L'herne

  • La figure d'Arendt aujourd'hui n'est pas seulement celle d'une « théoricienne de la politique » comme elle aimait à se désigner. Des livres, des films, des pièces de théâtre s'intéressent de plus en plus à la femme qu'elle était, car la personnalité d'Arendt et ses prises de position ont toujours déclenché des passions et continuent de le faire. Ainsi la première partie du Cahier dresse le portrait de cette femme, revenant sur les principaux évènements de sa vie et dévoilant des facettes moins connue de la philosophe allemande étayées par des extraits de correspondance inédits : avec Judah Magnes, David Riesman, Hermann Broch, Hilde Frankel, Kurt et Helen Wolff.
    Ce Cahier rassemble aussi des contributions qui évoquent son oeuvre, et son travail majeur sur le totalitarisme mais aussi son expérience historique et personnelle, les moments forts de sa vie et la réflexion qu'ils ont suscité en elle, notamment sa judéité. Le Cahier se penche aussi sur la relation d'Arendt avec Heidegger en revenant sur la controverse d'une telle relation.
    De nombreux inédits trouvent leur place dans ce Cahier, essentiellement en anglais et en allemand, issus des archives Arendt de Washington :
    Des extraits de cours, des conférences.
    Le parti pris du Cahier n'est pas de constituer Arendt en icône intouchable qu'il serait scandaleux de critiquer, mais de considérer que la critique de son oeuvre n'est intéressante que si elle est formulée par un lecteur à qui elle donne aussi à penser. Non parce qu'Arendt apporte des solutions aux problèmes de notre temps, mais parce qu'elle nous aide à les identifier et nous donne des clés pour les formuler et les penser.

  • L'oeuvre de Pascal Quignard est multiple par la diversité des domaines artistiques dans lesquels il excelle ; musique, dessin, cinéma, littérature... Le Cahier de L'Herne se propose d'explorer ces différentes facettes en retraçant l'itinéraire artistique de Pascal Quignard ; son parcours de musicien et ses nombreuses créations originales, ses collaborations avec compositeurs, scénaristes, musiciens et metteurs en scène dans le cadre de performances artistiques, son oeuvre littéraire tout à fait inclassable, qui oscille entre roman, essais philosophique, autobiographie, écrits historiques, poésie... Nous dévoilons par ailleurs dans ce volume, le manuscrit inédit du Petit Cupidon, plusieurs textes inédits et de nombreux dessins en couleur de Pascal Quignard.

  • Ce carnet rassemble deux textes d'Hannah Arendt sur l'affaire Adolf Eichmann qui sont suivis d'un entretien entre Karl Jaspers et Peter Wyss, et d'un article d'Alexander Mitscherlich paru dans Der Spiegel à propos du livre d'Hannah Arendt, Eichmann à Jérusalem.
    Tous les textes de ce carnet sont inédits en français.

  • Et si j'entame du texte de Lafargue était le secret du succès jamais démenti mais ambigu de ce Droit à la paresse ?

    «Une étrange folie possède les classes ouvrières des nations où règne la civilisation capitaliste. Cette folie est l'amour du travail.

    Et si Le Droit à la paresse était beaucoup plus qu'un pamphlet superbement écrit ? S'il contenait une compréhension essentielle de la transformation nécessaire et actuelle de nos sociétés à travers la nature même du travail productif ?

    Oui, la paresse est la mère de toutes les vertus, car elle est ce par quoi l'homme cherche à économiser ses forces, à surmonter ses déceptions. C'est elle qui lui fait inventer des organisations sociales, révolutionner des techniques, imaginer des cultures. Cela, toutes les idéologies de la performance, de la réussite individuelle ou du productivisme ne parviendront jamais à l'effacer.

  • Les Inséparables est un court roman inédit de Simone de Beauvoir qui évoque son grand amour de jeunesse pour son amie Zaza dont la mort tragique provoquée par les préjugés et les diktats de la société de l'époque, la hantera toute sa vie. Mais bien au-delà, Les Inséparables met en scène l'éducation sexuelle et intellectuelle de deux jeunes filles "rangées" et rebelles dans un monde qui prétend leur interdire de devenir des femmes libres et pensantes pour les cantonner à un rôle d'épouse et de mère au service de la société.
    Ce texte autobiographique évoque avec émotion et lucidité les expériences fondatrices de la révolte et de l'oeuvre de la grande philosophe féministe : son émancipation mouvementée et l'antagonisme fondamental entre les intellectuels et les bien-pensants, qui formeront le socle des Mémoires d'une jeune fille rangée.

