Catastrophe / Guerre / Dictature

  • Le lambeau

    Philippe Lançon

    Philippe Lançon était dans les locaux de Charlie Hebdo le 7 janvier 2015. Sa mâchoire est emportée par les balles des frères Kouachi. La veille au soir, il assiste à la représentation de La Nuit des Rois de Shakespeare. Il a pris ses billets pour les Etats-Unis où il donnera des cours de littérature à Princeton et rejoindra sa nouvelle compagne. Le matin du 7 janvier, Houellebecq est interviewé sur France Inter pour la parution de Soumission ; Lançon, qui a écrit un papier élogieux dans Libé, écoute en faisant sa gymnastique sur un tapis qu'il a rapporté d'Irak en 1991, deux jours avant les bombardements américains. À la conférence de Charlie Hebdo, tout le monde parle de Houellebecq, puis des banlieues, quand les tueurs arrivent. Philippe Lançon ne cherche pas à expliquer l'attentat. Il écrit sans pathos, sans complaisance pour lui-même, ce qui n'empêche pas l'émotion et la profondeur (sur la mémoire, la perception d'une vie). L'avant et le pendant sont d'une très grande intensité, la scène de l'attaque est extrêmement saisissante. Dans ce livre de survie, Philippe Lançon s'attache à décrire sa vie qui bascule, lui qui, défiguré, reçoit « une blessure de guerre » dans un pays « en paix ». Il raconte ce jour où le temps s'est arrêté, les longs mois de convalescence et les dix-sept opérations qui lui ont permis de retrouver le bas de son visage, la reconstruction d'une vie sociale, professionnelle, à lui qui n'est désormais plus le même homme.

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  • « Promets-moi de dire au monde ce que des hommes ont été capables de faire à d'autres ». Telle a été l'espérance formulée par Fanny quelques heures avant son assassinat dans les chambres à gaz d'Auschwitz-Birkenau. Aujourd'hui, sa jeune soeur Esther tient sa promesse.
    Dans les années 1930, sa famille fuyant l'antisémitisme polonais, migre vers la France et s'installe passage Ronce, quartier de Belleville. C'est là qu'Esther grandit avec ses cinq frères et sa soeur, dans ce quartier populaire, avec ses marchés, ses rues poussiéreuses, ses échoppes de cordonniers et de tailleurs. Une existence modeste mais heureuse qui bascule en mai 1940. Il y a d'abord l'arrestation de son frère Marcel puis celle de Samuel, envoyé à Drancy. La rafle du Vel d'Hiv les 16 et 17 juillet 1942 est un coup de hache. Esther ne reverra jamais ses parents. Elle se réfugie chez une gardienne, réussit à gagner la zone libre, revient à Paris où elle est finalement arrêtée lors d'un contrôle d'identité puis internée au camp de Drancy. Birkenau : Esther est rasée, tatouée, on lui assigne une baraque, un kommando. L'enfer commence : le travail forcé, le froid, la promiscuité, les coups, la maladie, la faim. Et la mort, partout.
    Soixante-quinze ans après la libération des camps, Esther continue de faire vivre la mémoire des siens et d'honorer la promesse faite à sa soeur. La Petite fille du passage ronce est ce récit, mais aussi un projet historique et littéraire différent. Avec la complicité d'Isabelle Ernot, il s'ouvre comme un diptyque : le témoignage est suivi par un dialogue avec les disparus, par des lettres, à sa soeur Fanny et à sa mère Gela, ou encore lors d'une déambulation sur son chemin d'écolière entre Ménilmontant et Belleville. Le récit revient sans cesse vers ce passage Ronce, disparu, qui n'existe plus qu'ici : en cette stèle de mots, vivace et émouvante.

