• « C'est là que m'est arrivée cette chose qu'il serait dommage de ne pas vous raconter. Après tout, je peux mourir à n'importe quel moment, un vaisseau capillaire qui se rompt dans le cerveau, ou le coeur, et personne d'autre que moi, j'en suis sûr, ne pourra jamais vivre une chose pareille. ».
    Dans ce choix de nouvelles, Deszö Kosztolányi met en scène son propre double, Kornél Esti. Avec un humour pince-sans-rire teinté d'un certain pessimisme, il raconte le Budapest des années 1920 et, plus généralement, le monde qui l'entoure. On retrouve le ton savoureux du grand écrivain hongrois dans ces courtes histoires fantaisistes, faites de dérision, d'absurde et d'un regard déroutant sur le réel.

  • Anna la douce

    Dezsö Kosztolányi

    Budapest. Juillet 1919. Les « Rouges » de Béla Kun ont perdu. Une ère nouvelle débute pour la bourgeoisie. Seule Mme Vizy, la femme du haut fonctionnaire Kornél Vizy, est obsédée par tout autre chose : Anna, la bonne promise par le concierge, viendra-t-elle ? Enfin Anna paraît :

    « Alors commença pour eux une existence idyllique dont ils sentaient en permanence le goût dans la bouche. Non, ils n'étaient pas victimes d'un mirage surpassant leur imagination. L'impossible s'était réalisé ; ils avaient mis la main sur la bonne, la vraie, celle dont ils avaient rêvé. » Pourtant, la bonne idéale, la domestique inégalée que tout le quartier Krisztina envie aux Vizy, assassinera ses maîtres au cours d'une nuit, transperçant leurs corps de neuf coups de couteau.

    Pourquoi ? La meurtrière elle-même ne saura répondre à la question. Le procès n'apportera aucune réponse. Kosztolányi, dont on a dit qu'il était le plus grand écrivain hongrois du XXe siècle, nous laisse seuls juges de l'acte d'Anna, Anna la bonne, Anna la douce

  • « Il est des livres qu'on sirote sans se presser, en modérant volontairement les signes d'impatience de l'index qui froisse les pages, comme si on voulait en préserver le parfum le plus longtemps possible. Le Traducteur cleptomane a le bonheur de faire partie de ces ouvrages-là. » Le Journal de Charleroi (Belgique).
    « L'humour de Kosztolányi fait des ravages dans ces récits tranchants comme des rasoirs : l'avant-dernier, qui raconte les tribulations d'un chapeau melon, est un petit chef-d'oeuvre de dérision chaplinesque. Kafka chez Ubu... » - André Clavel, L'Événement du jeudi « Ne mourez pas avant d'avoir lu ces nouvelles ! » - Florence Lorrain, Librairie Atout-Livre (Paris XII)

  • Un recueil de textes inédits sur Venise par l'auteur de Kornel Esti. En une série de vignettes, souvenirs, portraits et rêveries de personnages divers, il livre une vision décalée de la Sérénissime par des arpenteurs tous d'origine étrangère. Une vision originale, cosmopolite, de la Cité des Doges, dans la lignée des écrits du grand auteur hongrois.

  • Une sélection de nouvelles inédites retraçant l'évolution de l'écriture du grand écrivain et donnant à voir différentes facettes de la production de ce maître de la forme courte. Les nouvelles présentées ici - Le Trompettiste tchèque, Le Ballon s'envole, La Famille des menteurs, La Viennoise, Le Fils de l'astronome. - sont centrées sur la première partie de sa vie littéraire, période sous influence russe et allemande souvent imprégnée de la tonalité des contes, où l'on perçoit toutefois déjà l'obsession de la mort qui traversera l'oeuvre de l'auteur. Ainsi, un poète dont le fils, rabougri et indifférent à tout, se voit prescrire des ballons colorés comme des oiseaux de printemps par un psychiatre au passé douteux, son seul espoir ne reposant plus que dans ce méthane plus léger même que l'air ; tandis que dans une autre nouvelle un Homère des temps modernes improvisé journaliste et bientôt converti aux usages du métier - ordres sèchement proférés au typographe, formules toutes faites répétées à foison, révélation éhontée de tous les secrets de coulisses - oublie qu'il a un jour caressé le rêve d'être un poète grandiose.

