Migration / Immigration / Intégration

  • La peur. L'effroi. Le choc épouvantable de voir, à 14 ans, ses parents tués sous ses yeux. Il n'y a plus rien pour Kouamé. Plus rien que la crainte que les tueurs reviennent et le tuent à son tour.
    Alors Kouamé prend la fuite. Il passe dans le pays voisin et décide de gagner la Libye. Là, si jeune, il affronte l'enfer du désert et le cynisme des passeurs. En Algérie et au Maroc, il fait face à la violence des camps de réfugiés où règne la loi du plus fort. Pour tenir debout, Kouamé ne cesse de penser à sa soeur qu'il espère vivante. Puis c'est l'épreuve ultime : la traversée de la Méditerranée sur un canot bondé.
    Aujourd'hui, après ces années d'exode solitaire, Kouamé reconstruit sa vie. À Toulouse, loin des ténèbres qui ont tant de fois menacé de l'engloutir. Il a 19 ans, une furieuse envie de vivre et de témoigner pour toutes ces ombres qu'on appelle les migrants.

    Ce livre a reçu le Prix Livre et Droits de l'Homme 2018.

  • F. Mohammad, né au Bangladesh, doit fuir loin de chez lui dès l'âge de 8 ans. A travers l'Inde, la Hongrie et la France, lui et son père tentent d'obtenir le statut de réfugiés politiques. Décrivant le quotidien des sans-papiers, les difficultés, l'exil, la peur et la misère, ce témoignage relate également comment le jeune garçon devint champion de France d'échecs.

  • Des parcours humains « courageux, souvent douloureux, parfois exceptionnels », et qui révèlent la richesse et la diversité d'expériences humaines dont les discours politiques et médiatiques, qui font état ces dernières années de la « crise migratoire », ne rendent pas compte.

    Depuis les années 90, l'immigration est devenue un problème majeur auquel il est urgent d'apporter des solutions. « Dans notre monde où l'aspiration à la circulation n'a jamais été aussi grande (...), le besoin d'ériger des barrières n'a jamais été aussi fort » souligne la spécialiste des migrations internationales Catherine Wihtol de Wenden. C'est cette contradiction majeure qui est mise en lumière par Paroles de migrants.

  • « Si je décide de prendre la plume, c'est pour témoigner de ma vie, de ma réalité, de ma lutte quotidienne puisque pendant trop d'années, on m'a confisqué la parole pour décrire ce que je vivais. » Trois ans après le succès de son premier roman « Dans la peau d'un Thug », Nargesse BIBIMOUNE reprend sa plume pour raconter son quotidien, celui d'une femme qui a décidé de porter le voile en France.
    Dans un contexte sociétal actuellement sous tension, « Confidences à mon voile » nous présente le parcours d'une Française qui tente de résister contre les polémiques liées à l'Islam et les préjugés contre les Hijab, burkini ou jilbab...
    Les récits s'enchaînent au fil des années : souvent douloureux, parfois drôles, mais toujours instructifs dans les vérités qu'ils révèlent.
    Professeurs, clients de restaurants, chefs d'entreprise... Les exemples de personnes relayant le racisme sont multiples. Les lieux théâtres de discriminations également (train, lac, travail, salle de sport, métro...), donnant la sensation que l'oppression peut se déclencher partout, et par tous.
    Tout au long de l'ouvrage, c'est un système entier qui se retrouve disséqué, montrant que le racisme est une mécanique systémique qui tombe d'en haut et broie les gens d'en bas...

  • 18 avril 2015. Un chalutier clandestin transportant 800 personnes en direction de l'Italie sombre dans les eaux internationales, au large de la Libye.
    Au lendemain du naufrage, Matteo Renzi s'engage devant la presse à remonter l'épave et à donner à chaque victime une sépulture digne et un nom.
    Lorsque la journaliste Taina Tervonen se rend à la morgue de Milan seize mois plus tard, pour rencontrer l'équipe en charge des identifications, elle découvre parmi les objets personnels des naufragés un téléphone Nokia jaune citron en trois morceaux et un bout de plastique, destiné à le protéger de l'eau.
    C'est tout ce qui reste de PM390047, dont le corps resté anonyme est enterré dans le carré des migrants du cimetière de Catane, en Sicile.
    Qui était-il ? Taina Tervonen décide de remonter le fil de son histoire, de Milan à Catane, en passant par le Niger et le Sénégal. Sur sa route, elle croise des dizaines de destins brisés aux portes de l'Europe, et entend le désarroi de leurs proches face à l'impossible deuil. Une enquête, aussi bouleversante que vertigineuse, sur un des plus gros enjeux de notre temps.
    Taina Tervonen est journaliste et réalisatrice.
    Elle a travaillé sur les disparus en Bosnie et en Méditerranée.
     

