Cherche Midi

  • Richard Kraft est interne en chirurgie pédiatrique au Carver Hospital, à Los Angeles. Au coeur de cette mégalopole, qui a renoncé à l'idée même de service public, la pression est permanente. Maladie du corps social, maladie du corps physique : tout est sur le point de se défaire, de voler en éclats. Dans cette atmosphère explosive, Richard et sa collègue thérapeute Linda essaient de soigner un groupe d'enfants malades, des enfants qui semblent en savoir plus long qu'eux sur l'âme humaine et recèlent tous des secrets étonnants. À leur contact, la thérapie peut basculer dans l'enquête, et l'Amérique révéler ses failles les plus noires.

    Avec un humour grinçant et une empathie bouleversante, Richard Powers explore dans ce roman sous pression les racines de la survie et la mémoire de l'Amérique, grâce à une tribu d'enfants blessés mais, surtout, providentiels.

  • En 1939, lors d'un concert de Marian Anderson, David Strom, un physicien juif allemand émigré aux États-Unis pour fuir les persécutions nazies, rencontre une jeune femme noire, Delia Daley.

    Ils se marient et élèvent leurs trois enfants dans le culte exclusif de la musique, de l'art, de la science et de l'amour universel, préférant ignorer la violence du monde autour d'eux.

    Cette éducation va avoir des conséquences diverses sur les trois enfants. Jonah devient un ténor de renommée mondiale, Ruth va rejeter les valeurs de sa famille pour adhérer au mouvement des Black Panthers, leur frère Joseph tentera de garder le cap entre l'aveuglement des uns et le débordement des autres, afin de préserver l'unité de sa famille en dépit des aléas de l'histoire.

    Avec des personnages d'une humanité rare, Richard Powers couvre dans cet éblouissant roman polyphonique un demi-siècle d'histoire américaine, nous offrant, au passage, des pages inoubliables sur la musique. Le Temps ou nous chantions a été élu meilleur livre de l'année par le New-York Times et le Washington Post.

  • Tout commence par une photo, désormais célèbre : celle prise par August Sander de trois fermiers sur une route de campagne à la veille de la Première Guerre mondiale. Pourquoi cette photo obsède-t-elle tant le narrateur, depuis qu'il l'a vue par hasard dans un musée de Detroit ? Peter Mays, un jeune journaliste de Boston, saura-t-il percer l'énigme de son étrange ressemblance avec l'un des fermiers de la photo ? Qu'est-il advenu de ces trois jeunes hommes ?
    Telles sont les questions que se pose le lecteur, et auxquelles vont devoir répondre les protagonistes du roman de Richard Powers. De l'Europe dévastée par la guerre de 14-18, où nous suivons les pérégrinations tragi-comiques des fermiers, jusqu'à l'Amérique contemporaine, Richard Powers se livre au jeu des destins croisés et contrariés, en convoquant au passage quelques grandes figures tels Henry Ford ou Sarah Bernhardt.

    A la fois saga familiale, roman picaresque et méditation sur la façon dont l'Histoire redistribue les cartes, Trois fermiers s'en vont au bal, premier roman de Richard Powers, a valu à celui-ci d'être cité par le magazine Esquire comme l'un des trois plus grands écrivains de la décennie, aux côtés de Martin Amis et Don delillo.

  • Par une nuit d'hiver, sur une petite route du Nebraska, Mark Schluter est victime d'un grave accident de voiture. Sa soeur aînée, Karin, revient dans sa ville natale pour être à son chevet. Mais lorsque Mark sort du coma, il semble ne plus la reconnaître. Karin fait alors appel à Gerald Weber, un célèbre neurologue, spécialiste des troubles singuliers du cerveau.
    Alors que Weber étudie son cas, Mark essaye de reconstituer peu à peu ce qui s'est passé la fameuse nuit de son inexplicable accident et d'identifier le témoin anonyme qui lui a sauvé la vie avant de disparaître en laissant une étrange note.
    Ce qu'il va découvrir changera à jamais sa vie, celle de sa soeur et celle de Weber.