  • Longue nouvelle, Malentendu à Moscou évoque la crise vécue par un couple vieillissant au cours d'un voyage en Union Soviétique. André et Nicole, professeurs à la retraite, rejoignent Macha, la fille d'André née d'un premier mariage, en U.R.S.S. où elle leur servira de guide et d'interprète tout au long de leur séjour, en juin 1966. Malaise et désarroi s'installent progressivement, aucun des deux époux ne trouvant à ce voyage le charme espéré. Déception politique et « malentendu » sentimental s'entrecroisent, nouant histoire individuelle et Histoire collective. Par ses qualités propres comme par la richesse des échos qu'elle entretient avec l'ensemble de l'oeuvre de Simone de Beauvoir, cette nouvelle méritait une nouvelle édition.
    La nouvelle est suivie d'un texte de Simone de Beauvoir, Portrait de Jean-Paul Sartre, qui lui fut commandé par Harper's Bazaar en 1946.

  • Si l'essentiel de l'oeuvre de Marcel Proust est déjà publié et connu, la publication de ce Cahier permet du moins, si ce n'est d'accroître nos connaissances, de maintenir cette oeuvre en vie et de lui garantir une forme d'immortalité. On trouvera dans ce volume quelques inédits et quelques lettres et poèmes mais surtout un grand nombre de documents ou témoignages peu connus, peu accessibles ou même oubliés : les cahiers de brouillon de Proust, le premier texte écrit sur Céleste Albaret, une nouvelle inconnue de Stephen Hudson qui date de 1924,...
    Les contributions originales de chercheurs incontournables comme Nathalie Mauriac-Dyer, Pyra Wise, Isabelle Serça, Mireille Naturel, Luc Fraisse, Antoine Compagnon ou Jean-Marc Quaranta, apportent un nouvel éclairage sur l'étude de l'oeuvre et des auteurs prestigieux tels Pierre Bergounioux, Gérard Macé, Jacques Réda, témoignent de ce que Proust leur a apporté. À chaque fois, Proust est différent. Cinquante masques pour un seul visage.
    Le Cahier s'attache aussi à décrire certains aspects négligés de l'oeuvre, comme les figurants analysés par Michel Schneider, le marquis de Palancy présenté par Michel Crépu, les opinions politiques de Proust au fil des années, lui qui a eu dans sa famille trois ministres, dont l'un a eu des funérailles nationales, et dont les parents étaient liés au président de la République.

  • Sociologue et philosophe majeur, Wolfgang Sofsky analysait il y a dix ans, dans son livre Verteidigung des Privaten : Eine Streitschrift, les pratiques de surveillance de notre époque, et plus encore les motivations de ceux qui les mettent en place. Il y voyait une menace réelle et immédiate contre la liberté des citoyens, y compris dans les démocraties qui semblent les plus solides.
    Ce qu'il décrivait comme des mesures d'anticipation il y a plus de dix ans, semblent devenues aujourd'hui une réalité. Dans cette nouvelle édition, où l'auteur a réécrit l'ensemble du premier chapitre et l'épilogue, il analyse brillamment les problèmes posés par la responsabilité individuelle et la surveillance collective dans une société envahie par la collecte de données que permettent les avancées technologiques. Dans un dernier chapitre, il s'interroge avec prudence sur la manière dont l'épidémie de covid a influé la surveillance exercée par l'État.