  • Arrêtée en Juillet 1942 avec sa mère sur la ligne de démarcation, Francine Christophe est encore une enfant. Elle a presque neuf ans, l'âge des jours heureux quand elle est rattrapée par la folie nazie. Interrogée par la Gestapo, enfermée de prison en prison, ballotée de camp en camp, en France d'abord, elle est déportée en mai 1944 au camp de concentration de Bergen-Belsen. A son retour, quand elle essaye d'expliquer à ses camarades de classe ce que la guerre lui a fait, celles-ci la regardent, gentiment, mais tournent l'index sur la tempe, l'air de dire : elle est folle. La jeune Francine ne parle plus du cauchemar qui a duré trois ans.
    Aujourd'hui, les mots refont surface. Francine Christophe raconte ce qu'elle vu et connu. Les coups, le froid, la faim. Les familles qu'on sépare. Les enfants qu'on entasse dans des wagons à bestiaux. La maladie et la mort. Les travées boueuses où les cadavres pourrissent. La cruauté. Mais aussi l'amour, celui d'une mère et de sa fille, indéfectible, qui résiste à la guerre. Et des miracles, comme ce bébé qui voit le jour dans l'enfer de Bergen-Belsen et survit grâce à l'entraide et la fraternité des femmes.
    Pour que tous nous sachions et n'oublions pas ce que fut la Shoah.

  • « En 1915, j'étais âgé de 17 ans et, pour toute expérience humaine, possédais celle d'un écolier. En 1920 j'avais été journaliste, acteur, soldat, observateur d'aviation et fait le tour du monde avec mon escadrille. ».
    Première Guerre Mondiale est un recueil de textes quasi inédits écrits par le tout jeune Joseph Kessel, témoin et acteur de la guerre de 14-18. Y figure le « cahier de novembre 1914 » contenant vingt-deux textes (témoignages, nouvelles, poésie) tous en lien avec la Première guerre mondiale. Le jeune Kessel est notamment marqué par son expérience à l'hôpital de Nice où affluent les soldats blessés dès 1914.
    Nous découvrons aussi trois nouvelles poignantes, datées de 1915 et 1916. Et des scènes frappantes : des frères ennemis qui partagent leur nourriture et se tueront le lendemain, quatre vieillards d'Arras qui défient les obus, ou encore la folie collective des Allemands et les dangers de leur mégalomanie.

  • Alors que tout semble perdu pour Leon Leyson, déporté à l'âge de douze ans dans un camp de concentration, un homme - un nazi - lui redonne espoir. En l'employant comme ouvrier dans son usine, Oskar Schindler fait du petit Leon le plus jeune inscrit sur sa liste. Une liste qui sera synonyme de vie pour lui mais aussi pour des centaines d'autres juifs pris dans les filets nazis.

  • Pendant longtemps, pour se souvenir des nombreux enfants qui n'ont pas pu grandir, il n'y avait rien. Rien pour dire qu'ils avaient été tués parce que nés juifs, ni même pour dire qu'ils avaient vécu, qu'ils avaient ri, joué et pleuré... Comme s'ils n'avaient jamais été là. R. J.
    Rachel Jedinak a survécu à la première rafle du Vél'd'Hiv, en juillet 1942. Ses voisins, ses cousines ou ses camarades de classes, eux, n'ont pas eu sa chance. Après s'être battue pendant des années pour faire apposer, dans les écoles, collèges et lycées, des plaques aux noms de ces élèves oubliés, elle leur rend ici un dernier hommage. Dans ce récit tendre et délicat, elle raconte les parties interminables d'osselets sur les trottoirs, puis les camarades de classe qu'on regarde jouer dans le jardin public où l'on n'a plus le droit d'entrer. Et enfin, les traques, les rafles, les petits qui hurlent de chaud dans la Bellevilloise puis la fuite. Rachel Jedinak nous dit finalement la guerre de la plus universelle des langues : celle des enfants.