  • Orfeo

    Richard Powers

    Un soir, la police sonne à la porte de Peter Els, un compositeur solitaire à la vie bien rangée. La Sécurité nationale veut l'entendre à propos d'une infection bactériologique suspecte dans un hôpital voisin. Bien qu'il n'ait rien à voir avec cette affaire, Peter, affolé, prend la fuite. Et la rumeur commence à enfler, relayée par Internet et les médias, on le soupçonne d'être un terroriste. En quelques jours, sa vie bascule. Durant son long voyage à travers le pays, Peter va mettre à profit cette mésaventure pour renouer avec toute la puissance de son art, qu'une existence trop tranquille avait émoussé. Après Le temps où nous chantions, Richard Powers revient ici à son amour passionné de la musique et fait défiler toute la bande-son du xxe siècle. C'est une véritable fugue qu'il nous offre. Fugue au sens musical du terme. Fugue pour échapper à une société de surveillance qui ne nous laisse d'autre choix que de devenir clandestins. Fugue dans le passé où se trouvent, peut-être, les solutions à un présent problématique. Fugue face à la mort qui, inexorablement, se profile... Avec ce portrait d'un homme littéralement hanté par la musique, Powers donne à ses thèmes de prédilection une ampleur inégalée et s'impose comme l'un des romanciers les plus fascinants de la littérature américaine.

  • Gains

    Richard Powers

    À travers l'aventure de Clare Inc., une petite entreprise familiale américaine de savon créée en 1830 à Boston et devenue au fil des années une multinationale de la chimie, Richard Powers retrace un siècle et demi de capitalisme, évoquant au passage la mentalité des premiers pionniers, l'évolution du syndicalisme, du management, de la publicité et de la communication.

    En parallèle, il nous entraîne dans la vie de Laura Brodey, mère de deux enfants, travaillant dans l'immobilier à Lacewood, Illinois, ville dont le destin est marqué par la présence des usines de Clare Inc.. L'existence de Laura et celle de la multinationale vont bientôt converger d'une façon inattendue.

    Avec ce dialogue entre une personne morale et une personne physique, Richard Powers interroge une nouvelle fois la modernité. Il s'intéresse aussi ici à l'influence du libéralisme sur l'environnement, la vie quotidienne et les destins individuels. Faisant à la fois preuve d'une vision globale et d'une puissance d'émotion rare, il s'attache aux conséquences, heureuses et malheureuses, du développement de la société de consommation sur les individus, aux gains et aux pertes, au prix à payer.

    " À la fois subtil, provocateur et d'une rare puissance littéraire, Richard Powers nous lance un avertissement de façon beaucoup plus efficace que quiconque depuis très longtemps : Consommateurs, méfiez-vous ! " Rick Moody

  • Thassa Amzwar, une jeune algérienne dont les proches ont disparu dans le sillage des émeutes en Kabylie, poursuit ses études à Chicago. Loin d'être une exilée traumatisée, c'est une jeune femme lumineuse, gaie, heureuse, d'un optimisme inflexible. Un de ses professeurs, Russell Stone, est vite intrigué et fasciné par son incroyable propension au bonheur. Thassa serait-elle victime d'hypertymie, une forme d'euphorie chronique ? Le cas de la jeune femme attire bientôt l'attention de Thomas Kurton, un scientifique très en vogue dans les médias, ardent partisan des manipulations génétiques. Ce dernier découvre que le bien-être de Thassa est dû à une disposition chromosomique particulière et en vient à se demander s'il ne serait pas possible d'isoler le gêne du bonheur. Cette hypothèse éveille l'intérêt des médias, et Thassa se retrouve sous les feux de la rampe. Face à une telle pression, la jeune femme devra faire appel à d'autres ressources que sa simple joie de vivre.
    Jusqu'où peut-on remettre nos existences entre les mains de la science ? Qu'adviendra-t-il de la condition humaine lorsque le bien-être dépendra des laboratoires pharmaceutiques ? C'est au bonheur et à son devenir dans une société façonnée par la science et les médias que s'attaque Richard Powers avec ce nouveau roman d'une intelligence et d'une densité exceptionnelle.