  • Dans Kornél Esti, on suivait avec délectation les tribulations fantasques de celui qui n'est autre que le double de l'auteur. Pour cet ouvrage, Dezso Kosztolanyi avait écrit un nombre de textes si important qu'il n'avait pu tous les inclure dans un seul volume. Ces nouvelles aventures, loin d'être mineures, nous permettent de découvrir la suite de ses aventures et de renouer avec l'esprit inimitable de Kornél Esti.

  • Alouette

    Dezsö Kosztolányi

    Alouette doit partir une semaine à la campagne ! Ses vieux parents achèvent amoureusement la valise. Comment vont-ils survivre à une si longue absence ? Quand Alouette paraît, le sourire se fige. Elle a trente-cinq ans. Elle est laide. Très laide.
    Cette semaine sera la semaine de tous les possibles.
    Mais Alouette revient. Grossie, encore plus laide, encore plus grotesque. Tout rentre dans l'ordre. Et les parents, émus, soupireront : « À tire-d'aile notre petit oiseau nous est revenu ».
    Alouette est un des classiques incontestés de la littérature hongroise, et Kosztolányi le considérait comme son plus grand roman.

    Traduction de Maurice Regnaut et Ádám Péter.

  • Après «Le trompettiste tchèque», une deuxième sélection de nouvelles inédites retraçant l'évolution de l'écriture du grand écrivain hongrois, donnant à voir différentes facettes de la production de ce maître de la forme courte.

  • Le Cerf-volant d'or est le dernier roman de Kosztolányi à sortir en bis.
    Les livres de l'auteur hongrois remportent un vrai succès dans la collection (plus de 15 000 ex. du Traducteur cleptomane vendus à ce jour). Si Alouette et Anna la douce présentaient deux destins de femme, Le Cerf-volant d'or « cerne » l'existence d'Antal Novàk, professeur de mathématiques-physique-chimie du lycée de Szárzeg (ville imaginaire où évoluent déjà les protagonistes d'Alouette). Positif, épris de son métier, ayant foi en sa mission d'éducateur, amoureux de la nature, Antal Novàk est respecté par ses élèves qui l'estiment et le craignent à la fois.
    Mais le professeur est aussi le père d'une jeune fille de dix-sept ans, qu'il élève seul. Au faîte de sa carrière, jouissant de la reconnaissance de tous, le conflit qui l'oppose à Hilda et le mutisme obstiné d'un de ses élèves de terminale bouleversent ses certitudes et font basculer son univers...

  • Qu'est-ce que Kornél Esti ? Roman, récit de voyage, biographie ? Rien de tout cela, et tout cela à la fois, s'exclame Kornél Esti dans un savoureux dialogue avec l'auteur qui ouvre le livre. Kornél Esti y est présenté comme une sorte d'alter ego de Kostolányi, un double fantasque, anarchisant et tentateur.
    Jusqu'ici les lecteurs français ne le connaissaient qu'à travers Le Traducteur cleptomane, édition partielle publiée en 1985 par les éditions Alinéa, reprise telle quelle par Viviane Hamy, choix subjectif d'une douzaine de nouvelles piochées parmi les deux opus du cycle Kornél Esti et Les aventures de Kornél Esti, rebaptisées et réordonnées de manière radicalement différente de l'oeuvre initialement publiée par Kostolányi.
    La présente traduction est la seule disponible conforme à l'oeuvre originale : suite de 18 chapitres titrés et numérotés, le livre ne présente cependant pas une narration linéaire, tout en manifestant une unité évidente de thématiques et de ton :
    Inventant un genre inédit, au croisement de la nouvelle et du roman, Kostolányi donne forme à un monde, le monde de Kornél Esti.
    Pleines de charme, de fantaisie, mais aussi de tendresse et de compassion à l'égard des faiblesses humaines, ces nouvelles promènent le lecteur entre le Budapest des années 20 et les grandes capitales européennes, vers lesquelles on voyage en train, et le mènent aussi vers des destinations plus énigmatiques, comme la « ville des honnêtes gens », où tout le monde ne dit que la vérité. Les rapports ambigus entre le réel, le dit et l'écrit, sont l'une des préoccupations évidentes de Kostolányi, qui joue avec malice des paradoxes du langage, s'inscrivant ainsi durablement dans la modernité littéraire.

