Romans & Nouvelles de genre

  • En 1875, un chef cheyenne demanda au président Grant de lui faire présent de 1000 femmes blanches à marier à 1000 de ses guerriers afin de favoriser l'intégration.
    Prenant pour point de départ ce fait historique, Jim Fergus retrace à travers les carnets intimes d'une de ceS femmes blanches, May Dodd, les aventures dans les terres sauvages de l'Ouest de ces femmes recrutées pour la plupart dans les prisons ou les asiles psychiatriques.C'est à la fois un magnifique portrait de femme qu'il nous offre ainsi, un chant d'amour pour le peuple indien, et une condamnation sans appel de la politique indienne du gouvernement américain d'alors.Cette épopée fabuleusement romanesque, qui s'inscrit dans la grande tradition de la saga de l'Ouest américain, a été un événement lors de sa publication aux États-Unis. Elle a été encensée par les plus grands écrivains américains. Les droits de ce livre ont été achetés par Hollywood.
    À sa parution en 2000, Mille Femmes blanches a inauguré la littérature étrangère au cherche midi.

  • 1875. Dans le but de favoriser l'intégration, un chef cheyenne propose au président Grant d'échanger mille chevaux contre mille femmes blanches, afin de les marier à ses guerriers. Celles-ci, « recrutées » de force dans les pénitenciers et les asiles du pays, intègrent peu à peu le mode de vie des Indiens, au moment où commencent les grands massacres des tribus.

    1876. Après la bataille de Little Big Horn, quelques survivantes décident de prendre les armes contre cette prétendue « civilisation » qui vole aux Indiens leurs terres, leur mode de vie, leur culture et leur histoire. Cette tribu fantôme de femmes rebelles va bientôt passer dans la clandestinité pour livrer une bataille implacable, qui se poursuivra de génération en génération.

    Dans cet ultime volume de la trilogie Mille femmes blanches, Jim Fergus mêle avec une rare maestria la lutte des femmes et des Indiens face à l'oppression, depuis la fin du xixe siècle jusqu'à aujourd'hui. Avec un sens toujours aussi fabuleux de l'épopée romanesque, il dresse des portraits de femmes aussi fortes qu'inoubliables.

  • 1875. Dans le but de favoriser l'intégration, un chef cheyenne, Little Wolf, propose au président Grant d'échanger mille chevaux contre mille femmes blanches pour les marier à ses guerriers. Grant accepte et envoie dans les contrées reculées du Nebraska les premières femmes, pour la plupart « recrutées » de force dans les pénitenciers et les asiles du pays. En dépit de tous les traités, la tribu de Little Wolf ne tarde pas à être exterminée par l'armée américaine, et quelques femmes blanches seulement échappent à ce massacre.
    Parmi elles, deux soeurs, Margaret et Susan Kelly, qui, traumatisées par la perte de leurs enfants et par le comportement sanguinaire de l'armée, refusent de rejoindre la « civilisation ». Après avoir trouvé refuge dans la tribu de Sitting Bull, elles vont prendre le parti du peuple indien et se lancer, avec quelques prisonnières des Sioux, dans une lutte désespérée pour leur survie.

    Avec cette aventure passionnante d'un petit groupe de femmes prises au milieu des guerres indiennes, Jim Fergus nous donne enfin la suite de Mille femmes blanches. Le miracle se produit à nouveau et cette épopée fabuleusement romanesque, véritable chant d'amour à la culture indienne et à la féminité, procure un incommensurable plaisir de lecture.

     

  • 10 mai 1940. Le jour où Churchill est nommé Premier ministre, Adolf Hitler envahit les Pays-Bas et la Belgique. Au cours de l'année qui suit, l'Allemagne nazie mène contre l'Angleterre une campagne de bombardement d'une intensité inédite. Acculé, le « Vieux Lion » doit préserver à tout prix le moral de son peuple... et convaincre le président Roosevelt d'entraîner les États-Unis dans la guerre.
    Si durant cette période la vie publique de Churchill est chaotique, sa vie privée ne l'est pas moins. Son épouse et lui doivent gérer leur fille qui se rebelle contre leur autorité, et leur fils, confronté à l'adultère de sa femme.