  • Les foudroyés

    Paul Harding

    Un vieil homme meurt. Allongé sur un lit d'hôpital installé au centre de son salon, entouré de sa famille, épouse, soeur, enfants et petits-enfants qui se relaient pour le nourrir, le laver, lui faire la lecture, George, un ancien horloger, sent le temps se déliter et le monde lui échapper. Dans le chaos de cette agonie, se précipitent les souvenirs. Notamment ceux de son père, Howard, représentant de commerce dans un coin rural et sauvage de la Nouvelle-Angleterre, qui parcourait la lande avec une charrette remplie d'articles divers, clous, savon, tabac, vaisselle, etc. Amoureux de la nature, Howard s'égarait parfois et, oubliant sa tournée, pouvait s'arrêter des heures au bord d'un ruisseau, dans un champ, dans les bois. et s'y dissimuler le temps que cessent les terribles crises d'épilepsie qui le terrassaient et qui étaient le secret honteux de la famille. Les Foudroyés est un roman tout en vibrations, un éloge de la contemplation active. Harding y décortique le monde pour nous en montrer tous les rouages, le monde naturel, le monde des horloges, plusieurs générations d'une même famille, un cerveau épileptique, l'âme des hommes. Sa langue étonnante semble parfois frappée par la foudre, parfois aussi subtile que le mécanisme d'une horloge. Le lecteur y fait l'expérience généreuse de l'émerveillement.

  • Fin des années 1980, De Kalb, Illinois. Eddie Hobson, Ailene et leurs quatre enfants ont toujours formé un clan très soudé. Mais, lorsque Eddie est frappé par une étrange maladie, la mécanique familiale se dérègle et les secrets de ce père pas comme les autres font peu à peu surface. Pourquoi ce professeur d'histoire charismatique a-t-il élevé ses enfants, aujourd'hui adultes, dans l'amour de la culture, des énigmes et des jeux d'esprits, tout en les tenant toujours éloignés des réalités de leur temps ? Et quelle est cette longue histoire qu'il élabore depuis près de trois décennies derrière une porte close ? Alors qu'Eddie s'est enfui de l'hôpital pour une destination inconnue, le plus jeune de ses fils, Eddie Jr., part à sa recherche.
    Petit à petit, l'histoire du père se dévoile et, avec elle, c'est tout le XXe siècle qui défile, de l'Exposition universelle de New York, en 1939, aux essais nucléaires de Los Alamos, en passant par un projet grandiose de Walt Disney destiné à entretenir l'optimisme des populations durant la Seconde Guerre mondiale. Dans cet éblouissant roman polyphonique, Richard Powers s'intéresse à l'industrie du divertissement, de Hollywood à Disneyland, et questionne notre besoin d'évasion.
    Il nous montre, à la lumière d'un demi-siècle d'une histoire passionnante, comment ce qui nous édifie, que ce soit la famille ou la culture, nous emprisonne tout autant.

  • 1840 : désireux de découvrir le passage vers l'Arctique, sir John Franklin se met en route avec des centaines d'hommes et des provisions pour trois ans. Au cours de cette célèbre expédition, le colonisateur affronte Inuit et Indiens avant de trouver la mort. Fin du XXe siècle, le capitaine Subzéro tente de percer à son tour les secrets du Grand Nord. Il arrive dans une région où les Inuit, délocalisés de force par le gouvernement canadien, vivent dans une misère noire. Là, il rencontre Reepah, avec qui il va vivre une très belle histoire d'amour, avant de connaître le même sort que Franklin. Cette superbe saga est entrecoupée du récit de la propre expédition de Vollmann dans le Grand Nord, au cours de laquelle il a lui-même failli perdre la vie.

  • Washington. Adie Klarpol, une jeune artiste désillusionnée, est engagée par une compagnie d'informatique pour travailler sur un système expérimental, « la Caverne ». Ce simulateur d'univers virtuels en 3D permet de revisiter, entre quatre murs, les chefs-d'oeuvre de l'art.

    Beyrouth. Taimur Martin, professeur d'anglais, est pris en otage par des fondamentalistes islamistes. Seul dans un cachot, il n'a que sa mémoire et son imagination pour s'évader.