  • Shelomo Selinger, juif polonais, est entré dans l'enfer nazi à l'âge de quatorze ans. En quatre années d'horreur, il a connu neuf camps de concentration et deux marches de la mort. Comment a-t-il pu survivre ? « L'instinct, le hasard, la fraternité. Et puis l'oubli », répond-il.
    Une amnésie totale s'est en effet emparée de lui du jour même où il a été libéré. Elle l'a protégé pendant sept longues années des fantômes de la Shoah, et ne s'est dissipée que lorsqu'il est vraiment revenu à la vie par la grâce d'une double rencontre : celle de l'amour et de l'art.
    Depuis, Shelomo Selinger ne cesse de témoigner par ses dessins et ses sculptures monumentales qui se dressent à Drancy, La Courneuve, Luxembourg, ou dans l'Allée des Justes des Nations au mémorial Yad Vashem de Jérusalem.
    Mais l'artiste chante aussi l'enfance, la femme, l'espérance qu'il incarne dans le bois et le granit. Et dans ce livre où l'écrivaine Laurence Nobécourt lui a prêté sa plume de feu, il déclare son amour inaltérable de la Vie : « Il n'y a rien de plus sacré que la vie. Même Dieu n'est pas aussi sacré. »

  • Deux Coréennes est l'histoire d'une Nord-Coréenne racontée par une Sud-Coréenne. Le récit de l'enfance, de l'éducation, de l'emprisonnement puis de la fuite de l'une (Jihyun) se mêle au sentiment de culpabilité de l'autre (Seh-Lynn).
    Après une enfance plutôt heureuse, la vie de Jihyun s'écroule.
    Une partie de sa famille est emportée par la famine avant que son jeune frère ne meure sous les balles parce qu'il a tenté de fuir en Chine. Elle-même a été vendue à un Chinois. De cette union naît un garçon. Trahie puis rapatriée en Corée du Nord où elle est enfermée six mois dans un camp, elle arrive à s'échapper à nouveau et retrouve son fils. À travers la Chine et la Mongolie, elle arrive à gagner la Corée du Sud.

  • Corps et âme : un médecin des forces spéciales témoigne Nouv.

    « Je suis médecin. Et je suis aussi militaire. Ne me demandez pas si je suis plus médecin ou plus militaire : ces deux états sont indissociables chez moi. Je suis médecin militaire. J'ai accompagné des soldats en opération à maintes reprises. J'ai vécu des situations de stress, parfois intenses, qui m'ont confronté, moi aussi, à de nombreuses questions personnelles. J'ai parfois, et je l'avoue sans honte, douté dans certaines situations complexes où tous les repères semblent s'effondrer. «Qu'est-ce que je fais ici ?», «Quel est le sens de mon engagement ?», «Et si je meurs demain ?», «Et ma famille ?» ».
    De cette réalité si particulière du médecin militaire, Nicolas Zeller parle librement. Cette dualité lui donne accès aux maux du corps autant qu'à ceux de l'âme. Avec les forces spéciales, il nous emmène côtoyer la violence et la guerre sur tous les théâtres des confl its actuels. Il nous plonge au coeur d'une réfl exion cruciale. Qu'est-ce qu'un soldat ?

  • « Ça fait soixante-quatre ans que je n'ai rien pu dire, c'est la première fois que je le fais.

    Je me rappelle, j'habitais ici. Et puis un jour, ou plutôt une nuit c'était tôt le matin quand j'ai été arrêté , la rue a été barrée de chaque côté par des soldats en armes. C'étaient des Allemands, mais j'ai été arrêté par la police française.
    Il y avait des camions en travers de la rue et puis, devant la porte, une traction avant avec des inspecteurs en civil, des inspecteurs français qui étaient là pour arrêter un enfant de six ans et demi ! » B. C.

    Boris Cyrulnik évoque, dans ce livre très personnel, son enfance, son arrestation, son évasion et surtout l'insoumission aux hommes et aux idées.

    Boris Cyrulnik est neuropsychiatre et directeur denseignement à luniversité de Toulon. Il est l'auteur dimmenses succès, notamment Un merveilleux malheur, Les Vilains Petits Canards et Autobiographie d'un épouvantail.