  • L'originalité de l'oeuvre de Jean Malaurie s'appuie sur sa double nature d'écrivain et de scientifique de très haut niveau. Il est sans aucun doute le meilleur spécialiste et l'écrivain français le plus lu sur l'Arctique. Auteur du récit Les Derniers Rois de Thulé (1955), Jean Malaurie est par ailleurs le fondateur et directeur jusqu'à une date très récente de la prestigieuse collection "Terre Humaine" (aux éditions Plon), l'un des fleurons de l'édition française avec des titres aussi importants que Les Derniers Rois de Thulé, Tristes Tropiques de Claude Lévi-Strauss ou encore Le Cheval d'Orgueil de Per-Jakez Hélias.
    Ce Cahier souhaite mieux faire connaître, au-delà du cercle étroit des spécialistes, l'oeuvre monumentale de Jean Malaurie, qui se développe sur plus de soixante-dix ans, en soulignant la diversité d'un travail pluridisciplinaire. Dans ce volume, géographes, philosophes, ethnographes, anthropologues et écrivains multiplient les éclairages, tentant de mettre en évidence les différentes facettes d'une vie qui s'est voulue engagée et libre de toute appartenance idéologique et les problématiques d'une oeuvre protéiforme et passionnée.
    A côté de ces auteurs, des textes et documents inédits ou rares de Jean Malaurie (extrait du récit de voyage Hoggar, un texte sur son père, extrait de la correspondance avec Lévi-Strauss, lettres aux auteurs de la collection "Terre Humaine" , échanges épistolaires avec ses correspondants groenlandais et inuit, extraits des carnets de terrain abondamment illustrés) soulignent l'oeuvre du géomorphologue et de l'anthropologue, qui a contribué à renouveler le regard que nous portons sur les peuples premiers et les civilisations traditionnelles.
    Ce Cahier sera aussi l'occasion de découvrir, à travers un inédit, un aspect peu connu de l'auteur qui se révèle être un magnifique et bouleversant pastelliste.

  • Parlant de sa ville natale, Christian Bobin fait exploser toutes les notions tristes d'appartenance, de racines, voire d'identité. Il dessine ses rues, ses maisons préférées, le ciel qui roule au-dessus et contracte le tout dans le dessin d'une feuille d'automne, ou la minuscule cathédrale d'un flocon de neige. Celui qui était réputé immobile, plus sédentaire qu'un arbre, se révèle en vérité habitant de tous les mondes, vagabond de tous les ciels.

  • La maîtrise de soi par l'autosuggestion consciente, méthode imaginée par un célèbre pharmacien, fut publiée pour la première fois en 1905.

  • L'histoire nous transporte en octobre 1799 sur les bords du Rhin. Deux jeunes chirurgiens militaires français, originaires de Beauvais, rejoignent leur brigade. L'un s'appelle Prosper Magnan ; Hermann a oublié le nom du second, qu'il nommera Wilhem. Ils s'arrêtent dans une auberge « entièrement peinte au rouge ». L'aubergiste leur cède sa chambre : toutes les autres sont occupées. Débarque un voyageur, porteur d'une lourde valise, pleine d'argent. C'est un riche négociant, fort affable. Les jeunes gens l'invitent à leur table et lui offrent de partager leur chambre. Troublé par la présence de cette fortune, Prosper ne parvient pas à s'endormir : des rêves éveillés l'agitent et le plongent dans un scénario de crime parfait.
    Effrayé, il se précipite au dehors, arpente fébrilement la campagne et reprenant ses esprits, rentre à l'auberge et s'endort.
    Au matin, réveillé par le vacarme qui règne dans l'auberge, il découvre le négociant mort, gisant dans une mare de sang à côté de son instrument de chirurgie...

  • La Grève des électeurs est le titre d'une chronique, d'inspiration clairement anarchiste, de l'écrivain français Octave Mirbeau, parue le 28 novembre 1888 dans Le Figaro. Comme tous les anarchistes, Mirbeau ne voit dans le suffrage universel et le recours à des élections qu'une duperie par laquelle les dominants obtiennent à bon compte l'assentiment de ceux-là mêmes qu'ils oppriment et exploitent.

    S'adressant à l'électeur moyen, « ce bipède pensant, doué d'une volonté, à ce qu'on prétend, et qui s'en va, fier de son droit, assuré qu'il accomplit un devoir, déposer dans une boîte électorale quelconque un quelconque bulletin », il s'emploie donc à démystifier, discréditer et délégitimer le prétendu droit de vote, «grâce» auquel les opprimés, dûment aliénés et abêtis, choisissent «librement» leurs propres prédateurs : « Les moutons vont à l'abattoir. Ils ne se disent rien, eux, et ils n'espèrent rien. Mais du moins ils ne votent pas pour le boucher qui les tuera, et pour le bourgeois qui les mangera. Plus bête que les bêtes, plus moutonnier que les moutons, l'électeur nomme son boucher et choisit son bourgeois. » Au lieu d'assumer sa liberté, l'électeur, cet « inexprimable imbécile », ne fait en réalité que se choisir un maître, qui l'éblouit de promesses impossibles à tenir et qui n'a pas le moindre souci des intérêts des larges masses : il participe, ce faisant, à son propre asservissement. Mirbeau appelle donc les électeurs à faire la grève des urnes et à se comporter, non en moutons grégaires, mais en citoyens lucides.