    Un simulateur d'univers virtuels, un cachot : deux pièces dissemblables, toutes deux ouvertes à toutes les transformations, l'une par la magie de l'informatique, l'autre par la ténacité de l'esprit humain. Deux univers a priori inconciliables dont Richard Powers, avec son sens renversant du romanesque, tire une polyphonie grandiose.

    Le romancier explore le destin de l'art à l'époque du virtuel, celui de la mémoire à l'époque de l'informatique et questionne une fois de plus les rapports entre science, histoire et imagination.

  • La Langue d'Altmann est une plongée dans un univers absurde et cruel, régenté par un Dieu aveugle, où les hommes n'ont de cesse d'explorer à leur corps défendant les limites de l'inhumanité. Avec ce premier livre publié en 1994, Brian Evenson se pose d'emblée en grand architecte du bizarre.

  • Un rapport

    Brian Evenson

    Capable de l'humour le plus noir, plongeant ses personnages dans l'acide de situations extrêmes, Brian Evenson revient aujourd'hui avec ces textes forts et dérangeants, où l'absurde cache souvent une logique instable ou une terrible vérité.
    Qu'il s'agisse du coeur d'un bébé qui bat dans la poitrine de son ours en peluche, d'un homme qui perd son bras, ou de la puissance dévastatrice de la poussière sur une autre planète, ce sont, toujours, le corps humain et sa psyché fragile qu'Evenson explore, grâce à son écriture à la fois épurée et tranchante.
    Distillant le doute, jouant avec le suspense et l'incompréhension, il réussit à créer des ambiances aussi tangibles qu'irréelles, avec, en perpétuelle ligne de mire, la chute sans cesse recommencée de l'homme. Avec Evenson, le cauchemar a trouvé son ambassadeur.

  • Le tunnel

    William H. Gass

    William frederick kohler, le narrateur du tunnel, est un historien reconnu qui vient d'achever la rédaction d'un énorme ouvrage intitulé culpabilité et innocence dans l'allemagne de hitler.
    Mais, au moment d'en rédiger l'introduction, kohler se met à écrire un tout autre texte, une tout autre histoire - la sienne.
    Délaissant l'objectivité de son projet initial, kohler raconte tour à tour son enfance malheureuse (un père sectaire et arthritique, une mère alcoolique), sa liaison avec lou, sa passion pour la chanteuse susu, ses vicissitudes d'enseignant, ses collègues. et le cauchemar conjugal qu'il vit avec son épouse martha.

    Craignant que cette dernière ne découvre ces pages intimes, kohler les dissimule entre celles de son ouvrage historique. dans le même temps, il entreprend la construction d'un tunnel dans le sous-sol de sa maison. creuser et écrire se répondent alors, comme si kohler pratiquait un trou dans le langage même, afin de lui arracher ses pires secrets.
    à la fois méditation sur l'histoire et ceux qui l'écrivent, pastorale américaine et cauchemar non climatisé, le tunnel est une prodigieuse et terrifiante plongée dans la noirceur de l'humain, une tentative pour exposer au plein jour cette part maudite que gass appelle " le fascisme du coeur ".

  • Après avoir perdu une main lors d'un règlement de comptes, Kline, un détective privé, se voit confier une enquête au sein d'une société secrète composée de mutilés volontaires, où un meurtre a été commis.
    Mais, pour mener son enquête, Kline doit gagner la confiance des membres de cette étrange secte. Or cette confiance se paie cher, car pour accéder à certains niveaux de la hiérarchie, il convient d'être à chaque fois davantage amputé... Jusqu'où Kline sera-t-il prêt à aller pour découvrir l'insoutenable vérité ?
    Les voies de la confrérie sont-elles impénétrables ?