  • "Je livre ici le récit d'une première et si étrange visite à Pondichéry, qui par le jeu du détour m'a permis d'appréhender mon pays natal à travers un redimensionnement identitaire difficile à concevoir ailleurs qu'au Tamil Nadu. Ce texte pourrait relever du romanesque, mais pourtant résulte bien de ce qui s'est passé là-bas, à la fin du mois de décembre 2015, dans notre Inde, celle du grand Sud qui fait face au golfe du Bengale. Tout s'est passé dans et autour de la ville portuaire de Pondichéry, d'où nos ancêtres tamouls ont été conduits à prendre le bateau pour être débarqués dans notre île, après des semaines d'une traversée aussi éprouvante que tragique. C'était après l'abolition de l'esclavage de 1848, quand ceux-ci n'étaient pas encore appelé les Engagés du Sucre." [...] "Sur le sol de Pondichéry, face à l'océan indien, c'était la première fois que j'entrevoyais mon île natale d'aussi singulière façon, et que s'imposait une conscientisation d'une identité enfin complétée, parce que dépassant et renforçant le cadre insulaire." Je livre ici, à tous les Réunionnais issus du peuplement historique, le récit de la découverte d'un nous-mêmes. Un récit parturiant aussi singulier qu'universel, doubalé d'un essai, et des considérations philosophiques autour de l'ego, héritées du non-dualisme de la métaphysique indienne moderne.

  • « Retour d'Afrique » est la suite du best-seller mondial « La Massaï blanche ».
    Il a été écrit, comme l'explique Corinne Hofmann elle-même, sur les insistances des lecteurs du premier livre qui souhaitaient savoir ce que cette ex épouse d'un guerrier Samburu était devenue auprès son retour à la civilisation.
    Corinne et sa fi lle Napiraï, alors âgée de 15 mois, arrivent en Europe. C'est le 6 octobre 1990, une « froide » journée d'automne. Corinne pèse moins de 50 kilos pour 1,80 mètre. Elle est malade, désemparée et n'ose pas dire à sa mère qu'elle est rentrée pour ne plus repartir.
    Après sa vie chez les Massaïs, le retour en Suisse n'est pas exempt de difficultés.
    Grâce à la volonté, au courage et à l'optimisme qui l'ont aidée à survivre au Kenya, Corinne et Napiraï doivent apprendre ou réapprendre à vivre au rythme frénétique d'un Occident stressé et peu tolérant face à qui a osé être différent.

  • Si des hommes et des femmes demandent l'asile à la France, c'est parce qu'ils cherchent un lieu inviolable où se réfugier. En danger de mort, ils ont dû quitter leur pays après avoir été pourchassés, persécutés, emprisonnés, torturés.
    Désormais, ils vivent auprès de nous, et nous ne connaissons pas leur histoire. Autour d'eux comme en eux règne un désert de parole : personne ne prend le temps de les écouter, et s'ils crient dans leurs cauchemars ou lorsque leurs tragédies surgissent à leur conscience, leur voix singulière est perdue, étranglée de violence, de peur et de fatigue.
    Depuis 2010, à l'hôpital Avicenne de Bobigny, Marie-Caroline Saglio-Yatzimirsky rencontre ces hommes et ces femmes à bout de souffle. Elle rapporte ici les paroles qui lui ont été confiées dans le vif de la consultation. Et révèle comment, dans ce cadre, les demandeurs d'asile se mettent en quête de retrouver leur voix. Conquérant peu à peu la capacité de raconter leur vie, ils regagnent alors celle d'en avoir une...
    Le migrant n'est pas une figure transitoire de notre société. Sa présence questionne la mise en pratique de nos valeurs. Par son ampleur éclairante, la pensée de l'anthropologue et psychologue clinicienne s'impose pour aborder la question du lien social et politique et celle de la place de l'étranger dans la France du XXIe siècle.

  • C'est un radeau gonflable qui stagne plus qu'il n'avance, à quelques milles de notre position. Nous n'avons pas besoin de nous consulter, ni de parler. On se regarde, cela suffit. En 2014, tragédie sans précédent, trois mille quatre cent dix-neuf migrants ont péri dans les eaux méditerranennes, au seuil d'une Europe qu'ils voulaient rejoindre à tout prix. En Août de la même année, lors d'une mission d'assistance une plate-forme pétrolière au large de Lampedusa, le capitaine Philippe Martinez, devant la détresse de centaines de réfugiés entassés sur des embarcations de fortune, s'improvise sauveteur en mer. Mille huit cent quarante et une personnes, hommes, femmes et enfants, doivent la vie à ce capitaine au grand coeur et son quipage du Leonard Tide. Marin rebelle et humaniste, Philippe Martinez nous livre à travers son histoire contrastée un témoignage violent et honnête sur le drame des migrations massives, dont on ne sort pas indemne.

  • Raicha, l'une des premières migrantes naufragées rescapées - contrairement aux milliers de cadavres qui auront cru aux "terres promises" et qui jonchent, pour l'éternité, les fonds de la mer Méditerranée, jette un regard surpris sur l'Europe, cet Eldorado qu'elle avait cru trouver, et dans lequel les gens ne la voient même pas, indifférents et blasés qu'ils sont devenus, devant ce génocide intercontinental dont on mesure mal l'ampleur, et qu'on nie farouchement, parce qu'il ne faudrait surtout pas que ce soit vrai ! Chaque année, des milliers d'enfants exilés disparaissent, sur terre et dans les flots ! Et les campements de fortune se multiplient, aux quatre coins du continent favorisé, y parquant la misère.
    Parmi les populations locales, il y a ceux qui raillent, ceux qui refusent, ceux qui aident de toutes leurs forces, généreusement, dont on sous-estime le salutaire combat - ce sont trop souvent les plus pauvres ! Et il y a enfin, ici, Raicha et sa famille, qui témoignent, pour que : "plus jamais !" - comme on l'aura trop souvent promis, dans l'histoire tourmentée de l'humanité.

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