Zoe

  • J'ai saigné

    Blaise Cendrars

    Avec J'ai saigné, chronique du recueil La Vie dangereuse, Cendrars attire son lecteur en 1915, dix jours après son amputation du bras droit, lorsqu'il est évacué vers l'arrière. Survivant à l'horreur de la mutilation, le jeune homme blessé n'est plus qu' « un pauvre vieux » : sa vie lui a filé entre les doigts, mais il veut survivre. En 1938, alors que le carnage est prêt à recommencer, le poète témoigne de sa guerre, de sa peur de mourir et, de fait, de son humanité.

  • La panne

    Friedrich Dürrenmatt

    L'histoire a l'évidence des grandes paraboles. Un voyageur de commerce tombe en panne. Comme le seul hôtel du village affiche complet, on lui suggère de loger chez un particulier. Dans cette villa d'apparence banale, quelques vieux messieurs se réunissent pour pratiquer un jeu : la justice. Il y a là un juge, un procureur, un avocat et même un bourreau, tous à la retraite. Ils proposent à Alfredo Traps, leur hôte d'un soir, d'endosser le rôle de l'accusé. Grisé par la bonne humeur ambiante et par le repas joyeusement arrosé, le visiteur se laisse alors entraîner dans un engrenage redoutable.
    Le destin d'Alfredo Traps a tellement occupé Dürrenmatt qu'il l'a traité sous trois formes : un récit, un texte théâtral et une oeuvre radiophonique. C'est cette dernière version qui est ici publiée pour la première fois en français.

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  • Adieu / requiem

    Gustave Roud

    Le poète Gustave Roud (1897-1976) a passé toute sa vie à Carrouge, dans le canton de Vaud. L' "ancien monde paysan", les paysages du Jorat constituent la matière poétique de son oeuvre. Deux de ses recueils pourtant - le premier, Adieu (1927), et l'avant-dernier, Requiem (1967) - sont moins une salutation du monde qu'un appel adressé aux êtres chers. Dans Adieu, c'est Aimé, le "frère vivant", qui est interpellé, puis abandonné. Dans Requiem, le poète dédie à sa mère morte un chant qui lui permet d'accéder au "seuil des retrouvailles".

  • "Pacoter : marcher dans le pacot (sorte de boue), patiauquer :
    Marcher dans la patiauque (autre sorte de boue, un peu plus gluante)...
    Le pacot et la patiauque sont à distinguer du diot, boue argileuse, de la ouafe, boue de neige fondue." Valère Novarina travaille les langues qui l'habitent, les met en scène, les compare, les déploie dans leurs contextes, leurs parentés, leurs timbres, leurs souffles, leurs accents, leurs rythmes. Dans Une langue inconnue, le patois savoyard avec toutes ses nuances et le hongrois chantant pour Valère enfant sont des langues en mouvement.

  • Beauregard

    Philippe Jaccottet

    Beauregard est une invitation à nous promener, non comme des amateurs de sites ou de curiosités, mais en passants et en rêveurs, attentifs aux harmonies du ciel et de la terre, aux données du matin, ou du soir quant " le vert des prairies et des forêts devient comme de l'encre ou presque.
    ".

  • " J'ai rencontré Ella Maillart en 1952 pour lui demander des avis sur la route Genève-Madras qu'elle avait faite à deux reprises et que nous comptions, un ami et moi, emprunter.
    Ses conseils furent d'une sobriété toute britannique : "Partout où des hommes vivent, un voyageur peut vivre aussi..." " Ce petit livre présente vingt photos parmi les plus surprenantes de la célèbre voyageuse (1903-1997), et le plus beau portrait qui fut écrit sur elle, celui de Nicolas Bouvier.

  • Porcelaine

    Robert Walser

    Les brèves scènes dramatiques qui ont marqué les débuts et la fin de la carrière de robert walser (1878-1956), retrouvées, pour certaines, dans les célèbres microgrammes, sont à lire autant qu'à jouer.
    Comme un mobile, le moindre souffle suffit à faire bouger le délicat filigrane de ces dialogues. tout walser est là, dans cette théâtralité du langage, dans cette rhétorique précise, tour à tour grandiloquente et joyeusement contradictoire, et surtout, dans ces duels acérés entre des personnages assujettis à des rapports de force subtils et impitoyables.