    À partir de nombreux documents inédits (depuis les journaux intimes des principaux protagonistes jusqu'aux documents confidentiels récemment déclassifiés), Erik Larson redonne ses lettres de noblesse à la politique en nous faisant vivre une année exceptionnelle aux côtés de Churchill. Que ce soit au 10 Downing Street ou à son domicile privé, cet homme aux ressources inépuisables, toujours surprenant, fera preuve d'un leadership hors du commun qui permettra à tout un pays - et à une famille - de rester unis.

    Aussi palpitant et addictif qu'une série, La Splendeur et l'Infamie s'est classé numéro un des ventes dès sa sortie en Angleterre et aux États-Unis. Il a été élu meilleur livre de l'année par le Washington Post et Barack Obama l'a désigné parmi ses livres préférés de l'année.

    « Le genre de page-turner que l'on voudrait trouver plus souvent parmi les livres d'Histoire. Larson réussit véritablement à donner au lecteur l'impression «d'y être?, de vivre aux côtés de Churchill. » Bill Gates.

    À propos d'Erik Larson : « Larson raconte comme on filme : au plus près des événements, des acteurs et des témoins. Hautement recommandable. » Jean-Christophe Buisson, Le Figaro Pour consulter les sources de l'auteur, rendez-vous ici, et pour sa bibliographie, c'est ici.

    Rentrée littéraire 2021.

  • ZOF 1945

    Jean-Christophe Berthain

    Septembre 1945. René Valenton, officier du Renseignement, quitte Londres après huit ans de bons et loyaux services pour être affecté dans la Zone d'Occupation Française en Allemagne (ZOF, capitale Baden-Baden). Il assiste à l'étonnant retournement qui voit les Français occuper un pays dont ils viennent de subir le joug. Une Allemagne dévastée jouxte une France exsangue. Pour les Allemands, c'est un amer destin de servir un maître qui a faim. Pour les Français, c'est tantôt une parenthèse enchantée, tantôt un panier de crabes. Valenton vit le quotidien de l'Allemagne « année zéro » : certains se vengent des Boches, d'autres se vengent de la vie. Tous découvrent que l'après-guerre, ce n'est pas la paix retrouvée. Violence, combines et trafics, traque ou recyclage de nazis, jeux politiciens et règlements de comptes, survie et amours interdites, conflits entre Alliés et prémisses de la Guerre froide : la ZOF est une étrange planète. Valenton y croise des salauds et des gens formidables, parmi lesquels Edgar Morin.

  • Colorado, 1873. Après la mort de son mari, Margaret Parker décide de continuer à s'occuper de son ranch. À ses côtés, celles qu'elle considère comme sa famille : deux soeurs, Joan et Stella, une cuisinière, Julie, et Hattie, une ancienne esclave au passé aventureux. Mais des femmes seules sur un ranch ont vite fait d'exciter toutes les convoitises, et bientôt elles sont dépossédées de leurs biens. Elles n'ont plus, chacune, qu'un cheval, et le choix qui reste dans l'Ouest américain à celles qui ont tout perdu : se marier ou se prostituer. Ces femmes-là vont néanmoins trouver une option inédite pour survivre : tourner le dos à la loi dont elles ont été les victimes et prendre les armes pour se faire justice. Le gang Parker est né. Bien vite, les exploits de cette mystérieuse bande de femmes défraient la chronique et les Pinkerton se mettent sur leur piste.

    Les Femmes d'Heresy Ranch est un formidable récit d'aventures tiré de faits réels. Historienne et romancière au talent fou, Melissa Lenhardt y crée des personnages inoubliables, au caractère bien trempé, et nous livre des informations inestimables sur la vie méconnue des femmes dans l'Ouest américain.

  • Appelle quand tu veux...

    C'est dans un roman de Françoise Sagan emprunté à la bibliothèque que Catherine trouve un marque-page bien particulier : y sont inscrits le nom d'un homme ? Jean-Philippe ? et son numéro de téléphone, suivis de l'invitation « Appelle quand tu veux ».
    Célibataire mais anéantie par sa dernière relation amoureuse, Catherine se lance dans un projet que son amie Margaux situe « à mi-chemin entre le plus fou des désespoirs et le plus admirable des espoirs ». Appeler ce Jean-Philippe.
    Si j'avais un perroquet, je l'appellerais Jean-Guy (parce que Coco c'est déjà pris), c'est l'histoire d'une rencontre improbable, d'un chat nommé Luc, d'une collection de miroirs, d'une Bénédicte aux cheveux roux, d'une impératrice russe et d'une profonde aversion pour les chemises à manches courtes.
    Blandine Chabot, en magicienne des mots, sait nous faire passer du rire aux larmes comme personne. Mélodique et brillamment loufoque, son style incomparable élabore une langue unique : c'est cru, intelligent, comique, surprenant. Et voilà que, totalement embarqué, on rit (beaucoup), on réfléchit, on s'émeut, on vibre... Un délicieux moment !