  • " l'objet de ce livre est une illusion exprimée par schopenhauer, dans cette formule que pour saisir l'essence de l'histoire il suffit de comparer hérodote et la presse du matin.
    C'est là l'expression de la sensation de vertige caractéristique pour la conception que le siècle dernier se faisait de l'histoire. elle correspond à un point de vue qui compose le cours du monde d'une série illimitée de faits figés sous forme de choses. le résidu caractéristique de cette conception est ce qu'on a appelé " l'histoire de la civilisation ", qui fait l'inventaire des formes de vie et des créations de l'humanité point par point.
    [...] notre enquête se propose de montrer comment par suite de cette représentation chosiste de la civilisation, les formes de vie nouvelle et les nouvelles créations à base économique et technique que nous devons au siècle dernier entrent dans l'univers d'une fantasmagorie. " w. b.

  • Sous le titre général "Morale du joujou" sont rassemblés quatre textes de Charles Baudelaire. Des écrits de jeunesse et de maturité, où perce déjà son génie, en même temps que son style s'aiguise et que se précisent ses conceptions esthétiques novatrices et polémiques. Qu'il s'agisse de l'amour ou de la littérature, l'auteur s'emploie à dénoncer l'idolâtrie de la nature, à dissocier la beauté de la morale.
    Deux longues lettres sont reproduites in fine : la première (datée de janvier 1854), adressée à l'acteur J. H. Tisserant, évoque un projet de pièce de théâtre assez fantasque où se mêlent le drame bourgeois et la comédie policière (qui n'est pas sans évoquer le poème "Le Vin des assassins"). La seconde (datée de mars 1856) rend compte d'un rêve à Charles Asselineau, critique d'art, fidèle ami de l'auteur, dont il écrira la première biographie, qui paraîtra en 1869, deux ans après la mort du poète : Charles Baudelaire, sa vie et son oeuvre.

  • On croit connaître Thomas Bernhard : romancier, dramaturge, imprécateur, immense écrivain du refus, du « contre ». Mais depuis sa mort en février 1989, de nouvelles approches de l'homme et de l'oeuvre se sont ouvertes grâce aux archives, et à l'édition des oeuvres complètes, contenant non seulement l'oeuvre en prose et le théâtre, mais aussi les premiers textes journalistiques, les poèmes et les entretiens. S'y ajoute la publication de la correspondance avec son éditeur S. Unseld, directeur de la maison Suhrkamp, qui révèle l'épistolier Bernhard. Tout ce corpus confirme que le rayonnement de son écriture et de sa posture n'a cessé de croître. La publication de ce Cahier, offre la possibilité d'explorer ces nouvelles pistes, d'éclairer la genèse de cette écriture et de prendre la mesure de son importance dans le monde actuel.

  • Comment on paye ses dettes quand on a du génie rassemble deux textes de Baudelaire, encore jeune littérateur. Le premier de ces textes, qui donne son nom au recueil, est un exercice de jeunesse qui laisse apercevoir le grand talent de l'auteur, sous l'influence d'un Maître : Balzac, que Baudelaire admirait et qui, endetté jusqu'au cou, passa sa vie de forçat littéraire à fuir les créanciers. Le second texte est une parabole humoristique - grandeur et misère de l'écrivain en herbe - dont l'incipit donne le ton : "L'anecdote suivante m'a été contée avec prières de n'en parler à personne ; c'est pour cela que je veux la raconter à tout le monde".
    Un choix de lettres est proposé en annexe : toutes ont trait aux déboires du jeune Baudelaire en butte à la débine et qui ne cesse de solliciter les uns et les autres (en particulier de la "Société des gens de lettres") pour se sortir de ses problèmes continus d'argent.

  • Des cannibales

    Michel de Montaigne

    • L'herne
    • 23 Septembre 2015

    Ce texte est l'occasion d'une réflexion particulièrement éclairée sur la relativité des moeurs et des coutumes : « Chacun appelle barbarie ce qui n'est pas de son usage. » Il s'agit de la première dénonciation, aussi explicite, de ce qu'il est convenu d'appeler aujourd'hui « ethnocentrisme », cette tendance spontanée de l'esprit humain à juger les autres cultures (et leurs normes) à partir de la sienne propre, érigée en absolu.