    Dans la lignée de Poe et de Borges, une prose incisive au service d'un récit dérangeant, où rivalisent humour noir et banalité de l'horreur.
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  • Tourmaline

    Joanna Scott

    Au milieu des années cinquante, Murray Murdoch quitte les États-Unis pour l'île d'Elbe, accompagné de sa femme et de leurs quatre enfants. Bien décidé à tirer un trait sur ses échecs professionnels, il veut se lancer dans le commerce de la tourmaline, cette pierre semi-précieuse, que " l'homme a toujours cherchée, quand il ne savait plus quoi chercher ". Bercé par les charmes et les langueurs de la vie insulaire et d'autochtones pittoresques, tel cet exilé anglais qui n'en finit pas d'écrire et de réécrire l'ouvrage "définitif" sur Napoléon à Elbe, Murdoch va finalement découvrir un autre trésor en la personne d'une jeune beauté de l'île, Adriana, pour laquelle il ressent une étrange attirance. Quand la jeune fille disparaît, les événements se précipitent et Murdoch devient le principal suspect, aux yeux des habitants de l'île, de ses amis, de sa propre famille. Cinquante ans plus tard, son plus jeune fils revient sur l'île, dans l'espoir de faire la lumière sur cette affaire jamais élucidée qui a causé la perte de sa famille. Outre une intrigue admirablement menée, Joanna Scott nous offre une réflexion passionnante sur la nature humaine. Que peut-on savoir d'un proche ? Peut-on atteindre à la vérité d'un être, qu'il soit empereur ou tout simplement père de famille ? Ne sommes-nous pas tous semblables à ces minéraux dont l'apparence se modifie en fonction de la lumière à laquelle on les expose oe

  • « Imaginez une représentation du "Ring" de Wagner orchestré par Sam Peckinpah sur un livret composé par J.R.R. Tolkien, avec interludes musicaux d´Aaron Copland, et vous aurez une petite idée de l´ambition de ce roman étourdissant. »The New York Times Book Nous sommes au dixième siècle de notre ère. Venus de Suède, de Norvège ou d´Islande, une longue lignée de rois vikings s´apprête à franchir les océans de glace qui les séparent d´une terre mythique : le Vinland, sésame de la gloire et de tous les fantasmes dont l´Amérique sera le nom. Cinq cents ans avant Colomb, Erik le Rouge, Leif le Chanceux, Freydis Eiriksdottir et quelques autres seront ainsi les véritables premiers « inventeurs » du Nouveau Monde. Quittant l´Europe nordique aux vieux parapets peuplés de monstres et de dieux du froid, ils toucheront à ce pays de cocagne, terre de lait, de miel et de légendes, avant d´en être chassés par ses habitants natifs, les redoutables indiens Skrælings...



    De cette odyssée grandiose, la mémoire et les mythes ont été conservés dans l´un des documents les plus prodigieux de notre littérature : les Sagas islandaises. C´est à ce monument que s´attaque William T. Vollmann dans ce roman non moins monumental. L´auteur de La Famille Royale, des Fusils et du Livre des Violences, depuis longtemps hanté par les origines héroïques et sanglantes de l´Amérique, ne pouvait pas rester sans se lancer à la conquête de cette mythologie - mais en la transfigurant au gré de ses propres obsessions, avec la facétie, la folie des grandeurs et le génie littéraire qu´on lui connaît. La Tunique de glace est ainsi un opéra de bruit et de fureur, une ode somptueuse et barbare à la splendeur des paysages arctiques et à la geste de nos ancêtres vikings, où dans un joyeux tohu-bohu se mélangent mythologie nordique, fantasmagorie historique, récit de voyage et d´aventures, contes inuits et pastorale américaine...





    Après Les Fusils, le cherche midi poursuit ici, dans sa collection Lot 49, la publication en langue française du cycle romanesque en sept volumes, "Seven Dreams" de William T. Vollmann. Ce cycle en cours d´écriture - quatre titres sont déjà parus à ce jour - se veut une histoire symbolique de la découverte du continent nord-américain.

  • Bienvenue dans la ferme des Marcus, au coeur de l'Ohio, où l'énigmatique Jane Dark et son armée de femmes " silentistes " ont pris le pouvoir après avoir relégué le père Marcus dans un trou. Leur programme est simple : éradiquer le mouvement et la parole, apanage de la gent masculine. Les moyens pour parvenir à leurs fins sont aussi nombreux qu'étranges : tissus enfoncés dans la bouche, biscuits d'attitude, eau d'oubli, cuves à syncope, abstinence langagière... Le jeune Ben Marcus devient vite le cobaye des Silentistes : soumis à toutes sortes de rituels et d'épreuves, sollicité à des fins reproductives, Ben va tenter de s'opposer à Dark pour retrouver le secret des émotions interdites. Le Silence selon Jane Dark ne peut être sérieusement tenu pour un éloge de la famille ou pour une ode aux vertus de la conformité et de l'uniformité. Alliant logique de l'absurde et humour noir, Ben Marcus nous livre un désopilant manuel de survie en milieu hostile.

