Littérature générale

  • Le fils, c'est André. Le père, c'est l'Absent. La mère, c'est Gabrielle. Mais André est élevé par Hélène, la soeur de Gabrielle, et son mari. Il grandit au milieu de ses cousines.
    Chaque été, il retrouve sa mère biologique qui vient passer ses vacances en famille.
    De Saint-Céré dans le Lot en passant par Chanterelle et Aurillac jusqu'à Paris, Marie-Hélène Lafon nous transporte à nouveau au coeur d'une famille. Elle décrypte aussi bien ses bonheurs ordinaires que le poids du manque le plus profond, celui qui creuse des galeries dans les vies, sous les silences.
    André n'a de cesse de mendier le père, de cerner les contours de son absence, d'attendre, de guetter, de laisser le temps s'étirer, de se cogner à l'urgence, de composer un portrait en indices et de comprendre en creux qui il a été : un avare du coeur, plein de lui-même, pétri de morgue, étroit, mesquin, beau et aimé par les femmes.
    Avec ce nouveau texte, l'auteure confirme la place si particulière qu'elle occupe aujourd'hui dans le paysage de la littérature française. Toujours aussi puissante, son écriture reste limpide et fluide.

  • Nos vies

    Marie-Hélène Lafon

    «Il y a comme ça des périodes où les plaques tectoniques de nos vies se mettent en mouvement, où les coutures des jours craquent, où l'ordinaire sort de ses gonds ; ensuite le décor se recompose et on continue.» Le Franprix de la rue du Rendez-Vous, à Paris. Une femme, que l'on devine solitaire, raconte et imagine. Gordana, la caissière. L'homme qui s'obstine à venir chaque vendredi matin. Silencieusement elle dévide l'écheveau de ces vies ordinaires. Et remonte le fil de sa propre histoire.

  • Joseph

    Marie-Hélène Lafon

    Joseph est un doux. Joseph n'est pas triste, du tout. Joseph existe par son corps, par ses gestes, par son regard ; il est témoin, il est un regardeur, et peut-être un voyeur de la vie des autres, surtout après la boisson, après les cures. Il reste au bord, il s'abstient, il pense des choses à l'abri de sa peau, tranquille, on ne le débusquera pas.

  • L'annonce

    Marie-Hélène Lafon

    "A Nevers, la deuxième fois, Annette et Paul avaient apporté des photos.
    Ils avaient eu l'idée le premier jour, en novembre. Ils ne savaient plus qui l'avait pensé et proposé d'abord. Ils avaient été du même avis ; ça aiderait pour raconter pour faire comprendre ; ils n'étaient pas seuls dans cette affaire, ils n'étaient pas neufs ; l'enfant la mère la soeur les oncles, on les imaginerait mieux, chacun de son côté, avant de les connaître en vrai.". Paul, quarante-six ans, paysan à Fridières dans le Cantal, ne veut pas finir seul.
    Annette, trente-sept ans, vit à Bailleul dans le Nord. Après avoir rompu avec le père de son fils, elle doit s'en aller, recommencer ailleurs... Marie-Hélène Lafon nous raconte leur rencontre, née d'une petite annonce dans un journal, lue et découpée. C'est une histoire d'amour.

  • Les pays

    Marie-Hélène Lafon

    «À la porte de Gentilly, en venant de la gare, on n'avait pas vu de porte du tout, rien de rien, pas la moindre casemate, quelque chose, une sorte de monument au moins, une borne qui aurait marqué la limite, un peu comme une clôture de piquet et de barbelés entre des prés.» Fille de paysans, Claire monte à Paris pour étudier.
    Elle n'oublie rien du monde premier et apprend la ville où elle fera sa vie.
    Les pays raconte ces années de passage.

  • Les Santoire, le frère et la soeur, sont la quatrième génération. Ils ne se sont pas mariés, n'ont pas eu d'enfants. En face de chez eux, de l'autre côté de la route, prolifère la tribu des voisins qui ont le goût de devenir. Sentinelles muettes, les Santoire happent les moindres faits et gestes. Et contemplent la vie des autres. Celle des vrais vivants. D'une plume toute en économie et en tensions, Marie-Hélène Lafon dépeint avec finesse la fin d'un monde, d'une civilisation.

  • «Ces lieux façonnent des gens un peu verticaux, austères et tenaces... C'est un fond dont je ne me suis jamais départie, et le travail d'écriture, depuis plus de vingt ans, m'y confronte constamment [...] ; ce nord du Cantal, ce pays perdu à mille mètres d'altitude, est fondateur ; et le sauvage n'est jamais loin ; il palpite sous l'écorce des choses».