  • Cendrillon

    Robert Walser


    cette étonnante variation sur le thème de cendrillon paraît en juillet 1901 à munich.
    l'auteur vient de fêter ses vingt-trois ans. l'une des ambitions des poètes de sa génération est de saper l'illusionnisme du théâtre naturaliste. c'est dans ce contexte qu'il faut situer l'originalité et l'audace raffinée de cendrillon. jouant sur le fait que les lecteurs et les personnages eux-mêmes connaissent l'heureuse issue de l'histoire, le drame suspend l'action au beau milieu du conte, dilate l'instant oú cendrillon éprouve que son destin va basculer, grevant d'ambiguïté le dénouement attendu.


  • Les brèves scènes dramatiques qui ont marqué les débuts et la fin de la carrière de robert walser (1878-1956), retrouvées, pour certaines, dans les célèbres microgrammes, sont à lire autant qu'à jouer.
    Comme un mobile, le moindre souffle suffit à faire bouger le délicat filigrane de ces dialogues. tout walser est là, dans cette théâtralité du langage, dans cette rhétorique précise, tour à tour grandiloquente et joyeusement contradictoire, et surtout, dans ces duels acérés entre des personnages assujettis à des rapports de force subtils et impitoyables.

  • Nicolas bouvier raconte l'ascension d'un volcan, le halla san, sur l'île coréenne de chedju.
    A travers cette longue randonnée, la corée, les vicissitudes de son histoire, sa culture sont restituées dans ce qu'elles ont de plus vivant.

  • Lecteur presque omnivore, Robert Walser était séduit par le roman populaire, ses ficelles et ses maîtres, Stendhal, Balzac, Sue et Dumas. Sans être vraiment bilingue, mais ayant grandi à la frontière des langues, il les lisait en français. Plusieurs proses écrites à Berne à la fin des années 1920 s'inspirent de petits romans à l'eau de rose parus sous couverture illustrée. Walser lit assidûment ces brochures à deux sous, écrites et produites en série (collection « Le Petit Livre », chez Ferenczi): il s'interroge, résume, parodie, s'approprie leurs intrigues et se délecte de la moralité ambiguë de ces récits aux titres suggestifs. Ce Minizoé présente et commente trois de ces proses, dont l'une est inspirée par « Le Semeur de larmes », un roman signé Sim, un pseudonyme de Georges Simenon.

  • Ce minizoé rend hommage à deux pionniers des études walsériennes en français : tout d'abord nicole pelletier, germaniste à bordeaux, dont nous reproduisons une conférence récente.
    Son texte, synthèse d'une longue fréquentation de l'oeuvre, est comme une boussole pour aborder le continent walser. michel dentan, l'un des premiers lecteurs de walser en suisse romande, publie en 1962 " robert walser ou l'existence provisoire ", un essai oú il discerne, déjà, la singularité de l'écrivain, avec une netteté stupéfiante.

  • Où es-tu Mathias ?

    Agota Kristof

    Où es-tu Mathias ? et Line, le temps convoquent les obsessions d'Agota Kristof : l'enfance et sa terrifiante clairvoyance, le désespoir intégral de la vie, la tromperie des mots, la dilution du temps, mais aussi l'humour et le rêve.

    Sandor, le héros de Où es-tu Mathias ? nous entraine dans le dédale d'incertitudes que connaissent bien les lecteurs d'Agota Kristof. Plus légère, plus cocasse, Line, l'héroïne d'un court texte pour la scène, est une jeune fille amoureuse comme plus jamais elle ne le sera adulte.

  • Le 5 mai 2010, Jean Starobinski reçoit le Prix de la Fondation pour Genève.
    Il prononce à cette occasion un discours d'une beauté poétique lumineuse, où il livre ce qui est peut-être la plus belle définition de la littérature : "L'attention prioritaire donnée à l'expérience humaine, dans sa diversité et ses contradictions. Le souci de trouver le sens de ce qui advient autour de soi". Pierre Nora dit de Jean Starobinski, dans son éloge reproduit dans ce petit livre en guise de postface, qu'il est "le plus grand critique aujourd'hui vivant".

  • Le texte Histoires du tatou est composé de quinze fragments formant un long poème narratif. Le lecteur suit un tatou qui remonte vers le Nord, alors que tous les animaux descendent chercher la chaleur du sud. Le tatou fait des rencontres, rêve, philosophe, lit Cervantès. L'apparente ingénuité du propos révèle une poétique du partage et de la résistance. Elle peut être perçue comme une métaphore de la poésie elle-même, de la lutte du poète pour résister aux dérives politiques et économiques contemporaines, à ce qui menace toujours davantage la liberté créatrice.