  • "« Tout le XXe siècle en un seul roman. Un livre étonnant ! »"Richard Powers Nous sommes en 1995, à Potsdam. Paul Andermans, un jeune psychologue flamand qui s'est fait agresser par des néo-nazis, rencontre à l'hôpital Jozef de Heer un survivant de l'Holocauste. Ce dernier va lui raconter sa vie : la montée du nazisme, la clandestinité, les camps, puis une étrange carrière de magicien sur fond de mur de Berlin.Au même moment, le physicien Goldfarb, qui participa à l'élaboration de la première bombe atomique, se souvient lui aussi du long périple qui l'a conduit jusqu'à Berlin ? Berlin où quelque chose d'incroyable se prépare... C'est le début d'une oeuvre exubérante, bouleversante et terriblement intelligente. Roman épique plongé dans le bain acide du XXe siècle et de ses horreurs, "Oméga mineur", a reçu le prestigieux Independent Foreign Fiction Prize. C'est incontestablement l'une des révélations romanesques les plus fortes de ces dix dernières années. "« Un roman comme il n'en paraît que tous les dix ans. S'il fallait chercher une comparaison, on pourrait citer" Outremonde "de Don DeLillo ou" L'Arc-en-ciel de la gravité "de Thomas Pynchon. »"Boyd Tonkin

  • Contrecoup

    Nicholson Baker

    Mai 2004.
    Washington. Dans sa chambre d'hôtel, Jay attend son ami Ben. Il a une confession à faire : il s'apprête, pour le bien de l'humanité, à assassiner le président George W. Bush. Ses raisons sont multiples : la guerre en Irak, l'insolence de l'argent, les délires religieux. Une société américaine dans laquelle Jay ne se reconnaît plus, et où, d'échec en échec, il a perdu sa place. Tentative désespérée d'un homme fragilisé psychologiquement ou raisonnement froid poussé jusqu'à l'extrême ? Le dialogue s'engage entre les deux hommes.
    Ben va essayer d'empêcher son ami de commettre l'irréparable. Jusqu'où croit-il aux arguments qu'il lui oppose ? A partir de quand ceux de Jay deviennent-ils irrecevables ? Et, surtout, comment un président démocratiquement élu peut-il susciter autant de haine et de colère ? La nuit promet d'être longue. Nicholson Baker nous offre un roman passionnant, d'une actualité brûlante et d'une ironie souveraine.
    Les questions morales et politiques qu'il soulève dans ce dialogue tendu à l'extrême n'ont pas fini de faire débat.

  • El Dorado

    Robert Juan-Cantavella

    Trevor Escargot est envoyé en reportage à Marina d'or, immense bloc de béton édifié sur la côte du Levant dans le but de vendre « le bonheur aux masses ». Sa petite valise bourrée de cachets et autres substances hallucinogènes ne sera pas de trop. Ce qui tombe bien, puisqu'on ne peut attendre d'Escargot, adepte d'un « Punk Journalism » dérivé du Gonzo, un article classique et ronronnant sur l'expérience du vacancier moyen. Se méfiant comme la peste des pièges élégants de la narration réaliste, celui-ci lui préfère en effet, au choix et dans le désordre, la pure affabulation, la parodie malicieuse, le mensonge sincère, la spéculation kamikaze, l'absurdité gratuite, l'irresponsabilité immédiate. Aussi Escargot observe et relate avec une sobriété qui n'est pas sans évoquer celle du héros de Las Vegas Parano.
    Au fil de ses pérégrinations dans les installations aussi futuristes que désespérantes de Marina d'Or, Escargot, en recherche de la philosophie particulière de ces centres de vacances, va être amené à faire une série de rencontres toutes plus étonnantes les unes que les autres. Son séjour, vite transformé en une quête haletante de l'El Dorado perdu, atteindra son point culminant avec la visite du Pape Benoît XVI à Valence, à l'occasion des Vèmes rencontres mondiales de la famille.