  • À travers ses quinze Lettres à Samira, écrites entre 2017 et fin 2019, Yassin Al-Haj Saleh survit à l'absence. Dédiée à sa compagne Samira Al-Khalil enlevée en décembre 2013, cette correspondance dresse à la fois l'état des lieux d'un pays en proie à la dictature - et plus largement la situation géopolitique contemporaine - et le portrait de la femme aimée, de leur lutte commune pour la liberté et le respect des droits humains.Ce recueil de lettres permet de découvrir un couple hors du commun, et à travers cette histoire d'amour en temps de guerre, la réalité de la révolution syrienne, ses enjeux, ses questions. D'un abord plus simple que les analyses politiques précédemment publiées, ce livre ouvre des pistes pour comprendre l'épineuse « question syrienne ». Le livre sortira en mars 2021, dix ans après le début de la révolution.

  • Inédite est la rencontre, autour de la guerre d'Algérie, d'un aussi grand nombre d'auteurs issus des différentes populations de l'Algérie française et coloniale.
    Écrivains et autres gens du livre de langue française, ils sont plus de quarante, nés en Algérie dans les années 1940-1950, à raconter ici leur enfance pendant « les événements », cette guerre cruelle qui longtemps n'a pas dit son nom et mit fin à cent trente années de vie commune, cent trente années uniques dans l'Empire français.
    Outre qu'ils témoignent d'une géographie physique et humaine très diverse, ces récits forment un document historique et littéraire précieux sur ce passé singulier. Et ils permettent de mieux déchiffrer, dans toute sa complexité, le monde bouleversé d'aujourd'hui.

  • Qui ne connaît pas la photo de cette fillette courant sur une route pour échapper au feu après un bombardement? Image bouleversante, emblème de la guerre du Viêtnam, elle a fait le tour du monde et attiré l'attention du public sur l'horreur d'un conflit qui compte parmi les plus meurtriers du 20e siècle.
    Personnalité devenue publique malgré elle, Kim, «la fille de la photo», avait déjà fait l'objet d'un premier livre en 1999. Cette fois, cependant, environ 45 ans après l'événement, c'est elle qui prend la plume pour nous montrer que, derrière le récit déjà publié, se cache une autre histoire, une histoire de foi, de consolation et de pardon, bien moins connue du public...
    Un livre passionnant, émouvant mais aussi profondément édifiant, qui ne peut laisser indifférent!

  • Martine Laroche-Joubert doit à son enfance en terre marocaine un goût immodéré pour la liberté. De ses premiers reportages auprès des Pygmées de Centrafrique jusqu'aux deux guerres du Golfe et aux Printemps arabes, de l'éclatement de l'URSS au siège de Sarajevo, de l'apartheid en Afrique du Sud à l'élection de Nelson Mandela, elle arpente la planète avec une soif insatiable de témoigner.
    Elle livre ici ce que ses reportages ne montrent pas : un regard, une sensibilité, une subjectivité. Ce n'est plus la journaliste qui parle mais la femme de terrain. Martine Laroche-Joubert revient sur ces missions qui l'ont forgée, mais aussi sur ses erreurs et ses regrets de reporter. Et c'est avec sincérité qu'elle interroge cette envie de l'action et cette passion de l'ailleurs qui l'ont toujours portée, malgré sa vie de famille et le danger inhérent à son métier.

