• Ce livre traite des dépressions que nourrit un deuil impossible de l'objet aimé et perdu.
    En déniant le lien universel qu'est le langage, le déprimé nie le sens qui, pour l'être parlant, est le sens de la vie. athée radical, le dépressif reste cependant un mystique : rivé à l'affect, la douleur et les larmes sont pour lui le pays secret d'une beauté aussi inaccessible qu'entière. le sublime naît de la mélancolie. la preuve ? holbein, minimaliste macabre. nerval, le prince noir. dostoïevski, persuadé que la souffrance est le but suprême de l'humanité, appelant le pardon.
    Et duras, la femme-tristesse, qui rend contagieuses les figures de la dépression féminine dévoilées ici à partir de quelques histoires dites sur le divan du psychanalyste.

  • Ce livre invite à penser notre propre façon de vivre en étranger ou avec des étrangers, en restituant le destin de l'étranger dans la civilisation européenne : les Grecs avec leurs « Métèques » et leurs « Barbares » ; les Juifs inscrivant Ruth la Moabite au fondement de la royauté de David ; saint Paul qui choisit de prêcher en direction des travailleurs immigrés pour en faire les premiers chrétiens, sans oublier Rabelais, Montaigne, Érasme, Montesquieu, Diderot, Kant, Herder, jusqu'à Camus et Nabokov qui ont chacun médité avant nous les merveilles et les malaises de la vie étrangère. Au coeur de cet avenir cosmopolite : les Droits de l'Homme sous la Révolution française, qui commence par honorer les étrangers avant de faire tomber la Terreur sur leurs têtes. En contrepoint : le nationalisme romantique et, pour finir, totalitaire. L'« inquiétante étrangeté » de Freud conclut ce parcours en suggérant une nouvelle éthique : ne pas « intégrer » l'étranger, mais respecter son désir de vivre différent, qui rejoint notre droit à la singularité, cette ultime conséquence des droits et des devoirs humains.

  • Dans la vie d'un lecteur, certains auteurs occupent une place à part : lectures inaugurales, compagnons de tous les jours, sources auxquelles on revient. La collection « Les auteurs de ma vie » invite de grands écrivains d'aujourd'hui à partager leur admiration pour un classique, dont la lecture a particulièrement compté pour eux.

    « Les yeux rivés sur L'Idiot, mon père m'en déconseillait sévèrement la lecture : ''Destructeur, démoniaque et collant, trop c'est trop, tu n'aimeras pas du tout, laisse tomber !'' Il rêvait de me voir quitter ''l'intestin de l'enfer'', désignant ainsi notre Bulgarie natale. Pour réaliser ce projet désespéré, je n'avais rien de mieux à faire que de développer mon goût inné pour la clarté et la liberté, en français, cela va sans dire, puisqu'il m'avait fait découvrir la langue de La Fontaine et de Voltaire. Évidemment, comme d'habitude, j'ai désobéi aux consignes paternelles et j'ai plongé dans Dostoïevski. Éblouie, débordée, engloutie. ».
    Julia Kristeva

  • Hannah Arendt, philosophe et politologue (1906-1975), est tout entière prise dans une méditation sur la vie qui demeure notre bien ultime après la crise des religions et des idéologies. Vie menacée, vie désirable : mais quelle vie ? Face aux camps des deux totalitarismes, c'est sur le miracle de la natalité que se concentre l'oeuvre de cette rescapée du nazisme qui, en discussion avec Heidegger, et en rejetant l'automatisation moderne de l'espèce, pose les jalons d'une action politique envisagée en tant que pluralité vivante. Une utopie ? À moins que ce ne soit une manière de pardon, et donc une promesse.

  • À la décapante réflexion de Hannah Arendt et de Melanie Klein, Colette ajoute une autre expérience qui est aussi un visage du XXe siècle. Contre les frustrations de sa vie intime, contre les épreuves que lui imposent la réalité sociale et la guerre, l'écrivain célèbre le plaisir de vivre qui est, pour elle, un plaisir des sens et du mot juste.

  • Le langage poétique est ce lieu où la jouissance ne passe par le code social que pour le transformer. Il introduit donc dans les structures linguistiques et la constitution du sujet parlant une rupture totale.