  • Casi est un avocat new-yorkais qui n'a jamais perdu un procès. Fils d'immigrants colombiens, il vit chichement à Brooklyn jusqu'au jour où un collègue lui propose le crime parfait qui le mettra définitivement à l'abri du besoin. Devant cette opportunité, c'est d'abord son sens éthique de la justice et de la morale qui va vaciller, puis sa personnalité, enfin, son univers tout entier.

    C'est une façon de résumer le livre. Il y en aurait d'autres, beaucoup d'autres, tant les événements qui se multiplient autour de Casi sont nombreux et variés. Une singularité nue est en effet un roman hors normes, si atypique qu'il n'a d'abord pas trouvé d'éditeur. Sergio De La Pava l'a donc publié à compte d'auteur et cet ouvrage est devenu un véritable phénomène, couronné par de nombreux prix et élu Meilleur roman de l'année par les médias. Ambitieux et hilarant, truffé de personnages attachants, à la fois réaliste et hystérique, voici un thriller incroyable qui force l'admiration par ses dimensions dantesques et son sens jazzé de la phrase.


    « Fascinant. » The Times « Un des meilleurs romans parus cette année. Une expérience enthousiasmante. Une réponse excitante aux scénarios habituels qu'on trouve dans les séries télé et la plupart des polars. » The Wall Street Journal  

  • 16 juillet 1945 : cette date marque un tournant dans l'histoire de notre planète. C'est en effet ce jour là que la première bombe atomique est testée à Los Alamos, au Nouveau Mexique. Et c'est au moment précis de l'explosion que trois des principaux scientifiques responsables du projet, Robert Oppenheimer, Leo Szilard, et Enrico Fermi sont mystérieusement " transportés " en 2006, à Santa Fe.
    Recueillis par Ann, une bibliothécaire, et son mari Ben, les trois savant déboussolés vont devoir s'adapter tant bien que mal à leur nouvelle vie, à ce monde que leurs actes ont radicalement changé. Après avoir appris l'horreur engendrée par leur création (Hiroshima...), et les funestes conséquences de celle-ci, ils ne tarderont pas à entreprendre, des États-Unis au Japon, une croisade pacifiste visant au désarmement total. Entre l'armée et les scientifiques qui voit leur " apparition " d'un mauvais oeil, les groupes religieux qui assimilent leur présence à une prophétie biblique, et une société médiatique qu'il faut apprendre à manipuler, nos trois larrons vont avoir fort à faire.
    À partir de cette hypothèse surréaliste, Lydia Millet nous livre avec ce roman désopilant et d'une imagination réjouissante une remarquable analyse des liens qu'entretiennent science, politique et religion dans l'Amérique d'aujourd'hui, et l'effort permanent de ces trois domaines pour diriger nos vie. En reine des dialogues et des situations absurdes, l'auteur, à l'instar d'un Richard Powers, sait combiner vertige de la science et subtilité de l'intrigue comme peu d'autres écrivains. On pense à Murakami et à Don DeLillo, autant qu'à Twain et Vonnegut.

  • Alors que Liz n'est plus là, je le sais, et qu'il ne reste maintenant, un an après les faits, qu'une légère sensation de vide, je continue de penser qu'elle est là, quelque part, sous une forme ou une autre, accrochée à la poussière qui se fixe aux rideaux vert pâle du salon, sur les ondes radio qui se propagent dans les airs, ou peut-être mise au courrier avec la mauvaise adresse, qui finira par arriver à retrouver le chemin de chez moi. J'ignore si ce sentiment est sain. La ville paraît toujours habitée de sa présence. Le premier léger dégel de printemps a commencé et, sous la glace, on sent le ruisseau couler de façon un peu plus évidente. Parfois, lorsque je descends jusqu'à son lit, je vois un poisson nager, telle une main fantôme, à travers la surface verglacée.

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