  • Cranford

    Elizabeth Gaskell

    • L'herne
    • 3 Décembre 2009

    Que croyez-vous, Miss Matty, je vous le donne en mille ? Que croyez-vous ? Lady Glenmire va se marier - se remarier, pour être exacte - Lady Glenmire - Mr Hoggins - oui, Mr Hoggins va épouser Lady Glenmire ! - Se marier ! Se remarier ! nous écriâmes-nous.
    Quelle folie ! - Figurez-vous que je me suis écriée : Se marier ! comme vous le faites ; et que j'ai ajouté : " Mais ma parole, Milady va se couvrir de ridicule ! " J'aurais pu dire, moi aussi : " Quelle folie ! " mais je me suis maîtrisée, car j'étais dans une boutique, lorsque j'ai appris la nouvelle. Vraiment, on se demande où est passée la retenue de notre sexe ! Vous et moi, Miss Matty, nous aurions été bien honteuses de savoir que l'on parlait de notre mariage chez l'épicier, en présence du personnel !

  • À sa mort en 1870, Alexandre Dumas est l'un des écrivains les plus célèbres de son siècle. Cent-cinquante ans après, sa gloire n'a pas terni et ses oeuvres, traduites dans le monde entier, font de lui l'un des auteurs français les plus lus. Menant tambour battant une existence digne d'un roman, Alexandre Dumas appartient à la génération romantique qui rêva de changer le monde. Ses voyages, sa correspondance, ses échanges avec les artistes de son temps témoignent d'une énergie hors normes. Pour Dumas, la création littéraire est d'abord animée par sa passion pour le théâtre, bientôt suivie d'un engouement pour le genre romanesque, où il excelle. Maître du suspens et des rebondissements, Dumas porte aussi un regard critique sur son oeuvre et reste jusqu'à la fin fidèle au romantisme de sa jeunesse.
    Ce cahier consacré à Dumas invite à lire des inédits et des textes rares de l'auteur. Écrivains et chercheurs apportent également leur regard sur une oeuvre qu'on ne finit pas de redécouvrir, et dont l'originalité tient tout ensemble à son caractère novateur, savant et accessible. Histoire, imagination, critique littéraire, stratégies auctoriales, tempérament d'artiste : tous ces aspects de la création dumasienne sont abordés dans ce cahier par les amateurs et les spécialistes de Dumas l'enchanteur.

  • Comment on meurt

    Emile Zola

    • L'herne
    • 2 Novembre 2011

    Le convoi entre dans le cimetière Montparnasse.
    Il faut aller tout au bout, la sépulture des Verteuil est au fond, à gauche : un grand tombeau de marbre blanc, une sorte de chapelle, très ornée de sculptures. On pose le cercueil devant la porte de cette chapelle, et les discours commencent. Il y en a quatre.[...] Pendant ce temps, les assistants s'intéressent aux tombes voisines, lisent des inscriptions sur les plaques de marbre. Ceux qui tendent l'oreille, attrapent seulement des mots.
    Un vieillard, aux lèvres pincées, après avoir saisi ce bout de phrase : "Les qualités du coeur, la générosité et la bonté des grands caractères... ", hoche le menton, en murmurant : Ah bien ! Oui, je l'ai connu, c'était un chien fini... Avant-propos de François L'Yvonnet.

  • Face à ce qui nous arrive, dénoncer ne suffit plus. Il faut défaire l'obédience qui fait le lit de l'apathie ambiante, autrement dit dé-coïncider. L'artiste dé-coïncide de l'art de son temps. Ou bien penser, c'est dé-coïncider du déjà pensé. Dé-coïncider de soi-même n'est-il pas au principe de l'éthique ? Pourquoi le concept de dé-coïncidence ne serait-il pas aussi porteur d'un engagement politique ? Pour rouvrir des possibles en France, qui s'est tellement rétractée.
    Pour engager une "seconde vie" de l'Europe... Une Association s'est créée sous ce titre, non en slogan, mais en tension : association.decoincidences@gmail.com J'y présente ces propositions. Elles en appellent d'autres. F.J.

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