    Il faut lire le langage poétique comme un langage pratique et sémiotique, qui introduit une nouvelle configuration dans le temps de l'énonciation et la signification. Lautréamont et Mallarmé sont les noms que porte, à la fin du xixe siècle, cette expérience bouleversant la phonétique, le lexique, la syntaxe, les relations logiques, en même temps que l'« ego transcendantal ». Dans la crise de l'État bourgeois, du droit paternel, de la religion, un sujet et son discours, qui se maintenaient depuis deux mille ans, s'effondrent. L'avant-garde du XXe siècle opère, en l'approfondissant, depuis cette révolution.

  • Etre psychanalyste, c'est savoir que toutes les histoires reviennent à parler d'amour.
    La plainte que me confient ceux qui balbutient à côté de moi a toujours pour cause un manque d'amour présent ou passé, réel ou imaginaire. je ne peux l'entendre que si je me place moi-même en ce point d'infini, douleur ou ravissement. c'est avec ma défaillance que l'autre compose le sens de son aventure. philosophie, religion, poésie, roman ? histoires d'amour. de platon à saint thomas, de roméo et juliette à don juan, des troubadours à stendhal, de la madone à baudelaire ou bataille.
    Les grandes élaborations symboliques ne disent pourtant rien d'autre que ce qui s'écoute dans l'ombre, chaque jour. etre psychiquement en vie signifie que vous êtes amoureux, en analyse, ou bien en proie à la littérature. comme si toute l'histoire humaine n'était qu'un immense et permanent transfert.

  • Melanie Klein (1882-1960) apparaît comme la novatrice la plus originale de la psychanalyse. Alors que Freud centre la vie psychique du sujet sur l'épreuve de la castration et la fonction du père, Melanie Klein - sans les ignorer - les étaie d'une fonction maternelle, absente dans la théorie du fondateur. La première, elle pense au matricide : capable dès la naissance d'un lien à l'objet (le sein, la mère), et habité de fantasmes aussi violents que réparateurs, l'enfant selon Melanie Klein a ouvert de nouveaux horizons à la clinique de la psychose et de l'autisme.

  • Ce titre dans son inscription grecque se veut un rappel muet des débuts occidentaux du savoir sur le signe et le sens. La sémiotique, ici, se propose comme le lieu depuis lequel s'articulera une théorie générale des modes de signifier. Visant en même temps à interroger ou à refondre les systèmes linguistiques et logiques par les analyses du sujet et de l'histoire appelées par Freud et Marx, elle se désigne comme une sémanalyse.

    L'élaboration de la sémanalyse déplaçant les limites du signe, du sens, de la structure, devait nécessairement trouver pour point de départ un « objet exclu de l'ordre du savoir puisque soulignant ses bords : «la littérature» ».

  • « Seule une femme peut et doit se lire dans plusieurs directions. Seule, comme seule une femme peut être seule, face à son irréductible singularité, seule face au défi inlassable que constitue la maternité (biologique ou/et cérébrale) en chacune, seule encore dans la création, dans ce qu'elle a à dire, elle, et nulle autre qu'elle, à la place de nulle autre, loin des meutes et de tous les communautarismes. C'est dire que LA femme n'existe pas, et qu'il faut sans cesse articuler le féminin à la féminité qui échappe et excède les poncifs à l'oeuvre sitôt qu'on se prend à penser à la condition des femmes. » Marie-Christine Navarro, France Culture

  • Pouvoirs de l'horreur

    Julia Kristeva

    • Points
    • 1 Octobre 1983

    Pouvoirs de l'horreur pourquoi l'abjection ?
    Pourquoi y a-t-il ce " quelque chose " qui n'est ni sujet, ni objet, mais qui, sans cesse, revient, révulse, repousse, fascine ?
    Pourquoi de l'abject ?
    Ce n'est pas de la névrose.
    On n'entrevoit dans la phobie, la psychose. il s'agit d'une explosion que freud a touchée mais peut-être aussi évitée, et que la psychanalyse, si elle veut aller plus loin que sa simple répétition, devrait être de plus en plus pressée d'entendre.
    Car l'histoire et la société nous l'imposent. dans l'horreur. les rites, les religions, l'art ne feraient-ils rien d'autre que de conjurer l'abjection ?
    D'oú l'étrange révélation de la littérature : dostoïevski, lautréamont, proust, artaud et, de façon sans doute hyper symptomatique, céline.

    Le voici maintenant cet habitant des frontières, sans identité, sans désir ni lieu propres, errant, égaré, douleur et rire mélangés, rôdeur écoeuré dans un monde immonde.
    C'est le sujet de l'abjection.