    Marie-Hélène Lafon a grandi dans une ferme isolée du Cantal, au coeur de la vallée de la Santoire, et ses livres s'en souviennent. À travers ces conversations, elle nous invite dans son pays perdu, ces terres volcaniques de moyenne montagne où la sauvagine, toujours proche, palpite sous l'écorce des choses. Voyage au coeur d'un monde intense, aux sources de la beauté.

  • Le soir du chien

    Marie-Hélène Lafon

    Dans un petit village du cantal, laurent, la trentaine, vit encore chez sa mère.
    Il rencontre marlène, qui vient de normandie, et dont il tombe amoureux. ensemble, ils s'installent en haut du village, dans une maison isolée, pour des mois de bonheur lumineux. mais bientôt leur amour se heurte au conformisme des villageois d'en bas.
    Un soir, leur chien se fait renverser par une voiture, marlène rencontre le vétérinaire, et tout est changé... dans ce premier roman à l'écriture concise, marie-hélène lafon multiplie les points de vue et confronte les voix de ses personnages pour mieux faire affleurer leur part d'intimité.

  • Le présent volume rassemble la totalité des nouvelles de l'auteur publiées chez Buchet/Chastel (deux recueils : Liturgie 2002, et Organes 2006). Opus suivi de : Bon en émotion, et La Maison Santoire (nouvelles publiées par ailleurs et épuisées).
    Un livre à offrir pour découvrir, ou redécouvrir, un autre aspect de l'oeuvre de Marie-Hélène Lafon. (Les deux recueils publiés chez Buchet n'existent pas au format poche.)

  • Dans la vie d'un lecteur, certains auteurs occupent une place à part : lectures inaugurales, compagnons de tous les jours, sources auxquelles on revient. La collection « Les auteurs de ma vie » invite de grands écrivains d'aujourd'hui à partager leur admiration pour un classique, dont la lecture a particulièrement compté pour eux.

    « Flaubert à cheval.
    Flaubert fut beau.
    Flaubert fut jeune.
    Jeune. Glorieux. Blond, bouclé. Grand et bien fait.
    Flaubert eut mal aux dents.

    Il fut foudroyé à dix-sept ans sur le chemin de Pont-l'Évêque ; on ne sait pas bien par quoi il fut foudroyé ; il le fut et il échappa au Droit et il put commencer à devenir.

    Flaubert est inépuisable.
    Flaubert for ever. » Marie-Hélène Lafon

  • Chantiers

    Marie-Hélène Lafon

    Expressions familières, citations de chanson, mots de tous les jours, Marie-Hélène Lafon fait fl èche de tout bois. Elle creuse et sculpte la langue pour débusquer derrière les mots, la saveur, les couleurs du vivant. Tout lui est matériaux pour ces Chantiers. Sa vie de fi lle lettrée issue de la campagne, les cérémonies de l'enfance catholique, le quotidien des familles dont elle décrypte les codes avec un humour ravageur, ses écrivains de coeur et de chair - Flaubert et Claude Simon. Jamais Marie-Hélène Lafon n'a été aussi présente dans ses récits, comme si écrire ces choses qui lui sont chères libérait sa plume. C'est son portrait discrètement voilé qui se dessine dans ses pages. Et le rire, l'émotion, une certaine nostalgie jaillissent de la chair dense de son écriture.

  • Album

    Marie-Hélène Lafon

    Ma rivière d'enfance a nom Santoire. Elle borna le monde, c'est définitif, elle fut l'été, la plage d'ardoise, et l'immobile après-midi d'août, le temps arrêté dans le babil lumineux de son lit de cailloux. Elle fut de chaque hiver, et des printemps brefs, haute, pressée d'en finir, se hâtant, tournoyant à bout de gris, cinglant les branches nues et penchées. Horizontale, insolente et enfuie.

    C'est un abécédaire choisi, où l'on irait de Arbres à Vaches en passant par Chiens, Journal, ou Tracteurs.
    Ce serait l'os des choses, leur velours ; et comme une déclaration d'amour répétée vingt-six fois.