  • Il s'agit d'un des livres les plus célèbres de la littérature grecque moderne. Publié à Mytilène en 1924, réédité à Athènes en 1930 et remanié plusieurs fois par l'auteur jusqu'en 1956, La Vie dans la tombe a été traduit dans une dizaine de pays, dont la France (1933). Cette première version française, intitulée De Profundis, établie d'après l'une des premières éditions grecques et amputée de plusieurs chapitres ne rendant pas compte de cette oeuvre majeure, une nouvelle version, fidèle au dernier état du texte, s'imposait.
    La « vie dans la tombe » est, dans la liturgie orthodoxe, l'hymne du Vendredi saint, déploration funèbre dans l'attente de la Résurrection. Pour Myrivilis, c'est l'Enfer des tranchées durant la Grande Guerre, au-delà même de son expérience personnelle.
    Le livre se présente comme le journal intime d'un jeune Grec de Mytilène (Lesbos), Antonis Cotsoulas, engagé volontaire sur le Front d'Orient dans la Division de l'Archipel (les îles libérées du joug turc à l'issue des Guerres balkaniques). Il retrace ses épreuves et son évolution intérieure, de l'élan juvénile initial à la désillusion d'un patriotisme lucide teinté d'antimilitarisme, entre son départ de Lesbos en 1917 et sa mort au cours d'une grande offensive alliée contre les positions germano-bulgares de Macédoine, aux environs de Monastir. Bien que le lieu ne soit pas expressément nommé, cet épisode final peut être identifié avec la seconde bataille du Skra di Legen (mai 1918), victoire remportée par les Alliés au prix d'un lourd tribut grec (près de 3 000 tués ou blessés) et prélude à la percée qui allait déterminer le renversement du rapport des forces. Si l'auteur, pour ménager sa liberté d'expression, recourt aux artifices de la fiction, il n'emploie jamais le mot « roman ». Son livre est avant tout un témoignage d'un réalisme extrême sur la vie quotidienne dans les tranchées. Les 55 tableaux qui jalonnent ce chemin de croix forment une unité narrative autonome, à la progression dramatique rigoureuse. On y trouve tous les ingrédients des classiques récits de guerre, marches harassantes, corvées quotidiennes mais aussi scènes d'horreur et d'apocalypse. On y croise tous les desservants de cet « abattoir international en folie » (Céline), gradés arrogants ou humbles héros, déserteurs ou victimes résignées dont la vie intime est dévoilée sans complaisance. Ce Monde d'En Bas a pour contrepoint rêvé le Paradis Perdu de Mytilène, avec sa lumière, les parfums de sa flore, ses couleurs et ses rivages. Imprégné de traditions ancestrales, Myrivilis fait alterner le réalisme le plus cru avec le lyrisme le plus délicat. Le ton de l'épopée ne lui est pas non plus étranger. Il fait sentir avec éloquence le déchaînement des forces guerrières. Au service de son oeuvre il forge une langue neuve, un « démotique » proche de la langue orale, ponctué de régionalismes expressifs, de créations verbales pures qui, par son sens du rythme, s'élève à la hauteur d'une prose d'art. Cet irrécusable document est aussi un manifeste littéraire.

  • Août 1944. Après une enfance heureuse en Pologne, Élie Buzyn subit l'indicible : la déportation, l'assassinat des siens, Auschwitz puis la marche de la mort jusqu'à Buchenwald. Il a 15 ans.

    Le camp est libéré le 11 avril 1945. Comment, alors, retourner à la vie ? Porté par les voix du passé, il reconstruit ailleurs ce qui a été détruit. Étrange périple de Buchenwald à la France, en passant par la Palestine et l'Algérie, étrange voyage de la mort à la vie.

    Devenu chirurgien-orthopédiste, il s'engage auprès des laissés-pour-compte et de ceux que les nazis avaient voulu éliminer : témoins de Jéhovah, malades psychiatriques, personnes âgées... Un jour, il comprend qu'il est temps de témoigner.

    De l'ombre à la lumière, du silence à la parole, un chemin de vie unique retracé avec Etty Buzyn, son épouse, écrivain et psychanalyste.

  • Durant ses vingt années de service au sein des Navy SEAL, dont la plupart passées dans l'unité la plus secrète, Robert O'Neill a été déployé plus d'une douzaine de fois en opérations extérieures et a participé à plus de 400 missions opérationnelles. Certaines d'entre elles comptent parmi les plus célèbres de l'unité : le sauvetage de Marcus Luttrell (Le Survivant), la libération du capitaine Richard Phillips, pris en otage par des pirates somaliens, et bien sûr l'extraordinaire opération Neptune's Spear : l'assaut sur le compound d'Oussama Ben Laden, au cours duquel Robert O'Neill se retrouvera face à face avec l'homme le plus recherché de la planète.
    Mais au-delà de ces opérations emblématiques, L'Opérateur retrace le parcours d'un jeune homme déterminé qui va subir des épreuves de sélection parmi les plus difficiles au monde et qui, mission après mission, apprendra à maîtriser l'art de la guerre pour devenir un soldat d'exception. Un récit stupéfiant, raconté avec passion, qui apporte un éclairage nouveau sur l'une des unités des opérations spéciales les plus prestigieuses de l'armée américaine.