  • Beauvoir présente

    Julia Kristeva

    • Pluriel
    • 13 Janvier 2016

    Écrivaine, philosophe existentialiste, femme libre et révoltée, Simone de Beauvoir a su polariser et synthétiser les mouvements diffus et irrépressibles d'émancipation des femmes qui la précédaient et qui l'entouraient. Sa vie et son oeuvre cristallisent une révolution anthropologique majeure qui ne cesse de produire des effets imprévisibles sur nos destins personnels et sur l'avenir politique de la planète.

    Recueil de lectures personnelles et de commentaires admiratifs ou critiques, Beauvoir présente vous invite à (re)lire les pages de cette oeuvre qui démontre, avec autant de clarté analytique que de passion politique, n'y a pas de pensée au sens fort du terme si elle n'est pas un dialogue entre les deux sexes.

  • Dans les époques que nous sentons obscurément en déclin ou du moins en suspens, le questionnement demeure la seule pensée possible : indice d'une vie simplement vivante.
    L'intimité n'est pas la nouvelle prison. Son besoin de liens pourrait fonder une autre politique, plus tard. Aujourd'hui, la vie psychique sait qu'elle ne sera sauvée que si elle se donne le temps et l'espace des révoltes : rompre, remémorer, refaire. De la prière au dialogue en passant par l'art et l'analyse, l'événement capital est toujours le grand affranchissement infinitésimal : à recommencer sans cesse.
    En contrepoint des certitudes et des croyances, la révolte permanente est cette remise en question de soi, de tout et du néant, qui n'a visiblement plus lieu d'être.
    Cependant, s'il est encore temps, faisons un pari sur l'avenir de la révolte. "Je me révolte, donc nous sommes" (A. Camus). Ou plutôt : Je me révolte donc nous sommes à venir.
    Une expérience lumineuse et de longue haleine.

  • Dans quel temps vivez-vous ? celui de vos projets ou celui de vos rêves ? du souci ou du plaisir ? du métro ou de la grève ? de votre journal ou de votre religion ? plus que jamais unifiés par l'information, les hommes n'ont pourtant jamais vécu des temporalités aussi disloquées, hétéroclites, inconciliables.
    A la charnière du xixe et du xxe siècle, marcel proust a recherché le " temps perdu " dans le " temps incorporé " du roman, répondant ainsi aux questions les plus actuelles. tissé de perceptions et de fantasmes, le temps proustien - qui n'est ni celui de bergson, ni celui de heidegger - devient sensible. a l'imaginaire avide du lecteur, le narrateur offre l'appât savoureux de ses personnages : swann et odette, bloch, oriane, verdurin, albertine, charlus dont cet essai aide à retrouver les caractères mêlés aux paysages, églises, dalles et aubépines.
    Pourtant, dans les plis de longues phrases, dans le cumul des brouillons et des lettres, dans la cruauté et le ridicule des passions, l'insignifiance des amours et le néant des êtres brusquement s'imposent. les personnages se contaminent et se brouillent, une profondeur secrète les attire. telle la madeleine trempée dans le thé, ils perdent leur contour absorbé par le style. ces héros, ces visions, fruits d'une imagination dont proust disait qu'elle était son seul organe pour jouir de la beauté, finissent par nous laisser un goût, un seul, âcre et tonique : le goût de l'expérience littéraire.
    Du roman comme thérapie, comme transsubstantiation.

  • Les samourais

    Julia Kristeva

    Une aventure s'est déroulée en france depuis 1968 : fièvre de la pensée et des corps, passions excessives, goût du risque.
    Les personnages de ce roman en sont issus. on reconnaîtra parmi eux les intellectuels les plus importants de l'époque. originaire d'un pays de l'est, olga rencontre à paris l'écrivain hervé sinteuil. une histoire d'amour " pas comme les autres " : surprises d'une île secrète, ravissements d'une naissance.
    Les samouraïs excellaient dans l'art de la guerre comme dans la poésie, la calligraphie et le rituel du thé.
    Les héros de ce roman sont des samouraïs modernes et modestes vivant dans la révolte permanente, les voyages lointains, les destins croisés, les conflits. leur expérience ? aller jusqu'au bout du sens de leur vie.

  • Nouvelle édition entièrement révisée et surtout augmentée de nouveaux importants chapitres inédits sur le radicalisme religieux, l'Europe.