  • 8 juin 1970, Madrid. Francisco Franco, 77 ans, reçoit Charles de Gaulle, 79 ans. L'un est au pouvoir de façon implacable depuis trente et un ans, l'autre ne l'est plus depuis un an.
    Franco, l'allié des nazis ; de Gaulle, symbole de la Résistance. Tout semble les opposer, pourtant ils se rencontrent à la demande du Général... Pourquoi ce tête-à-tête ? Et pour quelles raisons déjeunent-ils en familiers ? Qu'ont-ils bien pu se dire ?
    L'auteur imagine ici l'échange de ces deux hommes peu ordinaires - entre diplomatie et guerre d'ego, dialogue tendu et conversation anodine - et questionne la figure de De Gaulle comme héros national. Ce déjeuner ne serait-il pas la « Faute du Général » ?

  • « On venait d'ouvrir le cercueil de Marie de Médicis [...] il était [...] en putréfaction liquide. [...] Sa tête était entière et garnie de beaucoup de cheveux.
    Aussitôt, il a entendu les [...] ouvriers et autres assistants qui accusaient cette princesse du meurtre de son époux. [...] ces imprécations signifiaient néanmoins un hommage [...] rendu à la mémoire d'Henri IV toujours chérie, malgré la haine prononcée contre le nom de roi ! Les ouvriers [...] ont arraché et distribué au hasard ses cheveux. Il m'a confessé avoir alors tendu, au milieu du groupe, une main incertaine qui a réussi à en saisir une petite touffe qu'il a eu soin de conserver... » 1793, la France est assiégée. Prussiens, Autrichiens et Anglais cantonnent à quelques heures de Paris. Le bruit court que le roi de Prusse a fait retenir les loges à l'Opéra. Lyon et Bordeaux sont en rébellion contre la Convention tandis que les Vendéens insurgés ont pris Angers et Saumur. Terreur, sauvagerie et férocité caractérisent cette guerre civile.
    Le conventionnel Barère appelle à la destruction des mausolées royaux. Les sans-culottes applaudissent et l'abbé Grégoire lui-même s'enthousiasme. Les cercueils des rois et reines de France, princes, princesses, religieux et grands de l'État sont ouverts et leurs corps extraits un à un puis jetés dans deux fosses communes.
    Un témoin, Ferdinand Gautier, personnage réel, royaliste et catholique fervent, relate jour par jour ces faits à l'avocat robespierriste Marc Antoine Doudeauville

  • Homme à l'esprit libre, auteur non conformiste, écrivain inclassable considéré comme mineur de son vivant, rejeté par le Roi-Soleil, Jean de La Fontaine appartient aujourd'hui au patrimoine mondial des lettres. Cependant, sa gloire posthume a, semble-t-il, multiplié les légendes qui occultent trop souvent sa personnalité et la véritable portée de son oeuvre.

    Jean de La Fontaine devient, sous la plume de Valère Staraselski, un fabuleux personnage romanesque. Avec Le Maître du jardin, le lecteur est entraîné à la rencontre du célèbre fabuliste, en quatre périodes de son existence comme autant de saisons qui composent une vie. On est surpris, parfois décontenancé par ce que l'on découvre de cet homme simple, grand moraliste, de ce poète qui, s'essayant à dire des vérités pas toujours bonnes à formuler face à tous les pouvoirs, au brutal cours du monde, à l'adversité aussi, trouve le chemin du bonheur et de la bonté. De cet écrivain tellement aimé du public pour la raison que ses fables, si familières, participent aussi bien du manuel de survie pour les humbles que de l'exercice en plein vent de la liberté pour chacun !

    Un roman étonnant et exaltant à la fois, où le XVIIe siècle finissant fait écho au XXIe siècle débutant.

  • À la fin du XIXe siècle.