  • « Aucun d'eux ne m'a dit où était maman. J'accepte que jamais maman n'aura de sépulture, et je comprends que jamais je ne serai en paix. Maman savait qu'elle allait mourir. Mais elle ne savait pas qu'elle serait jetée aux charognards. Je me dois d'être sa tombe, aussi longtemps que ses os traîneront quelque part sur ces collines. Vivante, elle m'a portée dans son ventre, elle m'a nourrie de son sein, elle m'a portée sur son dos, elle m'a aimée.

    Morte, je la porterai, dans mon ventre, sur mon dos. Partout, tout le temps ».

    A K-J.

    En kinyarwanda, « au-revoir »se dit : « Prends soin de survivre à la journée ».

    Annick Kayitesi-Jozan a survécu au génocide des Tutsis en 1994, au Rwanda. Elle avait 14 ans. Sa mère, son petit frère, une grande partie de sa famille ont été massacrés. Réfugiée en France, elle apprend au qutodien à vivre avec les morts, et avec les siens. Désormais, elle doit répondre aux questions de ses enfants. Alors, elle se souvient. Elle remonte le temps jusqu'à la cuisine pleine de suie où, pendant les tueries, elle sert de bonne aux voisins qui viennent de dénoncer sa mère.

    Hantée, Annick Kayitesi-Jozan fait converser les bourreaux et les victimes, se télescoper les naissances et les disparitions, la mémoire et le présent. Sa voix singulière est portée par une écriture intime, poétique et poignante.

  • Sara a 27 ans. Il y a un an, cette jeune yézidie préparait son mariage dans son village de Sinjar en Irak. Mais début août, les hommes en noir de Daech ont déferlé sur les terres des yézidis. Ils ont tué les hommes et emmené les femmes. Sara a été leur prisonnière pendant deux mois. Elle a subi violences, humiliations, souffrances. Malgré le danger, elle a réussi à s'échapper.

  • « Jamais, dans l'histoire des guerres, des preuves de crimes contre l'humanité n'avaient été divulguées alors que le conflit et ces crimes se poursuivent. En Syrie, un homme l'a fait. Photographe militaire, «César» a risqué sa vie pour faire parvenir au monde 55 000 photos et documents de détenus morts de faim et de torture dans les geôles du régime de Bachar el Assad.
    Alors que les terroristes de l'État islamique exhibent leur barbarie sur les réseaux sociaux, le régime syrien cache la sienne dans le silence de ses prisons. Depuis son exfiltration de Syrie avec ces documents révélant la routine de la machine de morts, César se cache, de peur d'être abattu par les services de renseignements syriens. Seule journaliste à l'avoir rencontré, je l'ai écouté de longues heures raconter les emprisonnements arbitraires, la torture systématique, la faim dans les cellules surpeuplées, les numéros inscrits au marqueur sur les cadavres décharnés des prisonniers, et les photos que lui et son équipe devaient prendre pour alimenter des archives et montrer à la hiérarchie que le «travail» avait été fait.
    Sa confession est étayée par les témoignages d'anciens détenus et de familles que j'ai également recueillis. Plus que les moyens de torture, ils racontent la déshumanisation de civils emprisonnés nus et les pots de vin que les proches doivent payer à des membres du régime pour obtenir des informations sur l'un de leurs arrêté et dont ils n'ont aucune nouvelle. »G L. C.
    Les récits et documents que le livre dévoilera sont inédits et uniques. À l'heure où les chancelleries occidentales et les services de renseignements réfléchissent à l'opportunité de reprendre contact avec Bachar el Assad pour combattre l'État islamique, ces révélations pourraient changer le cours de l'histoire de la diplomatie.

  • Dans ce livre, Dominique retrace la mémoire de sa mère, Louise, qui a toujours vécu en pensant avoir été abandonnée par sa mère biologique. Elle découvre que celle-ci était une jeune juive polonaise, déportée à Auschwitz en août 1942.