  • Le cycle romanesque Kornel Esti (1933), son chef-d'oeuvre, tel qu'il a été recomposé à partir d'une quarantaine de nouvelles disséminées, peut être considéré comme le fruit de cette réflexion. La série plus instinctive de « griffonnages » rassemblés dans Cinéma Muet. en est un autre. Traits de plumes, extraits de bloc-notes, fragments de journal, réflexions morales, micro fictions, poèmes en prose. ces cinquante-trois textes, « sans tours de passe passe », nous entretiennent en bloc des affaires de la vie et s'étonnent tendrement - non sans humour parfois - devant la poignante, la grande fabrique, le cinéma muet du désespoir quotidien. Leur sujet est essentiellement humain, leur caractère souvent paradoxal, leur point de départ presque toujours anodin ; ce que l'auteur a vécu hier, aperçu ou contemplé dans la rue, une mendiante, un bonhomme de neige, le manège d'une mouche, ce dont il a rêvé, la mort de son stylo, le serrement de coeur qu'il a eu un jour dans son enfance. des « banalités jamais usées ».

  • Premier roman de Kosztolányi, Le Mauvais médecin est inédit en français.
    Par sa brièveté, il s'apparente avant la lettre à un genre littéraire resté depuis typiquement hongrois et créé à la même époque par Milan Füst : a kis regény, le « roman bref ». Ce texte se distingue également des autres romans par sa place, inaugurale, dans l'oeuvre romanesque : si Le Mauvais médecin est bien le premier roman de l'auteur, il ne s'agit pas pour autant de l'oeuvre d'un débutant. Kosztolányi, qui approche alors de la quarantaine, a déjà derrière lui une oeuvre en vers et en prose considérable. Et du reste, le style incomparable de Kosztolányi y est déjà présent, incontestablement : pureté de la langue, concision extrême de la phrase, du récit, cruauté de la thématique.
    Cruauté de la thématique en effet : on assiste, sur une centaine de pages, à la tragédie vécue par Istvan et sa femme.Ce récit est celui de la mort de leur petit garçon de 2 ans, qu'un mauvais médecin a condamné.
    Ce court roman est suivit d'une nouvelle La Baignade et d'un poème Chant pour un enfant malade, tous deux inédits.

  • Néron est une oeuvre majeure, devenue, depuis sa sortie en 1922, un texte classique des Lettres hongroises et européennes, salué en son temps par Thomas Mann (qui rédigea à son propos un éloge circonstancié resté célèbre).
    Parmi la production romanesque du grand écrivain, Néron est chronologiquement le second des six romans publiés par l'auteur, sans nul doute le plus dense et le plus profond ; et sa publication attendue devrait constituer un événement éditorial pour le public déjà largement acquis, en France, à l'oeuvre de Kosztolányi (Anna la douce ou Alouette, entre autres, contribuèrent, dans les années 1990, à la notoriété de l'auteur en France).
    L'absence, jusqu'à ce jour, d'une traduction française disponible du Néron reste étrangement inexplicable. Car l'ouvrage, s'il prend pour argument central la figure emblématique de l'empereur romain, excède à l'évidence le cadre du roman historique. Largement documenté, l'écrivain a élevé son récit à un niveau où de multiples thèmes universels sont traités avec finesse et profondeur : le pouvoir, la violence, l'acte de création, le meurtre, la beauté, la jalousie, la poésie, et tant d'autres...

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