    Au cours d'un long dialogue inédit en français, et de quelques textes rassemblés ici pour la première fois, Julia Kristeva bouleverse nos idées reçues sur la religion et le christianisme, et nous invite à une formidable analyse de notre « incroyable besoin de croire » A partir d'une question sur la place du religieux dans les sociétés postmodernes, l'auteure analyse l'importance de ce besoin de croire et aborde le sujet à partir d'exemples littéraires, philosophiques et religieux. Avec des textes sur le christianisme et la souffrance, deux articles sur Jean-Paul II et la place du catholicisme dans le monde.

    « Contrairement à Freud, je ne dis pas que la religion est seulement une illusion et une source de névrose. Le temps est venu de reconnaître, sans craindre de "faire peur" aux fidèles ni aux agnostiques, que l'histoire du christianisme prépare l'humanisme... »

  • « Où est le temps, existe-t-il encore ?
    Je vous propose d'ouvrir la question du TEMPS.
    Jamais le temps n'a été aussi compact, uniformisé, fermé comme il l'est désormais à la surface globalisée de l'hyperconnexion. Mais jamais non plus il n'a été aussi ouvert et multiple : incessant battement d'avènements, amorces, émergences, éclosions perpétuelles.
    Je retrouve ici des expériences singulières : dans l'érotisme maternel et dans celui de la foi religieuse, j'ose parier sur la culture européenne et sur l'humanisme à refonder, je découvre un destin de la psychanalyse en terre d'Islam et en Chine.
    Je n'ai pas de réponses toutes faites et n'en donne pas une fois pour toutes. Je déplie des vérités hic et nunc telles que je les vis et les pense.
    Je vous présente mes compagnons de route : Antigone et Philippe Sollers, Jean-Jacques Rousseau et Jacques Lacan, Jackson Pollock et Emile Benveniste ; Simone de Beauvoir et Thérèse d'Avila.
    Un livre sur la Vérité découverte par le Temps ? Plutôt une expérience du temps scandée par des événements, des étonnements, rebonds de surprises et de renaissances. »

  • Par où commencer quand on veut s'initier à la linguistique ? Ce livre répond à cette question, que se pose tout étudiant qui s'intéresse au langage et aux sciences humaines. Plus qu'un manuel, il retrace l'histoire des pensées sur le langage, élaborées dans différentes civilisations, pour centrer son intérêt sur la science du langage en Occident et plus particulièrement encore aujourd'hui. La pensée linguistique s'éclaire ainsi, comme étroitement liée à la philosophie et à la société. S'il est vrai qu'à l'ère de l'humanité succède... une inconnue, n'est-il pas indispensable de l'aborder par ce qui demeure encore et toujours plus inconnu que l'homme et coextensif à son être : le langage ?

  • En 1998, le musée du Louvre organisait une série d'expositions, les « Partis pris » qui avait pour objectif de créer un lieu où s'exprimerait un autre discours sur l'art, plus subjectif.
    Julia Kristeva conçut l'une d'elles sur le thème de la décapitation dans l'art, universel et pourtant peu exploré et en écrivit le catalogue, Visions capitales. Dans une version actualisée, plus facile d'accès, cet ouvrage engage une véritable réflexion sur la représentation de la mort, du corps, de la souffrance tout au long de l'histoire de l'art et des idées, des premières figurations de têtes coupées antiques aux étonnantes représentations des oeuvres contemporaines et porte un regard, personnel, original, sur toutes les formes de violences aujourd'hui.

  • La pratique psychanalytique récente découvre de " nouveaux patients ". au-delà des apparences classiques, hystérie ou névrose obsessionnelle, les blessures narcissiques, les risques de psychose, les symptômes psychosomatiques montrent tous une particulière difficulté à représenter. l'espace psychique, cette chambre obscure de notre identité où se réfléchissent à la fois le mal de vivre, la joie et la liberté de l'homme occidental, est-il en train de disparaîtreoe cet ensemble d'études pose une question alarmante qui révèle non seulement une urgence thérapeutique, mais aussi un problème de civilisation.

    Comment ne pas voir, par exemple, que le " retour des religions " entraîne une relecture de la bible et des evangilesoe que les arts et les lettres s'éclairent d'une nouvelle lumièreoe que l'inquiétude sexuelle et métaphysique des femmes en europe est l'indice d'une mutation profonde au coeur des idéologies en faillite du vieux continent?

    Ces " nouvelles maladies de l'âme " sont-elles des promesses de créativitéoe peut-être, mais à condition de les entendre, de les analyser, de les écrire.
    J.k.