      En ce temps-là, Paris est une guerre civile.
    En ce temps-là, on invente le terme « racisme », l'expression « socialisme national » et le slogan « La France aux Français ». Les scandales fleurissent. Les attentats anarchistes se multiplient. Les nationalistes préparent un coup d'État. La République vacille. Bientôt, l'affaire Dreyfus cristallisera toutes les passions. Romain Delorme est jeune et audacieux. Son mentor, l'ex-préfet de police Andrieux, un deus ex machina proche de Clemenceau, a fait de lui son agent au coeur du mouvement antisémite.
      Romain est devenu l'ami du marquis de Morès, redoutable duelliste, de ses gardes du corps, les terribles bouchers de La Villette, de Jules Guérin - dont le journal L'Antijuif et l'épisode du Fort Chabrol immortaliseront le nom -, et d'Édouard Drumont, l'auteur de La France juive qui, dans les colonnes de La Libre Parole, exalte la haine des Juifs. Il devra feindre, ruser, prendre des risques inouïs avant d'être mêlé à une affaire insensée autant qu'incroyable, l'assassinat d'Émile Zola, et de découvrir le secret de ses propres origines.
      De la Commune de Paris à la Libération, un roman noir historique à la documentation impressionnante.
    Palpitant.
     

  • « Sachez, reprit Napoléon menaçant, que toutes les fois que j'ai cru une chose impossible, j'ai mis encore plus d'ardeur à la désirer. Rien ne me décourage. Le "On ne peut pas" me stimule. Ce qui me cède m'ennuie, ta résistance me subjugue. Ton charme m'a porté à la tête, il me tient au coeur. Je veux tu entends bien ce mot ? , je veux te forcer à m'aimer ! » Le narrateur on dirait qu'il s'est introduit dans l'intimité de Napoléon nous révèle, au jour le jour, la vie privée de cet homme de génie qui régna sur l'Europe.
    Un style enlevé sert des dizaines d'anecdotes, de situations inattendues, et presque autant de conquêtes féminines Tour à tour impatient, fougueux, ému aux larmes, emporté, amoureux, ridicule, pathétique, léger aussi, Napoléon apparaît ici sous un jour peu connu. On voit comment « l'amant pressé » courtisa les femmes et l'Histoire avec la même énergie.

    Jamais le souffle du roman n'avait ainsi déshabillé la vérité historique.

  • Avril 1944. Un convoi de déportés quitte la gare de Compiègne. Excepté les Allemands et l'État français, personne à bord ne connaît sa destination. Personne... sauf Robert Danglars. Instituteur, pacifiste convaincu puis militant trotskiste, il a participé en Bretagne aux actions de propagande en direction des soldats allemands.

    Octobre 1943. Brest. À la suite d'une trahison, son réseau est démantelé, son responsable abattu, Danglars et ses camarades sont jetés en prison.

    Mars 1944, prison de Rennes. Le directeur et un inconnu lui proposent un marché : demain, les Alliés débarqueront et la France sera libérée. Pour tomber aux mains des communistes ? Contre la liberté de sa mère et de sa soeur, arrêtées pour l'avoir hébergé, réclamées par les autorités allemandes, et sa propre vie, il devra liquider un dirigeant communiste déporté...

  • 1941. Elevée à Genève et parfaitement bilingue, Maria Sutro, révoltée par la situation en Europe occupée, est la recrue idéale pour les services secrets anglais. Non sans quelque hésitation, la jeune fille accepte de couper tous liens avec sa famille et ses amis pour disparaître dans la clandestinité et suivre l'entraînement réservé aux espions. Elle y apprend la science du sabotage, des codes secrets, des interrogatoires, du meurtre. Elle y rencontre également Benoit, un résistant français qui devra l'accompagner dans sa mission, au charme duquel elle n'est pas insensible.
    Parachutée dans le sud-ouest de la France, Maria rejoint la résistance française, avec pour mission de gagner Paris et de convaincre son amour d'adolescence, Clément Pelletier, un physicien dont les travaux sont d'une importance cruciale pour la suite du conflit, de rejoindre l'Angleterre. Commence alors pour Maria un long périple dans une France occupée et désolée, où la guettent de nombreux dangers. C'est également le début d'un dilemme amoureux entre Benoit, le compagnon des jours difficiles, et Clément, qu'elle n'a jamais réussi à oublier.

