Revue 303

  • La bande dessinée vit, depuis vingt-cinq ans, un nouvel âge d'or. Après une enfance dorée qui l'installa au coeur des cultures populaires, une adolescence provocatrice qui fit la part belle aux expérimentations et aux rencontres avec les autres contre-cultures, le 9e art a fait sa mue, offrant aujourd'hui des oeuvres qui comptent parmi les productions artistiques les plus remarquables.
    Le cinéma, l'art contemporain et le spectacle vivant ne s'y sont pas trompés, multipliant les déclarations enflammées à une pratique longtemps décriée, soumise aux pires clichés réducteurs et infantilisants.
    Ce numéro est ainsi à la fois un plaidoyer pour une bande dessinée libérée - particulièrement dynamique dans les Pays de la Loire - et un écrin dédié, croisant portraits, créations originales, essais, photographies, bibliographie et entretiens, assortis d'une riche iconographie et d'une bonne dose d'amour de la part de tous les contributeurs de ce numéro exceptionnel.
    Néophyte, lecteur « classique » ou averti : chacun trouvera de quoi nourrir et satisfaire sa curiosité, son plaisir... Et sa fierté d'avoir connu ce nouvel âge d'or !

  • Ils s'appellent Rousseau, Brisset, Jarry, Savardan, Fourré ou Bouillault. On les croit employés, fonctionnaires, naturalistes, médecins, militaires ou savetiers ; ils sont en réalité des chercheurs d'absolu : peintres, musiciens, poètes ou romanciers, sculpteurs. La main aussi agile que l'esprit, ils poursuivent parfois en solitaires une quête incomprise, réinventant l'homme et son rapport au monde. Toujours indifférents aux sarcasmes des classicismes ou des avant-gardes. "Eux ce sont les sauvages" chantait Jean Richepin par la voix de Brassens, "des assoiffés d'azur, des poètes, des fous." Des fous : le mot est lâché. Au nom du bon sens - qui autorise tant de sottises - les "doctes" les ont exclus. Trop différents. Quelques-uns, pourtant, ont trouvé l'entrée des musées, des théâtres et des bibliothèques. 303 vous emmène à la découverte de créateurs singuliers des Pays de la Loire et des personnages issus de leur imagination, choisis pour leur goût de la provocation, leur indifférence aux normes de la vie sociale ou de la création artistique.

  • En présence de Daguerre, le 19 août 1839, à l'Institut de France, Arago proclame l'acte de naissance de la photographie. En plus d'un siècle et demi...› Lire la suite d'existence, l'invasion des images dans notre vie quotidienne révèle l'ampleur du chemin parcouru par le médium, des premiers procédés au numérique. Comme dans un album de photographies, 303 propose une sélection de photographies conservées dans les collections privées et publiques. Cet ouvrage est une exploration au coeur de la photographie qui provoque désir ou répulsion ; une réflexion sur la proximité que nous entretenons avec elle. Ce numéro réunit des contributions de chercheurs, conservateurs et spécialistes de la photographie sur un monde d'images qui nous racontent des histoires de vie et de société à travers le filtre du portrait, de l'architecture, de l'industrie, de l'art et des artistes, des photographes, etc. Des pratiques des amateures aux professionnelles, de quoi s'interroger sur la photographie et ce que véhiculent les images, et par leur entremise : la source de plaisir qu'elles nous inspirent.

  • En 2015, le Ministère de la culture acquiert une tapisserie exceptionnelle qui réapparaît sur le marché. Elle représente Saint Jean-Baptiste devant les prêtres et les lévites. Cette pièce d'un grand intérêt vient compléter une tapisserie déjà conservée dans le décor de la cathédrale d'Angers montrant deux autres épisodes de la vie de saint Jean-Baptiste :
    L'Annonce à Zacharie et la Visitation.
    Ces deux oeuvres font partie de la même tenture, ainsi qu'une tapisserie conservée à la Burrell Collection de Glasgow (Saint Jean-Baptiste s'adressant à la foule) et une quatrième qui n'est pas localisée à ce jour. Suite à son acquisition, Saint Jean-Baptiste devant les prêtres et les lévites fait l'objet d'une restauration.
    D'autres tapisseries du trésor sur le même sujet, datées des XVIIe et XVIIIe siècles viennent enrichir le propos, replacer cette tenture dans un contexte plus large et témoigner de l'évolution de l'iconographie de saint Jean-Baptiste au fil des siècles.
    Cet ouvrage revient sur les représentations de saint Jean- Baptiste dans l'histoire de l'art notamment à travers la collection du trésor de la cathédrale d'Angers et présente une étude de la Tenture de saint Jean-Baptiste, créée en 1516 pour l'église Saint-Jean-Baptiste d'Angers, dont deux tapisseries sont désormais réunies.