  • Polylogue

    Julia Kristeva

    • Seuil
    • 15 Mai 2008

    Polylogue analyse diverses pratiques de symbolisation : de la plus archaïque, la langue, le discours de l'enfant ou de l'adulte, en passant par la peinture de la Renaissance (Giotto, Bellini) et la littérature moderne (Artaud, Joyce, Céline, Beckett, Bataille, Sollers), jusqu'à leurs approches par les « sciences humaines » actuelles ; linguistique (classique ou moderne), sémiotique, épistémologie, psychanalyse.

    Traversant des époques charnières - Chrétienté, Humanisme, XXe siècle - et interrogeant l'usure des anciens codes comme l'affirmation d'une nouvelle identité, d'une nouvelle signification, le livre pose en permanence la question du sujet parlant. Il démontre, par son trajet, que la seule positivité acceptable à l'époque moderne est la multiplication des langages, des logiques, des pouvoirs. Poly-logue : pluralisation de la rationalité comme réponse à la crise de la Raison occidentale.

  • « Colette, un génie féminin » : tel est le postulat dont part l'écrivain et psychanalyste Julia Kristeva dans ce dernier tome d'un triptyque consacré à ces femmes qui ont cherché à secouer la pesanteur d'un destin. Longtemps, Colette a été tenue pour le génie d'une France « surannée ». C'était oublier deux choses. D'abord à quel point Colette a su ébranler la condition féminine. Parce qu'elle fut une gourmande impétueuse se vivant comme une « hermaphrodite mental ». Mais il ne faut pas non plus perdre de vue que Colette est loin de se résumer à l'archétype de la femme volage. Cet essai ciselé et profond rend hommage à Colette d'avoir battu en brèche toute la rhétorique de « l'éternel féminin ». Marianne

  • La culture et l'art modernes témoignent d'une intimité révoltée. Sommes-nous capables d'en déchiffrer les avancées et les risques; d'en renouveler les enjeuxoe Tel est l'objet de La révolte intime, qui reprend le cours donné par Julia Kristeva à l'université de Paris VII Denis-Diderot pendant l'année universitaire 1995-1996.

    Ayant démontré, dans le volume précédent, que la révolte est indispensable aux êtres humains pour acquérir une vie psychique et la développer en créativité, l'auteur explore dans ce deuxième volume l'expérience intime. L'intimité n'est pas un égoïsme à l'abri des conflits sociaux, mais une révolte contre les stéréotypes de la société moderne, dominée par la technique et les médias. L'expérience analytique permet de comprendre certaines logiques paradoxales de cette révolte: l'interprétation et le pardon, le hors-temps de l'inconscient, le fantasme dans la mémoire, l'image et le cinéma.

    Trois oeuvres parmi les plus inquiètes de la littérature contemporaine _ Aragon, Sartre et Barthes _ affirment leur intimité révoltée dans la culture de l'image. L'Imaginaire de Sartre définit l'image comme une liberté, son anarchisme et ses Mots préfigurent les logiques de la révolte contemporaine. Roland Barthes analyse les désirs secrets sous-jacents aux mythologies manipulatrices, ausculte les abîmes qu'aurait connus un " constructeur de langage " comme Loyola, et réhabilite le " discours amoureux ". Aragon enfin, mystificateur et homme de pouvoir, dévoile certaines faiblesses et de multiples facettes dans Blanche ou l'Oubli, et permet de lier l'intimité révoltée, son sens et son non-sens, aux conflits politiques de ce siècle.

    Julia Kristeva a publié chez Fayard Etrangers à nous-mêmes, Les Nouvelles Maladies de l'âme, Sens et non-sens de la révolte, t. I, ainsi que trois romans: Les Samouraïs, Le Vieil Homme et les loups, Possessions.

  • Des chinoises

    Julia Kristeva

    • Pauvert
    • 2 Février 2005

    1974. Julia Kristeva fait un voyage en Chine, en compagnie de Roland Barthes, de Philippe Sollers. Nous sommes, dans les pays occidentaux, en plein combat féministe. La Chine vit au rythme de la révolution culturelle. En s'interrogeant sur ses ambitions, ses violences et ses non-dits, Julia Kristeva découvre le destin moderne des Chinoises.


    Cet essai n'a pas vieilli. Il révèle la prochaine « crise de l'identité qui sera la véritable révolution d'une humanité industrialisée, délivrée de l'angoisse de procréer et de produire : ni homme ni femme, ni uni-sexe : tourbillon des heurts et des rires. ».

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