    Louise Lewkowitz, rebaptisée Liliane Demeuter, a été recueillie par un couple qui la protégera des nazis. Mais, à 12 ans, fini la clandestinité. L'adolescente doit reprendre sa véritable identité avec pour seule explication « ta mère ne viendra jamais te chercher ».

    Liliane se sent alors comme une étrangère. Mieux vaut ne pas poser de questions. Liliane répète pourtant souvent à sa propre fille : « tu te rends compte, elle m'a abandonnée. Je mourrai sans savoir à quoi elle ressemblait ».

    Dominique entame alors des recherches. Des documents attestent bien que Louise a été reconnue par sa mère biologique. Toutes deux ont des dossiers à l'Office des étrangers, aujourd'hui consultables. À 68 ans, « Liliane » y découvre une photo, un visage tant attendu.

    La sexagénaire visite alors la Pologne, les camps de concentration, arrête même ses antidépresseurs pourtant prescrits à vie... Les médias relateront son histoire touchante et bouleversante.

  • Après avoir échappé au quotidien d'une enfance difficile en feuilletant de vieux numéros du magazine National Geographic, la jeune Amanda Lindhout décide de partir à son tour à la découverte de ce monde qui la fait tant rêver.
    Tout en travaillant comme serveuse à partir de l'âge de 19 ans, elle réussit à mettre suffisamment d'argent de côté pour s'offrir de longs périples sac au dos en Amérique Latine, au Bangladesh, en Inde, jusqu'à ce que son énergie et sa curiosité l'amènent à découvrir d'autres pays encore plus inaccessibles aux femmes occidentales tels que le Soudan, la Syrie ou encore le Pakistan.
    Enhardie par ses découvertes et ses rencontres, elle part ensuite pour l'Afghanistan et l'Irak, alors ravagés par la guerre, et débute une carrière de journaliste qui va la conduire en Somalie - « le pays le plus dangereux sur terre » -, où elle se fait enlever par un groupe d'hommes armés se réclamant d'une milice islamiste.
    Retenue prisonnière pendant 460 jours dans des conditions souvent effroyables, seule femme au milieu d'une dizaine d'hommes, Amanda survit en faisant appel à son intuition, à ses souvenirs et à sa force de caractère. Et, lorsque le désespoir la ronge, elle se prend à rêver qu'elle visite une maison dans le ciel, loin, très loin de la prison obscure dans laquelle elle risque de trouver la mort.

  • Réédition actualisée par les historiens de la Fondation Auschwitz de ce livre paru initialement en 1995 et désormais accompagné d'un livret pédagogique conçu par la Fondation auschwitz. ce projet éditorial, porté par un photographe et une sociologue, est né d'un sentiment d'urgence face à la disparition des derniers témoins directs de ces évènements tragiques. Leur ambition consistait à tenter, avec humilité et simplicité, d'écouter ce que ces témoins avaient à dire aux générations montantes et futures et à rendre la dignité des traits de ces acteurs de notre mémoire collective. au sentiment d'urgence est venu s'ajouter l'inquiétude face à la montée en puissance de l'extrême-droite, au révisionnisme, aux épurations ethniques et à toutes les formes de racisme, de refus et de haine de l'autre qui semblent à nouveau dévorer la planète.
    La parution de cette nouvelle édition de ce livre coïncide avec une exposition des photographies au Musée Kazerne Dossin à Malines du 2 octobre 2017 au 30 janvier 2018, dans les cadre des commémorations du 75ème anniversaire des premières déportations des juifs de Belgique, en août 1942.

  • « Un jour nos enfants sont partis faire la guerre en Syrie...» Ils sont partis faire la guerre en Syrie. Dounia Bouzar raconte le combat de leurs parents pour les retrouver. Un cri contre leur abandon par l'Etat. Un signal d'alerte pour engager des actions de prévention. Après son livre référence, Désamorcer l'islam radical, ce récit de Dounia Bouzar qui accompagne ces familles dans leur combat répond à deux interrogations majeures : comment ce radicalisme musulman qui défigure l'islam parvient-il à ce point à manipuler des mineurs ? Pourquoi cette passivité des autorités françaises devant le drame de ces enfants de la République ?

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