  • Les chiens du seigneur

    Roger Bevand

    Henri Institoris fut l'un des plus fameux chasseurs de sorcières de la fin du Moyen Âge. Cet inquisiteur dominicain, qui sévissait aux confins du Saint Empire romain germanique, publia Le Marteau des sorcières, un manuel très complet destiné à démasquer et à punir ces hérétiques.

    Au travers du journal imaginaire d'un clerc qui accompagna Institoris dans la rédaction de son traité comme dans les terribles interrogatoires où la torture précédait le bûcher, Roger Bevand nous entraîne dans ces traques médiévales et brosse, avec une grande rigueur historique, le portrait d'un fanatique, un « chien du Seigneur », qui voulut sauver le monde en brûlant des femmes.

    En France, la dernière exécution d'une « sorcière » eut lieu en 1856.

  • Janvier 1492. Dans un pays ruiné par la guerre, Isabelle de Castille et Ferdinand d'Aragon prennent possession de Grenade, dernière enclave musulmane de la péninsule Ibérique. Une messe est aussitôt célébrée dans la grande mosquée transformée en cathédrale. Torquemada, le Grand Inquisiteur, est dans les premiers rangs. Il prépare déjà son décret d'expulsion des juifs destiné à garantir l'unité religieuse du royaume. Derrière lui, perdu dans la foule, Christophe Colomb chante le Te Deum à l'unisson des fidèles.
    Depuis des années, il attend le financement de son expédition qui doit le conduire vers les Indes occidentales.

    À travers ces trois histoires - la reconquête espagnole contre les musulmans, la lutte de l'Inquisition contre les juifs et les préparatifs du voyage de Colomb -, La confusion du monde raconte la naissance d'un nouveau monde.
     

  • 1934. Tous les protagonistes du prochain drame sont là : Barthou, aussi lucide que Churchill sur le nazisme, Dollfuss et Mussolini, Cachin et Duclos, Goering et Hitler, le conseiller Prince et Tardieu, Pétain et Otto Abetz. Une année décisive pendant laquelle les peuples sont dupes.

    D'une précision de mots et d'intentions, l'auteur nous impose d'entrer dans l'Histoire avec une passion d'autant plus forte qu'elle est soutenue par les faits scrupuleusement rapportés comme par la forme romanesque, celle d'un roman policier, qu'il lui donne.



    Une reconstitution haletante très cinématographique où l'on combat, on dénonce, on assassine, on entre dans la fourmilière des vendus et des crapules comme dans celle de la diplomatie. Attentats, crimes, complots cadencent l'action menée à un rythme effréné, l'histoire sans digression, une enquête sans complaisance, un roman historique palpitant sur la période qui va du 6 février 1934 ? tentative de prise du Palais-Bourbon par les ligues d'extrême droite ? à l'assassinat à Marseille, le 9 octobre 1934, du roi de Yougoslavie et du ministre des Affaires étrangères français Louis Barthou, véritable cible des terroristes.



    Un roman palpitant dans lequel les événements s'écrivent au jour le jour.

  • Automne 1888. Le scandale de Panamá débute, l'emprunt russe se lance, Jack l'éventreur trucide pour de bon dans le quartier londonien de Whitechapel. Le coeur de Paris bruisse de cent petits métiers divers, le général Boulanger s'en va, la tour Eiffel s'érige. Enfant du Marais, ingénieur électricien de génie, inventeur de l'alternateur, Lucien Gaulard traîne sa perte d'espérance dans le dédale des ruelles de la capitale au lourd passé historique. Son importante découverte est boudée, méprisée, occultée par ses compatriotes. Les Européens lui tournent le dos. Les Américains lui font les poches. Sa propre famille lui dénie toute paternité scientifique. « L'homme aux lacets défaits » se retrouve du mauvais côté du balcon. De jardins publics en estaminets enfumés, du Crédit municipal aux officines d'apothicaire, nous partageons les derniers jours du passage terrestre de cet étrange apôtre du progrès. Une chronique parisienne fin de siècle, crépusculaire et désemparée, sur les pas d'un piéton d'exception à l'humanité trop lourde à porter.

