... pas si monstrueux que cela... Comment affronter ses craintes imaginairesoe Une histoire classique sur l'inconnu, avec des illustrations tout à fait originales.

  • A sa naissance, le genre de Polly est indéfini. Le médecin presse ses parents de choisir. Ils décident que Polly est un garçon et l'élève ainsi. A l'âge adulte, ce dernier ne sent pas ni homme, ni femme. Un album sur la pression des normes sociales et la différence.

  • C'est dans le cadre d'une psychothérapie qu'Irene de Santa Ana a rencontré Cédric. Cédric, jeune requérant, sort de plusieurs mois d'errance, dormant dans des parcs après avoir essuyé un premier refus à sa demande d'asile. Le statut de débouté prive Cédric de bien des droits accordés aux êtres humains, et le plonge dans d'épaisses limbes administratives, mais également existentielles.
    Au pays, plus rien ne l'attend; en Suisse, l'espoir de pouvoir rester est plus que ténu. De cette psychothérapie, Irene de Santa Ana va faire un article, et c'est de cet article qu'Isabelle Pralong s'est emparée pour Je suis au pays avec ma mère.
    Isabelle Pralong s'est intéressée plus particulièrement aux rêves de Cédric, qu'elle met ainsi en image. Le texte de l'article, complètement repensé et réécrit par Irene de la Santa Ana, vient ici introduire, commenter voire compléter les pages dessinées. Eminemment métaphorique, porteuse de sens, cette matière onirique rend compte à sa façon de l'état psychologique dans lequel doit évoluer et (sur)vivre Cédric, la complexité de son ressenti, de ses sentiments.
    Livre singulier dans une bibliographie singulière, Je suis au pays avec ma mère s'immisce dans des territoires politiques et sociaux sans une once de misérabilisme, et tente d'aborder autrement une question de société toujours irrésolue.

  • Adelboden

    ,

    • Humus
    • 3 Octobre 2014

    Sous une forme de prose poétique, Adelboden rassemble des souvenirs réels ou fantasmés, où les "vrais" personnages sont autant le fruit de l'observation que le résultat des projections de l'auteur.
    Une tendance à dire sans détours la trivialité des choses, une flagrante mise à nu (dans tous les sens de l'expression) des personnages et des situations permettent de relier ces textes entre eux.
    Mais comme le soulignait un fameux sociologue français, une bonne partie de nos pratiques dites érotiques relève probablement de la satisfaction sexuelle de besoins non sexuels. Et c'est cela qui, au fond, est au coeur d'Adelboden : ce qu'il y a dessous, ou derrière, tout ce bazar...

  • Ici, ça n'a pas commencé par le verbe. Ici, comme souvent, ça a commencé par une rencontre. Celle d'Aurélie William Levaux et Isabelle Pralong, lors de la première édition de Pierre Feuille Ciseaux, au Saline royale d'Arc et Senans, en 2009.
    L'une privilégie le dessin sur tissu et la broderie, l'autre affectionne la peinture sur bois. (.) L'idée d'une collaboration, d'un travail «ensemble», s'impose presque comme une évidence. L'intérêt sera bien sûr de confronter deux visions, deux techniques, deux sensibilités, mais également d'aller un pas plus loin, d'échanger, de partager, de mélanger, de brouiller les pistes, jusqu'au moment où l'on n'est plus très sûr de savoir qui a fait quoi.
    Et le verbe? C'est celui de Peter Handke, plus précisément celui d'une de ses premières pièces, Prédiction. Cette oeuvre, qui fait partie de ses pièces «parlées», est composée d'une suite d'augures, de prédictions, récitées par quatre acteurs. (.) Ces prédictions, au pouvoir évocateur riche et fascinant, Aurélie William Levaux et Isabelle Pralong vont en choisir certaines et se les réapproprier, les illustrant parfois presque au pied de la lettre, mais la plupart du temps allant chercher plus loin, dans l'évocation, dans la résonnance, voire même bien au-delà, donnant ainsi une autre vie au texte de Peter Handke. En y enlevant la voix, mais en le confrontant à l'image, aux images, en provoquant cette rencontre, on se retrouve alors face à quelque chose d'autre. Quelque chose de fragile, de différent - et de précieux.
    (extrait de la préface du livre).

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