  • Du simple bol de soupe au véritable festin, ce qui se sert à table a toujours réjoui le coeur de l'homme.
    Pour parfaire son plaisir, il a ajouté des épices, inventé la fourchette, diversifié les cuissons, imprimé des livres de cuisine, ouvert des restaurants et comparé leurs qualités.
    Autour du beurre, autour du sucre, se sont livrées d'historiques querelles ; cuisine des villes et cuisine de champs, traditions et saveurs exotiques rivalisent au nom du goût, de la morale.
    A la question " quel genre de cuisine mange-t-on chez vous ? ", 39% des français répondent en termes culturels et identitaires (" cuisine traditionnelle, française, provençale...) et 31% en termes culinaires (" bons petits plats, cuisine en sauce..."), contre seulement 14% en termes nutritionnels.
    Des résultats surprenants ? Assurément non, du moins pour un pays comme la France, où deux siècles de discours et de représentations de la cuisine sont envahis par des éléments identitaires.
    Pourtant manger reste une fête et continuent de faire scintiller les rêves du gastronome...

  • Notre société n'est peut-être pas aussi coupée du monde du vivant qu'il n'y paraît au premier abord : le jardinage, même à l'échelle d'un balcon, est l'un...› Lire la suite de nos loisirs favoris, et l'animal est partout. On le retrouve en effet dans le décor architectural, devenu console, gargouille, motif décoratif ou héraldique, dans nombre d'expressions courantes (" manger comme un cochon ", " être bête comme une oie ", " faire l'âne pour avoir du son ") et jusque dans nos assiettes, à la fois témoin et victime d'une étrange schizophrénie : le manger, oui, mais à condition d'occulter suffisamment les réalités souvent sordides de l'élevage industriel... Animal de compagnie, animal de boucherie, animal mythique, modèle ou repoussoir, figure de nos pulsions les plus inavouables : le statut de l'animal, qu'il soit licorne, lion, loup-garou ou simple volaille, est donc pour le moins complexe. L'art contemporain en est pleinement conscient et nous met, de façon souvent poétique mais parfois beaucoup plus crue, face à une question troublante : sommes-nous si différents de nos " frères inférieurs " ? De l'héraldique à la littérature, de l'architecture à la philosophie, ce numéro de 303 propose de multiples regards qui s'attachent à décrypter le rôle essentiel que joue l'animal, réel ou rêvé, dans nos mentalités.

  • Brèves de collection offre un panorama inédit de la collection du Musée de La Roche-sur-Yon. Créé au cours de la seconde moitié du XIXe siècle, quelques années seulement après la fondation de la ville par Napoléon Ier le musée est riche d'une collection constituée autour de trois domaines de prédilection : la peinture et les arts graphiques depuis le XIXe siècle, et la photographie contemporaine. La collection comporte des grands noms, tels Paul Baudry (1828-1886), peintre originaire de La Roche-sur-Yon qui connut une grande renommée sous le Second Empire (notamment pour ses décors de l'Opéra Garnier à Paris), et Benjamin Rabier (1864-1939), autre enfant du pays, et célèbre illustrateur, auteur entre autres de la « Vache qui rit » et du canard Gédéon. Ce petit guide richement illustré au graphisme soigné permet de découvrir cette collection de façon inédite et de parcourir les grands ensembles qui la composent : beaux-arts, arts graphiques, art contemporain, archéologie et numismatique. Des éclairages spécifiques sont consacrés aux artistes Paul Baudry, Benjamin Rabier et à la collection d'estampes japonaises restaurées en 2012.

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