  • Anna Bravo achète un petit meuble d'angle vénitien du début du XVIIIe siècle, avec son miroir de Murano. Elle entretient un rapport particulier avec les miroirs. Avec celui-ci, sa vie va basculer... Voici donc la curieuse histoire d'une femme et de son reflet, d'une femme et de son image. Le miroir, dit un proverbe du Moyen Age, est " le vrai cul du diable ". Dans ce roman subtil et surprenant, le troisième d'une trilogie sur les sens, Percy Kemp décrit le plus effroyable des regards. Non pas celui que nous portons sur nous-même, pas même celui que les autres portent sur nous, mais le regard, impitoyable, qui naît du décalage effarant entre la perception que nous avons de nous-même et celle que les autres ont de nous.

  • " Je vais vous faire une confidence, je sais pas si vous vous en êtes rendu compte : je suis juif. Et j'en ai ras le bol d'être juif, j'ai envie d'arrêter. C'est trop de pression... " Ainsi commence le livre de Philippe Lellouche, concentré d'humour juif à la sauce très piquante. Dans cet ouvrage qui entremêle histoires juives et réflexions désopilantes sur le fait d'être juif aujourd'hui, Philippe Lellouche épingle avec une autodérision constante les principaux clichés sur le sujet. Les juifs et la réussite, les juifs et la famille, les juifs et la paranoïa, les juifs et l'argent, les juifs et le communautarisme, les juifs et les antisémites, etc. Autant de thèmes abordés sous un angle complètement neuf, original et inédit : celui d'un jeune homme qui a du mal à endosser une tradition et à souffrir une haine trop pesantes pour lui. Un livre iconoclaste et plein d'humour sur un sujet toujours sensible, par l'un des humoristes les plus drôles de sa génération.

  • Mangareva

    Jean-Hugues Lime

    Le 7 août 1834, Caret et Laval, deux jeunes missionnaires catholiques de la congrégation du Sacré-Coeur, aidés par le frère Murphy, débarquent à Mangareva, dans l'archipel des Gambier. C'est le plus mal connu et le plus secret des chapelets d'îles situées au sud-est de la Polynésie française. Une île peuplée de " sauvages ". La mission de Caret et Laval : évangéliser les Maoris et édifier un paradis chrétien. Ils s'installent dans l'archipel avec comme seuls bagages quelques soutanes, un ornement de vases sacrés et soixante bouteilles de vin de messe. Par quels moyens deux prêtres sans armes pourront-ils convertir plusieurs milliers de Polynésiens et les convaincre d'abandonner leur culture, leurs croyances ? L'entreprise des missionnaires va si bien réussir que les deux prêtres feront construire aux Maoris une cathédrale en plein coeur de l'océan Pacifique. Le prix à payer consiste en l'effritement puis l'anéantissement d'une civilisation et d'un mode de vie. Et, pour finir, en raison de l'épuisement des ressources naturelles, dans le dépérissement de toute une population. Cette histoire vraie ressemble à un conte cruel et sombre, traversé par de brutales bouffées de comédie. Elle projette à travers le temps une lueur glauque et fantasque qui éclaire d'une splendeur barbare notre histoire religieuse et coloniale. Ce roman décrit l'éradication d'une civilisation par une autre, la destruction d'un écosystème fragile au nom des bons sentiments, de la prétendue supériorité occidentale mais aussi du fanatisme religieux, de la cupidité des colons et de l'ignorance de tous.

  • Buffalo

    Jean-Georges Aguer

    À la suite à ses aventures dans le 7e de cavalerie du général Custer et jusqu'au désastre de la bataille de la rivière Little Bighorn dont il sort miraculeusement indemne, Lorcan Larlaith O'Neill se retrouve en Afrique du Sud, ne laissant derrière lui que des souvenirs.
    Il devient journaliste au Guardian de Pietermaritzburg, journal qui est la propriété de sir Henry Mycroft Sword, personnage influent autant que mystérieux. O'Neill part en reportage dans le royaume zoulou et découvre ce peuple courageux et fier. Il en apprend les moeurs et l'histoire tourmentée. Il n'en demeure pas moins conscient des défauts de sa société guerrière. De retour à Pietermaritzburg, il mène, avec une partie de la jeunesse dorée de la ville, une vie dissolue, boit plus qu'il ne faut, séduit et joue le bel esprit. Puis, il devient chercheur de diamants, fait fortune et côtoie la bonne société coloniale, sans pour autant succomber aux « masques » et à la pesante étiquette victorienne.
    Finalement, les bruits de bottes deviennent assourdissants dans la région. Les troupes britanniques traversent la rivière Buffalo, frontière entre le Natal et le royaume zoulou. Lorcan se retrouve observateur au coeur de la bataille d'Isandlwana avec lord Chelmsford. Puis, à Rorke's Drift, il est le spectateur médusé de la bravoure et de la folie des hommes. Il éprouve alors un profond dégoût de la guerre et de la duplicité de l'être humain.
    Grièvement blessé, il est recueilli par une famille de Boers qui fuit les Anglais, les Zoulous et la province du Natal pour chercher, ailleurs, un havre de paix.