  • Berlin, l'éternel faubourg est le principal des trois récits contenus dans ce petit livre. Il pourrait constituer une réponse, en pied de nez, aux critiques littéraires ayant exprimé leur désir de lire enfin le roman du siècle sur Berlin. Car si ce texte concerne bien cette ville, il le fait avec une irrévérente légèreté, et glisse, l'air de rien, sur les sujets sensibles de l'actualité berlinoise.
    Le portrait de Berlin par Matthias Zschokke est teinté d'une mélancolique espiéglerie.

  • Fin d'été 1871 : Henri-Frédéric Amiel passe ses vacances à Chernex, au-dessus de Montreux. Le professeur genevois n'en interrompt pas pour autant son activité de diariste, relatant son quotidien au sein de la petite société des résidents de la pension Dufour. Les extraits choisis ici sont emblématiques de l'ensemble de son oeuvre gigantesque. Anecdotes, citations, poèmes, réflexions plus générale, attention à sa santé, lettres et même notes de cours : autant d'éléments qui stimulent sa pensée et le font réagir.
    La compagnie avant tout féminine donne au diariste l'occasion de réfléchir aux relations entre les sexes, à ses propres contradictions, au monde.

  • Véritable manifeste et invitation au voyage, ce livre rend compte de l'appel de l'ailleurs que le narrateur, né dans une famille paysanne, a perçu dès son plus jeune âge.
    Au fil de son enfance, il ressent le besoin croissant de partir, tandis que troupeaux, fermes et champs le convainquent qu'il n'est pas fait pour ce monde immobile.
    Plus tard, parti sur les routes du monde, il délivre une véritable ode au mouvement, dépeignant les sensations éprouvées dans des contrées lointaines, décrivant, plus que les gens, les ambiances rencontrées au fil d'une vie vouée au voyage.
    Ici, le désir d'arpenter le monde se construit en repoussoir aux origines laissées derrière soi, aux « maisons » dans lesquelles nul ne devrait rester pour attendre la mort.

  • Le chrysanthème

    Robert Pinget

    Ce court texte raconte la rencontre de Dieudonné et de Théodore au cimetière et leur séjour dans ce lieu. Dieudonné, l'écrivain est face à ses angoisses et défauts, Théodore est vampirisé par lui et lui permet d'exister. Sarcastique, mélancolique, énigmatique et limpide, Le Chrysanthème contient le meilleur de ce qu'écrit Robert Pinget lorsque son encre est bien noire et que le texte, qui oscille ici entre le récit et la pièce radiophonique, se résout finalement en poème. C'est un texte sur l'écriture et la condition d'écrivain.

  • Résolument moderne, ce texte résonne de manière saisissante avec notre époque.
    Rodolphe Töp er y scande les méfaits du progrès, s'indigne de son intrusion dans tous les domaines et particulièrement dans celui de l'éducation. Avec ironie, Töp er dépeint e cacement les frasques d'une époque en proie à l'amélioration du quotidien, à la nouveauté, au remplacement de l'humain par la machine. Face à cet engouement pour le progrès, il défend un mode de vie qui serait encore apte à accorder de l'importance au temps, au travail. Avec plus d'un siècle d'avance, c'est de nos modes de vie frénétiques dont il parle, de notre insatisfaction permanente, que nous tentons de combler par la consommation de bien et de paysage.

  • Dans ce texte libre et renversant, la montagne et la plaine, le réel et le fantastique, les inquiétantes hauteurs et la plaine étale, rassurante et stable, l'homme et le chien, le vivant et le mort se répondent, se complètent et échangent leurs voix.
    Monter et descendre représentent, dans l'oeuvre de Cingria (1883-1954), la fusion jubilatoire des contraires, l'extraordinaire équilibre de l'univers, tout ce qui sonne juste, tout ce qui est, comme la montagne, joyau du monde.

  • Jean Starobinski (1920), professeur et critique de renommée internationale, a tenu, au temps de ses études, la chronique de la poésie française en période de guerre.
    En 1942, il collabore à la revue Suisse contemporaine, y apportant un ton nouveau. Jean Starobinski a consacré son attention à de grandes oeuvres souvent publiées en Suisse : Aragon, Pierre Emmanuel, Pierre Jean Jouve, St-John Perse, Claudel, André Frénaud. Cet épisode essentiel de l'histoire littéraire a été consigné avec soin par un jeune lecteur sensible, qui deviendra ce que l'on sait. Les textes sélectionnés ici, jamais réédités, sont donc historiques dans leurs circonstances et leur portée.

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