  • Marie-Hélène Lafon a les gestes et l'odeur des brulis dans le corps et sous la peau pour toujours ; ça remonte des enfances et du pays premier. À partir du tableau silencieux de Jean-François Millet conservé au musée du Louvre, Brûleuse d'herbes, elle nous entraine dans une histoire qui sent la fumée des brulis de mars, ou d'octobre. Une femme se tait. Une femme se tient. Elle attend. Que regarde-telle ? Que voit-elle ? Son corps est au repos, un moment, avant de se pencher, de saisir la fourche, et d'attiser le feu d'herbes. Elle arrête le spectateur, parce qu'elle est arrêtée, elle a suspendu le temps, elle s'enfonce dans les volutes de la fumée, et en elle-même, peut-être, dans les méandres de sa vie, dans les plis que font les vies, dans les plis du temps qui passe sur les corps et mange les années.
    L'auteur imagine des vies pour cette brûleuse « esseulée » ;
    Le tableau devient dès lors un départ de pistes sur les traces de la Félicité d'Un coeur simple et de sa vie dans les fermes avant Madame Aubain ; ne se refusant pas à regarder du côté de l'antique, entre Vestale et Pythie ; ou d'une champêtre Marie de l'Annonciation, qui balancerait entre résignation et révolte, oraison et jacquerie ; les ailes diaprées de l'Archange s'arrondissant alors dans les bouffées moelleuses de la fumée.

  • Il n'aime rien tant que le poudroiement des arbres dans la lumière des soirs quand les ombres s'allongent à la lisière des bois.
    Il n'en parle pas. Les soeurs ne regardent pas ces choses. Elles disent que c'est un pays de fous, qu'il faut s'en aller, que c'est un trou un bled un port de mer l'anus du monde.

  • Organes

    Marie-Hélène Lafon

    « Ils ne voient jamais les taupes. Ils se demandent comment elles sont et les imaginent velues et aveugles, le squelette infime et malléable, grasses sous la fourrure prune ou violine, munies de pattes courtes et véloces. Ces pattes seraient palmées, elles n'auraient pas d'oreille et presque pas d'yeux, à peine deux fentes pâles, elles percevraient par d'autres moyens, de singuliers truchements très souterrains, des sens inédits. Leur chair serait molle et leurs corps souples épouseraient les courbes de leurs galeries obscures, galeries harassantes, toujours recommencées, menacées d'éboulements cataclysmiques, de fissures compromettantes, d'inondations, de gluance galopante, d'effondrements radicaux, d'écrasement total. »
    Après Liturgie, Organes est le deuxième recueil de nouvelles de l'auteur.
    Ils sont un, deux, trois, entre huit et treize ans, petit mâle ou femelle en devenir. Jetés dans le monde, ils sont seuls même à plusieurs. Comment sort-on de la brutalité de l'enfanceoe Dans ces pages, le sexe et la mort sont partout, comme en embuscade, dans les organes devinés sous les mots des femmes, dans un corset qui enserre, dans la fente de la tirelire-totem, dans la robe de la
    mère, et dans le corps blanc de l'amoureuse rêvée...
    Marie-Hélène Lafon excelle dans la forme brève. Ce qui compte et ce qui frappe, c'est la langue. Au lecteur de se laisser prendre aux anneaux du style - précis et sensuel et de savourer ces onze récits d'enfances.

  • Traversée

    Marie-Hélène Lafon

    • Guerin
    • 1 Mars 2015

    Construit autour d'une géographie intime, Traversée évoque un paysage archaïque au sein duquel se dessine une trajectoire d'écrivain. Il a été publié à l'initiative de la Fondation Facim à l'occasion des 13es Rencontres littéraires en pays de Savoie dont Marie-Hélène Lafon était l'invitée d'honneur en juin 2013. «La géographie est au sens premier du terme une écriture de la terre, on ne saurait mieux dire, ça m'écrase d'évidence ; l'immuable géographie de mes livres dessine un pays archaïque, un pays haut, pelu, bourru, violemment doux, ardemment rogue, perdu et retrouvé toujours, quitté et lancinant.»