    Second opus de La Saga des quatre rivières, Buffalo est un roman d'aventures singulièrement foisonnant qui tient le lecteur en haleine de bout en bout. Une véritable épopée !

  • Vel'd'Hiv'

    François Bott

    Connaissez-vous l'adresse du paradis ? Pour Raymond et Simon, deux écoliers devenus des amis inséparables, le paradis - le jardin des rêves, la cathédrale des chimères, le palace de l'enfance -, c'était le Vel'd'Hiv", le vélodrome d'Hiver, à l'angle du boulevard de Grenelle et de la rue Nélaton, dans le quinzième arrondissement. Simon, fils d'un médecin juif, et Raymond, fils du concierge du Vélodrome, en connaissaient tous les recoins, tous les secrets et toutes les légendes, toutes les mythologies. Car, dans les insouciantes années 1930, le Vel'd'Hiv était le temple du cyclisme sur piste et de la boxe. Les Six-Jours et de grandes rencontres pugilistiques s'y déroulaient, sans oublier les meetings du Front populaire. À l'extérieur de la piste en bois, il y avait les gradins populaires et, à l'intérieur, le restaurant à la mode, où se retrouvaient les people, comme on dit à présent. D'un côté, le Tout-Paname et, de l'autre, le Tout-Paris, dans lequel des demi-mondaines jetaient aux coureurs des bouquets de violettes. Le Vel'd'Hiv" prouvait que Paris était une fête. " Que fais-tu ce soir ?" demandait-on. Réponse : " Je vais à Grenelle. " Puis, les 16 et 17 juillet 1942, ce fut la grande rafle. Complice des nazis, la police française arrêta des milliers de Juifs, qui furent rassemblés au Vélodrome d'Hiver. Le rendez-vous de toutes les festivités devint le lieu de la tragédie. L'enfer après le paradis. Raymond aperçut une dernière fois Simon et son père, avant qu'ils ne disparaissent dans la foule, pour être emmenés vers le Grand Nulle Part.
    Vel'd'Hiv raconte le destin de deux enfants, deux amis, emportés dans la tourmente de l'Histoire et séparés l'un de l'autre, alors qu'ils se croyaient inséparables. Un roman servi par une écriture d'une impitoyable légèreté.

  • Camarón

    Jean-Joseph Julaud

    Pendant qu'en avril 1863 une compagnie de la Légion étrangère se dirige vers l'hacienda de Camarón, au Mexique, où elle court au massacre, une effervescence singulière anime les environs de ce village, près de Veracruz : à Soledad, un étrange curé accueille dans son église trois guérilleros porteurs d'un cercueil un peu trop lourd pour être honnête ; à San José de la Montana, une jeune Indienne, cent chefs totonaques, un zouave déserteur et un prêtre boucher déboisent une colline qui pourrait être l'ultime temple du dieu Quetzalcóatl ; les militaires français tombent comme des mouches sous les assauts du vomito, la fièvre jaune ; les militaires mexicains, témoins désolés de l'équipée du Second Empire sur leurs terres, tentent de limiter la casse...

    Tous ces personnages hauts en couleur, attachants ou révoltants, pris dans la spirale burlesque de leurs destins croisés, dans l'étonnant tourbillon de multiples rebondissements, permettent en même temps de rire, de s'émouvoir ou de s'insurger, mais surtout de réfléchir au destin du peuple mexicain, à la culture aztèque détruite par Cortés et, plus généralement, à la réponse que donnent les civilisations au mystère de toute disparition, de toute naissance.

    À travers ce roman ébouriffant et singulier, épique et drolatique, la bataille de Camarón, le jeudi 30 avril 1863, s'inscrit dans une histoire qui lui donne un relief surprenant et inattendu.

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