  • Mo

    Marie-Hélène Lafon

    Au centre commercial, Mo (diminutif de Mohammed) travaille à la gestion des rayons et des stocks. C'est le dernier né. Il vit avec sa mère. Le père est mort et les frères et soeurs sont partis.
    Mo ne sait pas lire. Chaque mois, il rapporte son salaire à la maison. C'est lui qui s'occupe du ménage. C'est un garçon méticuleux, soigneux et secret. Sa mère le méprise, mais il s'en moque.
    Ses frères passent et prennent l'argent qu'il gagne. Il le sait, il s'en moque. Parfois il a des aventures avec des femmes de la cité. Toutes sont plus âgées, déjà fatiguées. Elles aiment sa douceur.
    Jusqu'au jour où Mo rencontre Maria, nouvelle embauchée à La Ronde des Pains du centre commercial. Ce jour-là commence l'histoire. Ce jour-là, pour Mo, le monde s'ouvre enfin. Mais Maria est une jeune fille indépendante qui, elle, s'oppose à son père et à sa mère. Elle n'hésite pas à hurler, à juger, à trancher. Très vite, l'incompréhension s'installe. Jusqu'au jour fatal.
    Quatorze chapitres marquent les quatorze étapes de la passion de Mo. Le lecteur retrouvera l'écriture exigeante de Marie -Hélène Lafon. Comme dans ses précédents romans, les phrases ressemblent au geste du photographe : elles cadrent serré pour mieux saisir l'énigme des vies.

  • Jeanne tint dans ses mains des livres dont nul, avant elle, dans la litanie paysanne des siens, n'avait su, soupçonné, ou espéré l'existence.
    Quelques-uns, ou quelques-unes, sans doute, avaient, avant elle, mâchonné des lettres indécises, vaguement apprises, lentement dégluties et oubliées, tombées dans la désuétude certaine de ce qui ne nourrit pas. Les livres n'étaient pas dans la mémoire des siens, pas du côté de son sang. Livre, plutôt que recueil de nouvelles, Liturgie est un bloc, un corps, un seul, taillé dans la chair des mots.

  • Le livre propose une cohabitation. D'une part un texte inédit d'une écrivaine au plus près des choses et des moments de la campagne, d'autre part des dessins originaux d'une artiste plasticienne qui est aussi cinéaste. Le dispositif initial est posé : à quatre mains. L'une dessine, l'autre écrit. Les deux ensembles se nouent via l'articulation souterraine de l'Histoire, qui, le soir du 14 juillet 2016 à Nice, a traversé les deux femmes chacune de leur côté.
    Pour dessiner un ensemble qui puisse rencontrer le texte, il faut reprendre sa situation de travail, dans le Cantal, en Auvergne, une maison, de la campagne, de la paysannerie vivace, des histoires, l'histoire. En écho à cela, le Jura, la maison d'une famille paysanne et ouvrière hantée de restes et de traces et Nice, autre maison et lieu d'enfance.
    Marie-Hélène Lafon note par le menu, dans un vrai-faux journal en treize fragments, les moments d'un été dans une campagne dans la Nièvre. Un motif par fragment et une poignée de motifs, un panier d'osier, un hélicoptère, des chaises-longues, un paysan-maçon, un blaireau, un mot, surgis jour après jour de l'inépuisable réel. Les étés débordent, les vies débordent, sont mêlées, emmêlées. Les coutures étriquées de l'autobiographie craquent.
    Claire Angelini saisit dans neuf dessins des morceaux de ce même été dans une campagne frontalière du Jura, propose une vision graphique, à la fois observation et interprétation. Ce qui est recherché en termes de dessin n'est pas de l'ordre de l'illustration ou du reflet, mais de l'analogie. A partir de moments visuels choisis au sein de ce monde campagnard et familier, il s'agit de composer une proposition graphique, organique, qui relèverait à la fois de l'observation et de l'interprétation.
    Il ne s'agit donc pas d'un commentaire d'écrivain sur une série dessinée. Et pas plus, d'une illustration par le dessin d'un texte existant. Les deux dispositifs sont éprouvés, inscrits qu'ils sont dans l'histoire longue des textes et des illustrations.

  • Joseph

    ,

    lu par Marie-Christine Barrault

    Joseph est ouvrier agricole, dans une ferme du Cantal. Mais ce nouveau roman de Marie-Hélène Lafon n'est en rien un « roman paysan » nostalgique, nourri de « couleur locale » : la ferme où il vit n'ignore ni les ordinateurs ni les congélateurs.
    Et le dimanche, au bistrot du village, quand il a un peu trop bu, les phrases de Joseph miment celles des animateurs populaires de la télévision. La virtuosité de Joseph est ailleurs : justement dans la position qu'a son héros d'intermédiaire entre deux mondes, deux rythmes - celui, immuable, de la « terre » dont il a la charge, des jours, des saisons, et celui d'une modernité qui bouscule les modes de vie. Mais peut-on impunément « rester, en regardeur, au bord » d'une faille qui s'élargit ?

    Il fallait tout le très grand talent de Marie-Christine Barrault pour rendre les ambiguïtés de ce roman subtil, qui se refuse à la fois aux nostalgies passéistes et aux engouements de la modernité brutale.

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